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Une aubaine pour le milieu universitaire et la recherche en histoire
5ème Congrès de l'Association internationale de Papyrologie Arabe
Publié dans Le Temps le 28 - 03 - 2012

Si l'histoire de l'Islam a été écrite essentiellement à partir de sources narratives, rédigées tardivement (à partir du IXe siècle) et souvent marquées par l'empreinte théologique, voire idéologique, les documents papyrologiques parvenus jusqu'à nous constituent un outil indispensable pour une meilleure compréhension de la formation de l'Islam.
Des milliers de documents (majoritairement en grec, mais aussi en arabe et en copte) datent du premier siècle islamique, marqué par l'absence totale de sources narratives. Ils touchent à des domaines particulièrement sensibles : la fiscalité, l'administration, l'agriculture, les rapports juridiques et la vie sociale (lettres privées), ce qui offre à l'historien la possibilité de percer des atmosphères institutionnelle et sociale encore très peu connues et étudiées. Ils permettent aussi de combler un vide historiographique puisque les études sur l'Islam s'intéressent essentiellement à l'histoire politique et religieuse.
Le plus ancien document de l'Islam date de l'an 22 de l'hégire/643 de l'ère chrétienne : il est bilingue (arabe-grec) et représente un reçu de réquisition de moutons faite par un groupe d'Arabes en Egypte. Le texte désigne, dans sa partie grecque, le groupe arabe comme mogaritai (dérivé de l'arabe muhâjirûn, ceux qui ont accompli une higra) et de sarakenoi (terme que les Romains attribuaient aux tribus arabes de la région). Le terme musulman n'est pas utilisé, et n'apparaît qu'au VIIIe siècle. Cette documentation permet de voir comment l'arabe s'est installé peu à peu dans les régions conquises : si le grec reste la langue de l'administration locale jusqu'au début du VIIIe siècle, il est de plus en plus concurrencé par l'arabe qui triomphe totalement au milieu du VIIIe siècle et supprime le grec des rouages de l'administration
Cette documentation permet aussi de suivre la naissance et l'évolution d'institutions capitales dans l'Islam comme la jizya, la sadaqa, etc. Elle permet de mettre à l'épreuve une littérature juridique (les livres de amwâl et de kharâj) produite tardivement dans la capitale califale Bagdad à partir du milieu du VIIIe siècle. Elle contribue aussi d'une manière significative à l'étude de la langue et l'écriture arabe. Dans les plus anciens documents, datant des deux premiers siècles de l'Islam, les lettres sont le plus souvent dépourvues de points diacritiques.
L'écriture, elle, est anguleuse, improprement appelée de nos jours l'écriture kufique. Elle se distingue par la rigidité de sa ligne de base et son allure géométrique. Elle atteint une élégance suprême à la fin du Ier siècle de l'hégire/début VIIIe siècle sous le calame des scribes de la chancellerie umayyade comme l'attestent les lettres de Qurra b. Sharîk, gouverneur umayyade d'Egypte, et qui constituent aujourd'hui le dossier papyrologique (trilingue : en arabe, grec et copte) le plus important tant par son nombre que par sa contribution à l'étude de la fiscalité islamique à ses débuts.
La documentation papyrologique couvre sans discontinuité toute l'époque islamique, depuis le début des conquêtes musulmanes (milieu VIIe) jusqu'à la conquête ottomane (début XVIe siècle). Pour les périodes tardives, nous avons essentiellement des documents écrits sur papier puisque ce support, développé en Chine, triomphe totalement sur le papyrus dès le Xe siècle grâce à son bas coût ainsi qu'à sa meilleure adaptation à l'écriture par rapport au papyrus. De l'époque fatimide, les documents les plus importants sont les documents de la Géniza du Caire, écrits en judéo-arabe et trouvés dans la synagogue Ben Ezra à Fustat (appelé aujourd'hui le vieux-Caire). Pour l'époque mamlouke, on dispose d'un corpus volumineux de documents dont les plus importants sont les actes de waqfs, fondations pieuses inaliénables (appelées habous en Tunisie).
Les premières générations de papyrologues arabisants se sont surtout intéressées à l'édition des papyrus sans prendre en compte leur insertion dans des études historiques ayant comme centre d'intérêt la formation de l'Islam. Ce qu'on appelle la 3e génération de papyrologues arabisants, depuis la fondation de la International Society for Arabic Papyrology (2002), s'est attelée à cette tâche, révolutionnant de fond en comble notre connaissance de l'Islam tel qu'il a été pratiqué au quotidien, loin des théorisations des historiens et juristes de cour, ou encore de lettrés marqués par des débats théologiques et idéologiques.
Le Congrès de Tunis-Kairouan est le 5e en son genre : le premier et congrès fondateur s'est tenu au Caire (2002) ; 2e à Grenade (2004), 3e à Alexandrie (2006) et le 4e à Vienne (2009). La Tunisie abrite une petite collection de papyrus arabes (envion 70 documents) achetée au Caire par l'historien Hasan Hosni Abdelwahab dans les années 40, et léguée à sa mort au musée du Bardo, puis transférée au musée national des arts islamiques de Raqqada (Kairouan).
Un congrès de cette ampleur, où seront représentées des institutions académiques prestigieuses comme l'Université de Leyde (Pays-Bas), Princeton (Etats-Unis), Oxford (Angleterre), Le Louvre (France), l'Institut français d'archéologie orientale (Egypte), Orientalische Seminar (Univ. Zurich), Univ. Leipzig (Allemagne), Japan Society for the Promotion of Science (JSPS - Japon), est une aubaine pour le milieu universitaire tunisien et la recherche dans le domaine de l'histoire. L'enjeu est non seulement de réussir cette manifestation académique, mais surtout de profiter de la présence de cette pléiade de chercheurs et universitaires pour nouer des partenariats et coopérations scientifiques entre les institutions mentionnées et les institutions tunisiennes (organisation d'écoles doctorales en Tunisie, bourses d'étude pour les étudiants et jeunes chercheurs tunisiens, amorce de programmes de recherche communs, etc…). La tenue de cette manifestation dans des institutions tunisiennes telles que l'Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts ; la bibliothèque nationale de Tunisie et l'Institut national du patrimoine témoigne de la volonté des organisateurs, tant Tunisiens qu'étrangers, de nouer des relations de coopération et de dynamiser la recherche historique en Tunisie.


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