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« Je cherche toujours à sortir des sentiers battus en explorant des thèmes diversifiés et des atmosphères différentes du langage musical »
Interview: Sonia Mbarek et son dernier spectacle Wajd II
Publié dans Le Temps le 01 - 09 - 2010

La chanteuse tunisienne Sonia Mbarek a choisi de se frayer un chemin dans la diversité des styles musicaux de la chanson arabe et Tunisienne tout en se forgeant un profil artistique de cantatrice, se distinguant par sa voix chaude et captivante, sa sensibilité et sa capacité à innover. Œuvrant dans le répertoire du Tarab, le chant classique et noble de la musique arabe qu'elle défend face à l'omniprésence des musiques de variétés orientales, elle n'hésite pas cependant à le "métisser".
Avec le temps qui passe, son influence se fait de plus en plus nette sur la chanson tunisienne. Aujourd'hui, Sonia est une figure incontournable de la musique tunisienne qu'elle défend et essaie de promouvoir lors de ses concerts. Sonia vient de présenter durant le mois du ramadan son dernier spectacle Wajd II qui est centré sur la quête de spiritualité, conjuguant art de l'improvisation vocale et de la poésie mystique. Sonia nous a convié à renouer avec ce patrimoine qui représente une part de notre culture, de notre histoire artistique et spirituelle.
Le Temps :Lors du votre dernier passage au festival de Hammamet, votre performance « Wajd 2 » a été saluée comme il se doit par les mélomanes. Comment expliquez-vous cette reconnaissance du public ?
-J'ai toujours été honorée depuis mes premières apparitions en 1981 par le respect du public, et une reconnaissance dont je suis fière. Ce qui rend d'ailleurs ma tâche encore plus difficile ; Le public tunisien apprécie chaque artiste à sa juste valeur, et je pense qu'il identifie chaque expérience à part notamment en ce qui me concerne, le public sait que je cherche toujours à sortir des sentiers battus en explorant des thèmes diversifiés et des atmosphères différentes du langage musical.
En tant que chanteuse « soufi » quelles sont vos sources d'inspiration ?
-Elles sont diverses. D'abord le malouf Tunisien surtout « malouf el jed » consacré à l'apologie du prophète Mohamed et les qacids vénérant le divin ; Ensuite je m'intéresse aux mouwashahats sharqi et aux Ibtihalats d'Egypte de Syrie et aussi à l'école du chant soufi turque, iranienne et pakistanaise qui a développé l'école féminine du chant soufi dont la principale interprète est Abida Parvin
*Vous avez certainement fait beaucoup de recherche pour nous faire écouter ces œuvres des Chouyoukhs « Turki, Ben Mahmoud » ?
-Exactement et j'ai découvert des trésors inépuisables qui enrichissent le patrimoine musical et celui du chant en Tunisie. D'ailleurs les connaisseurs soulignent l'idée que l'âge d'or de la musique tunisienne et son évolution sont marqués par l'évolution des chants liturgiques qui marquent l'identité musicale tunisienne. Il est certain que les cheikh Ben Mahmoud et Ben Khmeis Turki ont contribué à l'évolution de la musique tunisienne par les chants sacrés qu'ils ont composé ;
Pourquoi cet engouement pour le poète Mohieddine Khraief ?
-Je considère que c'est l'un des plus grands poètes de la Tunisie. Il est également l'un des rares poètes à avoir consacré une large partie de sa vie jusqu'à aujourd'hui au poème soufi. Il en a écrit plus d'une centaine. Ainsi, pour Wajd II, il à choisi pour nous des poèmes de Abou Said el Andalousi, El Khaouas,et certains de ses poèmes
Comment évaluez-vous le chant soufi en Tunisie ?
-Aujourd'hui à mon humble avis il faut utiliser ce terme avec précaution notamment parce que le soufisme est une des étapes les plus élevées de la méditation . Pour moi, elle requiert une certaine expérience et une sagesse à l'instar des grands maîtres du soufisme Jalel Eddinne Erroumi par exemple.En Tunisie il y a un amalgame entre chants liturgique et soufisme et variété. Cela devient presque un phénomène de mode, et je pense qu'il faut présenter ce répertoire qui nous représente sans toucher aux structures initiales pour ne pas le dévaloriser.
Le soufisme est –ce une manière particulière de vivre un islam de paix, serein et tolérant ?
-Le soufisme est un moment d'extase, de bonheur et de sérénité. Il peut effectivement être source d'harmonie de l'âme et procurer un bien être profond. Il peut également véhiculer un islam de paix et de sérénité, mais n'est ce pas la le vrai sens du mot islam ? La musique pour moi est un moyen de dialoguer, de partager des sentiments et de vivre en concordance avec soi et avec l'autre.
Est-ce que uniquement à travers cette spiritualité que l'on trouve son équilibre ?
-Cette quête de spiritualité nous aide beaucoup à être en équilibre, ainsi que cette relation et ce va et vient entre le sacré et le profane
Vous excellez aussi dans le tarab et le tourath. Est-ce une manière de revisiter autrement notre patrimoine ?
-Je ne peux vivre et avancer sans cette connaissance du patrimoine mais il faut également créer des œuvres musicales nouvelles modernes mais authentiques . »Wasla tahia liziriab « composée par Fethi Zghonda et écrite par Brahim Abdelbaki, « Douroub el Hayet » de Abdelhakim Belgaied ou « Khalli hozn Baid alik « de Rchid Yeddes , « Zahr ElLaimoun » de Mohamed Triki ,paroles de Jamila Mejri et bien d'autres chansons de mon répertoire répondent à cet éternel questionnement autour de l'équilibre.
Vous êtes tentée aussi par le théâtre musical ?
-Après ma participation à Taht Essour, Elyssa je prépare depuis quelques années une comédie musicale autour du personnage de Aroua la Kairouanaise , je rêve jusqu'à aujourd'hui de présenter une comédie musicale. J'ai interprété d'ailleurs les chansons de Hbiba Msika dans le Film de Selma Baccar « La danse du feu », dédié à Hbiba M'sika
Finalement où se situe Sonia Mbarek dans le paysage musical tunisien ?
-J'espère que je contribue par mon expérience qui pour moi après trente ans de carrière est encore à ses débuts, à enrichir le paysage musical tunisien, qui doit d'après moi, s'inscrire non pas uniquement dans une logique de divertissement mais de communication et d'évolution de création culturelle.
Vos projets?
-Dans l'immédiat je termine la tournée Wajd II après Hammamet, la médina, Manouba et Sousse le 6 septembre 2010, un passage par Annaba en Algérie pour clôturer le Festival de la musique citadine le 2 septembre 2010. Je prépare Aroua, une comédie musicale qui nécessite un grand investissement. Je compte reprendre mon projet musical Hommage à Lorca en Europe en commençant par un concert à Bern le 14 Octobre 2010 organisé par l'ambassade de Tunisie à Bern
Propos recueillis par : Kamel Bouaouina


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