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En finir avec les constructions anarchiques
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Publié dans Le Temps le 01 - 07 - 2010

Un logement décent pour tous, est-ce un rêve impossible ? Cette question peut sembler incongrue pour certains, vu le nombre incroyable de logements qui se construisent chaque année. Ce qu'on ignore souvent, c'est qu'il y a des milliers de constructions anarchiques qui poussent comme des champignons, sans aucune planification, ni aménagement.
On appelle cela la ceinture rouge et elle encercle de plus en plus nos grandes villes, surtout celles situées sur le littoral.
Plongée dans un monde peu connu, souvent anarchique
Un chiffre d'abord, à peine croyable : un milliard d'hommes sur Terre vivent dans des bidonvilles, un habitant sur six ! En fait, l'habitat anarchique a commencé au 19ème siècle dans les grandes villes d'Europe, avec l'industrialisation. Des milliers de paysans ont alors été obligés de quitter les campagnes, pour devenir ouvriers dans les nombreuses usines qui s'implantaient autour des villes. Mais soyons clairs : en Tunisie, il n'y a plus de bidonvilles. Mais les constructions anarchiques, si.
Pauvres et totalement démunis, ils avaient été contraints d'habiter plusieurs décennies en arrière autour des usines, dans des maisons provisoires, faites de tôles et de bois. Mais ce qui devait être provisoire a duré des dizaines d'années, créant ce que l'on a appelé les ceintures rouges autour des villes. C'est dans ces ceintures rouges que les patrons puisaient des ouvriers, et que les familles aisées recrutaient leurs bonnes et leurs jardiniers.
En Tunisie, plusieurs vagues d'exode rural et ses conséquences, l'habitat anarchique, avaient commencé à envahir les grandes villes dans les années soixante, sous la pression de la démographie incontrôlée et d'un avatar de socialisme, qui a ruiné le pays. Plus tard, la mécanisation de l'agriculture, le morcellement des terres, la possibilité d'avoir des revenus plus réguliers dans les villes grâce aux petits boulots, ont fait le reste…
Les vagues de nouveaux arrivants dans les grandes villes sont en effet mal adaptés à la vie dans la cité. Faute de moyens, ils se sont entassés dans des cités situées près des zones insalubres, notamment celles de Mellassine et de Jebel Lahmar, Bouselsla, Ras ettabia…
Là, des problèmes de délinquance et d'incivilités vont apparaître. Car entasser des milliers de personnes dans de petits espaces ne pouvait qu'engendrer une situation confuse.
Face à cette situation urgente, une stratégie de l'habitat a été adoptée, afin que l'accès à un logement décent, dans un environnement sain, devienne un droit fondamental pour tout citoyen. Certains se souviennent peut être de ce que l'on appelait aux lendemains de l'Indépendance la « dégourbification », c'est à dire le remplacement des gourbis bâtis en terre par un habitat social plus digne de la Tunisie nouvelle. Des efforts qui seront poursuivis et renforcés après le Changement, aboutissant à la mise en place de divers outils nécessaires à la promotion du logement en général.
Les projections du secteur de l'habitat pour le XIème plan donnent des chiffres impressionnants : le nombre de logements atteindra 300 323 et les investissements atteindront les 10 100 MD. Il y a eu la loi relative à la promotion immobilière en 1990 pour encourager les promoteurs à investir dans des projets de logements sociaux, l'adoption d'un nouveau code de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme en 1994 visant à mieux organiser et exploiter l'espace urbain.
Il y a eu aussi le renforcement du financement par la transformation de l'ancienne CNEL en Banque de l'Habitat en 1989, la consolidation du régime de l'épargne logement, l'élargissement de la base des bénéficiaires du « Fonds de Promotion des Logements pour les Salariés », le fameux « FOPROLOS » et bien sûr le fonds 26-26.
Laxisme
Mais tout cela reste insuffisant, car le problème qui se pose aujourd'hui, c'est celui de la surpopulation dans certaines zones qui ont été créées de façon anarchique, avec une densité de population très élevée et de graves problèmes d'hygiène, de mauvaise qualité de vie. C'est le cas notamment de la région de Sijoumi, Ras Ettabia, cité Ettadhamen
La plupart des maisons dans ces quartiers n'ont pas été érigées selon les normes : absence de plans, rues étroites, pas d'infrastructures de base ni d'équipements socioculturels, avec des problèmes de santé publique. Les contrôles ne sont jamais suffisants, parceque c'est du jeu du chat et de la souris. Les autorités municipales se contentent de confisquer les outils de travail des maçons, bloquant ainsi le chantier pour quelques jours.
On se débrouille alors comme on peut, notamment en construisant de nuit, comme nous l'ont affirmé de nombreux témoins de ce type d'activité illégale. « La nuit, l'administration dort », selon l'un d'eux qui a lui-même construit sa maison de cette façon. Parfois, il suffit de payer une amende et les agents municipaux vous oublient pendant quelques jours, juste le temps pour vous de finir les travaux…
Même au sein de la Médina de Tunis, certaines zones sont dans un état de délabrement avancé, avec des « Oukalas » surpeuplées. Ici, les canalisations ont rendu l'âme depuis longtemps, le beau carrelage ancien tombe en ruines, le marbre a disparu… Ne restent que quelques âmes perdues au milieu de ce qui fut des palais.
Globalement, ce dont il s'agit ici, c'est l'amélioration des conditions de vie des citoyens dans ces cités populaires. Ils sont entassés les uns sur les autres, avec des fenêtres qui ouvrent sur les voisins, des bouts de ruelles accaparées par les plus forts et les plus menaçants, l'inexistence du moindre carré de verdure, le bruit, l'eau nauséabonde qui coule à ciel ouvert, pollutions diverses …
Cette urbanisation galopante dans la périphérie occasionne également des embouteillages, ce qui contraint l'Etat à construire des routes, des échangeurs, des lignes de bus et de métro en plus des canalisations d'eau et d'électricité. Des infrastructures lourdes et coûteuses, mais qui ne résolvent pas tous les problèmes…
Et puis il faut aussi évoquer le préjudice porté à l'harmonie du bâti et à l'esthétique urbaine. La spéculation immobilière est bien sûr un élément clé dans la naissance de ces cités. En dépit de tous les efforts consentis par les autorités qui ne ménagent aucun effort pour assainir cette situation.


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