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« La Turquie cherche à s'implanter en Libye…Et le relais ne peut être que la Tunisie »
Mohamed Al Adel, universitaire et président de l'Institut arabo-turc des études stratégiques
Publié dans Le Temps le 20 - 12 - 2011

De notre envoyée à Istanbul : Mona BEN GAMRA - Mohamed El Adel est un citoyen turc d'origine tunisienne. Depuis deux décennies, il a multiplié les expériences pour finir à la tête du prestigieux Institut arabo-turque des études stratégiques sis à Ankara. Rencontré en Turquie notre compatriote n'a pas hésité un seul instant à nous parler des relations tuniso-turques qu'il tente par tous les moyens de consolideret de promouvoir.
Le Temps : Quelle lecture faites-vous des relations tuniso-turques ? Et qu'en est-il des possibilités économiques qui s'offrent à la Tunisie ?
Mohamed Al Adel : Je sais qu'une grande entreprise turque spécialisée dans les technologies agricoles s'apprête actuellement à venir investir en Tunisie. Et c'est, par ailleurs, une orientation du gouvernement turc qui veut être présent en Tunisie à travers le politique, le culturel, et l'économique. La Turquie comme vous le savez s'oriente aujourd'hui vers un nouveau partenaire stratégique, qui n'est autre que le monde arabe après avoir échoué à intégrer l'Europe et après s'être rendu compte que La ‘'Turquie européenne'' était un faux tropisme. Elle veut se réconcilier avec sa part arabo-musulmane. Pour le cas de la Tunisie, tous les projets seront subventionnés par le gouvernement turc. Cela dit la Tunisie doit préparer le terrain à des investisseurs turcs et cela suppose en premier la stabilité et l'octroi d'avantages aux partenaires économiques potentiels. Aujourd'hui, la Turquie s'oriente notamment vers la Libye qu'elle ne connait pas assez. La Tunisie peut jouer le rôle de relais entre les deux partenaires chose qui profitera à notre économie.
-Pour le volet touristique la Tunisie à mon sens a besoin de nouveaux produits cultuels et bien d'autres atouts qui draineront des touristes autres que les Occidentaux. Elle doit concevoir des stratégies qui s'adaptent à chaque pays, car le touriste russe n'est pas le touriste turc ou chinois ou encore malaisien. Il y a des marchés mondiaux de tourisme que nous ignorons en Tunisie. Ils sont quasiment 7 millions touristes turcs qui visitent des destinations du monde entier. En Tunisie on n'en reçoit que 18 mille. En un premier temps on doit cibler 150 à 200 milles touristes surtout que la durée du vol Tunis-Istanbul est relativement courte. Par la suite on doit sortir des standards nationaux au niveau des services hôteliers et des circuits touristiques. Pour drainer un touriste turc il faut jouer sur nos liens historiques du temps de l'Empire ottoman. La capitale Tunis grouille d'écoles ottomanes et de ‘'mederssas'' islamiques. Le mois de mars prochain un colloque turco-tunisien conviera à Tunis quelque 40 ou 50 opérateurs touristiques turcs qui essayeront de développer des projets de partenariat entre les deux pays.
Qu'en est-il du projet de la TAV en Tunisie?
L'aéroport d'Enfidha, à mon sens, a été crée sans étude stratégique préalable. Il a été conçu pour servir une mafia politique et économique du temps de l'ancienne dictature qui avait pour but de fermer l'aéroport de Monastir pour mieux desservir celui d'Enfidha. La preuve est que le gouvernement lui a accordé une concession d'une durée de 40 ans alors qu'ailleurs dans le monde cela ne dépasse pas les 15 ou 20 ans. Je crois que le gouvernement actuel doit revoir ce projet de partenariat en prenant en considération les intérêts des uns et des autres.
Que pensez-vous du rapprochement que certains cherchent à trouver entre l'AKP turc et le parti Ennahdha ?
Ce rapprochement est souhaitable, car l'AKP a fait ses preuves en Turquie. Mais il faut faire une lecture rationnelle de la réussite de l'expérience de l'AKP. On ne peut transposer cette expérience propre à la Turquie à d'autres pays. La Tunisie qui a mené à bien sa Révolution peut se forger son propre modèle de réussite.
Je tiens à préciser, par ailleurs, que contrairement à ce que l'on croit l'AKP n'est pas un parti islamiste traditionnaliste. Il est le fruit d'une coalition entre islamistes, nationalistes, conservateurs et libéraux ayant présenté un projet non idéologique loin du courant Kaméliste laïcard. L'AKP était par ailleurs une initiative d'islamistes qui ne se sont pas présentés en tant que tels. Ils ont présenté un projet de réformes politique et économique en un temps (2002) où la Turquie était surendettée sous le joug des militaires.
Mais la Turquie aujourd'hui n'est pas bien placée quand il s'agit d'évoquer la question des droits de l'Homme et de l'hégémonie des militaires et leur immiscion dans la vie politique. Qu'en pensez-vous?
Pour les militaires les choses ont nettement changé et ils n'ont plus ce ‘'droit de regard'' sur la vie politique qu'ils avaient avant. La Turquie a entre temps rectifié le tir pour faire retourner les militaires dans les casernes. Reste maintenant la question kurde qui pose problème aujourd'hui même si le gouvernement de l'AKP a essayé de la traiter autrement qu'en l'ignorant. L'AKP reconnait déjà qu'il y a un problème à résoudre. Et c'est l'intervention des partis étrangers comme Israël, qui a fait empirer la situation en montant le parti travailliste du Kurdistan (PKK) contre Ankara. Ce sont les armes israéliennes qui sont utilisées contre la Turquie à la frontière turco-israélienne. L'AKP souhaite résoudre le problème d'une manière pacifique et le gouvernement a commencé par reconnaitre l'identité et la langue kurde ainsi que le parti PKK.
Certains disent que des Nahdhaouis ont reçu un stage dispensé par des membres de l'AKP dernièrement en Libye ?
Je ne suis pas sûr de la véracité de cette information. Soit. C'est bon signe. Si les Nahdhaouis multiplient les stages c'est qu'ils s'ouvrent sur de nouvelles expériences et c'est une bonne chose.
On dit également qu'Erdogan a été inspiré par les écrits de Ghannouchi. Est-ce vrai ?
Ce dont je suis sûr c'est que les écrits de Rached Ghannouchi, notamment les ouvrages qu'il a rédigés du temps de son exil, ont été traduits dans la langue turque. Ces livres parlent du concept de l'Etat et de la démocratie. Je ne peux vous confirmer si Erdogan a lu ou pas ces écrits mais je peux vous dire qu'Erdogan a beaucoup de respect pour Ghannouchi à qui il s'adresse à lui en l'appelant ‘'Mon Maître'' (oustadhi). Je sais également que les écrits de Ghannouchi ont fait l'objet de plusieurs thèses de doctorat …


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