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L'élan vers l'ailleurs
«Tunisie Rhapsodie» de Anouar Attia
Publié dans Le Temps le 25 - 08 - 2010

Après « L'histoire de la Chair », publié en 2009 chez Sahar Editions, Anouar Attia, romancier tunisien d'expression française, quoique de formation angliciste, nous offre aujourd'hui son dernier roman intitulé « Tunisie Rhapsodie », paru cette année chez la même maison d'éditions.
Sous forme épistolaire, le roman est une suite de courtes lettres, qui chacune pourrait constituer une histoire à part, adressée par l'auteur, résidant en Tunisie, à son amie française, Sylvie, à qui il avait promis avant de quitter la France pour son pays natal, de lui révéler tout à travers ses lettres, histoire d'exaucer un vœu exprimé par son amie qui lui disait avant son départ:
« une lettre où tu me diras tout sur toi, le peu que tu m'as dit et le reste : ce que tu as oublié…ou fait semblant d'oublier de me dire. ». La correspondance sera reprise, dans la seconde partie du livre, par Wafa, la nièce de l'auteur, pour achever la narration entamée déjà par son oncle Farid (le nom du narrateur), dans la première partie du roman. Nous sommes donc en présence d'un roman à deux parties distinctes mais complémentaires : la première intitulée « Le fils de Blanche », la seconde « La fille de Tounès » ; l'une et l'autre partie contenant de courtes lettres portant chacune un titre. C'est dire que la nièce Wafa a pris la relève pour parachever le travail de l'oncle, et son récit commence là où se termine l'œuvre de l'oncle Farid. Le contenu des deux parties est clairement signalé en page 85 du livre dans le e-mail adressé par l'éditeur à Wafa avec qui il s'était mis d'accord sur la nécessité de continuer l'histoire de son oncle avec son amie Sylvie : « Mademoiselle, je viens de penser à un titre pour notre livre à venir : Tunisie, Rhapsodie. L'image de la Tunisie telle qu'elle émerge du récit de votre oncle ainsi que du vôtre est variée. Elle reflète certains de ses charmes, nombre de ses défauts. Certaines de ses complexités aussi. Par exemple, ces élans vers l'ailleurs qu'on trouve chez ses enfants, quelque jaloux qu'ils soient de leur pays, un ailleurs qui s'incarne souvent en une certaine étrangère ou un certain étranger… » La ressemblance entre les deux récits se traduit également dans le style, la forme et le langage utilisés par les deux narrateurs (Wafa et son oncle), « Variété de styles aussi et de tons, poursuit l'éditeur dans son e-mail adressé à Wafa, autant dans vos paroles que dans le récit de votre oncle, (curieuse, soit dit en passant, cette ressemblance de style et de ton entre vous et lui. Effet d'osmose ? d'hérédité ? »
Quant aux thèmes soulevés dans ce roman, que ce soit par l'oncle ou la nièce, ils sont constants et récurrents. Ils renvoient tous à l'attachement aux sources arabo-musulmanes, mais aussi à l'ouverture sur les autres (ici l'Occident), l'appartenance au pays natal à la famille, à l'histoire mouvementée vécue par les différentes générations, à la complexité de la vie humaine, au passé, au présent et à l'avenir… Bref un appel à la solidarité, à l'amitié, malgré toutes les inimités du passé, héritées des ancêtres et dont on subit souvent les conséquences… Là-dessus, l'oncle et sa nièce ne font, en fin d'analyse, qu'un seul narrateur ayant laissé courir leur plume sur le même papier après l'avoir trempé dans le même encrier. Aussi reconnaît-on dans la seconde partie réservée à Wafa les mêmes personnages et pas mal d'allusions faites aux différents lieux et événements évoqués dans la première partie où il est question de la lettre écrite par l'oncle Farid (la ville de Mateur, Om'l'Khir, Am Brahim…). Autant que le roman, dans ses deux parties, est une narration de faits vécus ou subis aussi bien par les deux narrateurs que leurs personnages, il passe aussi pour une analyse psychologique de certains comportements individuels, sociaux ou historiques. Un livre plein de vérités et d'aveux étonnants sur les origines des personnages et sur les événements passés à une époque écoulée dans l'histoire de la Tunisie et où présent et souvenirs se côtoient pour en faire un véritable roman épistolaire basé sur des lettres expressives adressées à des êtres chers pour leur faire part de ses soucis, de ses douleurs, de ses passions, de ses espoirs… Je m'arrête à ce niveau de mon exposé pour renvoyer le lecteur à ce beau roman de Anouar Attia afin qu'il découvre la beauté du style et la profondeur des idées.
Hechmi KHALLADI
* « Tunisie Rhapsodie » de Anouar Attia, Editions Sahar, 2010, 138 pages.


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