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La grande discorde ?
Université: La question vestimentaire devient un enjeu politique
Publié dans Le Temps le 08 - 11 - 2011

La victoire des Islamistes aux élections de l'Assemblée Nationale Constituante est en train d'amener des changements de positions et de rapports de force dans tous les secteurs de la vie politique, économique, sociale et culturelle en Tunisie. Notre Université n'est pas en reste : les derniers incidents survenus entre étudiants et professeurs à cause de l'habit religieux nous permettent de relever plusieurs nouveaux éléments dans ce microcosme qui reflète à sa manière les tendances et les tensions nouvelles après le scrutin du 23 octobre dernier.
Il y a lieu par exemple de craindre le retour de « la police vestimentaire » dirigée cette fois contre les non islamistes parmi les étudiants et les enseignants. Sous Ben Ali, c'étaient les Nahdhaouis qu'on pourchassait à cause de leur « habit confessionnel » ; aujourd'hui, ce sera peut-être le tour des «libéraux». Déjà la polémique autour du port du niqab en classe divise les opinions à l'Université. Certains enseignants s'illustrent avec leur extrême « légèreté » et défendent la liberté vestimentaire totale: la tenue des étudiants en classe leur est complètement indifférente. Ils osent dire dans les réunions syndicales et dans les conseils scientifiques de leurs établissements respectifs qu'ils sont prêts à accepter des étudiantes en niqab, pourvu que celles-ci soient disposées à suivre les cours ! Au nom de cette même tolérance, ils ne refuseraient logiquement pas à d'autres étudiants de suivre les mêmes cours en tenue d'Adam ! Sûr aussi qu'ils iront jusqu'à accepter que les professeurs des deux sexes donnent leurs leçons en niqab ou en monokini. Nous ne fabulons pas : ce sont des arguments de plus en plus répandus et défendus à l'intérieur des facultés et des instituts supérieurs tunisiens !!
Des obscurantistes à l'Université
Les universitaires qui bataillent pour l'absolue tolérance à l'égard du voile intégral ne sont pas tous des islamistes ni ne constituent une majorité de salafistes. Même si ces derniers sortent la tête de l'eau depuis quelque temps. En effet, de plus en plus de visages voilés ou barbus apparaissent ou réapparaissent dans les salles des professeurs et dans les réunions. Des enseignants Nahdhaouis, terrés jusque-là, font la même percée et se mettent eux aussi à défendre les libertés vestimentaires, entendez surtout celle pour les filles de venir en classe emmitouflées d'un niqab. Leurs interventions dans les débats et les réunions se font plus récurrentes et dénotent un surplus d'assurance, d'arrogance et d'agressivité. Parfois aussi, il s'agit de professeurs des deux sexes qui ne sont pas forcément des sympathisants d'Ennahdha. C'est que tout bonnement, l'intégrisme n'est pas l'apanage des islamistes à l'Université et en société, et il faut se rendre à l'évidence que l'enseignement supérieur compte malheureusement un taux surprenant de conservateurs, voire même d'obscurantistes. C'est triste de le constater, mais il faut faire avec, hélas ! Lorsque ce ne sont pas les obscurantistes qui inquiètent, le danger vient alors des opportunistes éternels et des nouveaux ambitieux. Nous l'avons déjà dénoncé dans un précédent article : de nombreux professeurs naguère acquis à Ben Ali ont déjà entamé leur mue et enfilé la jebba du fidèle ou le hijab de la bonne musulmane ! Ils rendent en plus un service quotidien aux Nahdhaouis et aux Salafistes en combattant vigoureusement à leur place les progressistes, les défenseurs des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les laïcs, les libres-penseurs traités de tous les noms désormais, entre autres d'être des agents du sionisme et de l'impérialisme international ! Mais il ne faut pas oublier les jeunes loups arrivistes du camp nahdhaoui ou salafiste : la plupart des universitaires se croient toujours présidentiables et ministrables ! Si une chance s'offre à l'un d'eux pour faire partie du gouvernement, il ne rechignerait pas pour la saisir. Maintenant qu'Ennahdha apparaît comme la force politique susceptible, demain, de prendre les rênes du pouvoir en Tunisie, les enseignants qui soutiennent ce mouvement sont tout naturellement tentés par l'octroi d'une position de choix au sein de la future équipe dirigeante. C'est pourquoi ils se font plus présents que d'habitude à l'Université et y défendent l'indéfendable pourvu que cela plaise aux nouveaux maîtres du pays.
Complots multiples
Certains RCDistes les supportent, d'autres complotent pour semer la pagaille à l'Université et entraîner ses différents acteurs dans des polémiques, voire dans des conflits inutiles mais tellement violents qu'ils peuvent déboucher sur une grave crise qui débordera, hélas, le cadre de l'enceinte universitaire pour toucher bien d'autres secteurs. Ces jeteurs d'huile sur le feu s'emploient également à mobiliser les étudiants en faveur de leurs pernicieux desseins. Pendant ce temps, dans le camp des laïcs et des libéraux, on oppose aux extrémistes de l'Islam des arguments relativement fragiles qui se retournent facilement contre eux : brandir le slogan de la liberté vestimentaire c'est tout bêtement reconnaître aux étudiantes le droit de porter le voile en classe. Certains d'entre eux proposent les grèves en cas d'agressions visant les non islamistes et le refus d'enseigner si le port du niqab est toléré en classe. Mais, avec l'avancée massive du courant islamiste et la percée effrontée des nouveaux opportunistes, leurs mouvements de protestation risquent de ne pas être largement suivis. Plus grave encore : ils peuvent devenir minoritaires à l'Université. Sauront-ils, par ailleurs, aller au bout de leur combat en faveur des diverses libertés pour lesquelles ils militent ? Auront-ils assez de souffle, de courage et de force de conviction pour contrecarrer les projets obscurantistes ourdis contre les pôles et les symboles de l'esprit éclairé ? En ce moment, que leur est-il possible de faire alors que l'Administration joue la carte de la neutralité ? Qu'est-ce qui garantit que, demain, le ministère de tutelle ira dans le sens de leurs revendications ? Il est possible au contraire que l'on satisfasse plutôt celles des Nahdhaouis. On commencera ainsi par la construction ou l'aménagement de salles de prières dans tous les établissements universitaires ; ensuite on éditera des textes officiels favorables au port du niqab en classe ; sous conditions peut-être : par exemple en dehors des épreuves de contrôle continu et des examens. Allez après cela vous abstenir d'enseigner ou porter plainte contre votre ministre !! Qui sait encore si l'on n'instituera pas de police des mœurs autorisée entre autres à traquer les « mal habillés » au sein des étudiants et des professeurs! On pense à tort en ce moment que les incidents enregistrés récemment contre les enseignantes non voilées sont amplifiés : au contraire une « conspiration » réelle est en train de se tramer contre l'Université, contre l'enseignement même ! Les comploteurs manœuvrent à visage découvert et dans les coulisses. Et ce ne sont pas que des Salafises !!
Badreddine BEN HENDA
zarzour [email protected]


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