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L'enfance perdue des fillettes voilées
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Publié dans Le Temps le 21 - 04 - 2012

Le voile est devenu une réalité chez un grand nombre de tunisiennes, soit par obligation familiale, soit par choix. C'est leur droit, diront certains et personne n'y peut rien. Mais qu'en est-il de ces petites fillettes de trois, quatre ou cinq ans qui ne comprennent rien au monde des adultes, et qui se retrouvent prisonnières d'une tenue qui les empêche de jouer, de courir, de vivre pleinement leur enfance.
Et la question qui se pose c'est de savoir si on a le droit de les enfermer dans cette tenue dès leur jeune âge. Et est-ce que ce n'est pas enfreindre les droits de l'enfant ?
Un juriste place la question dans son cadre juridique en évoquant le texte de la convention internationale des droits de l'enfant : « l'éducation de l'enfant doit viser à favoriser l'épanouissement de la personnalité de l'enfant et le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, inculquer à l'enfant le respect de ses parents, de son identité, de sa langue et de ses valeurs culturelles, ainsi que le respect des valeurs nationales du pays dans lequel il vit. Préparer l'enfant à assumer les responsabilités dans un esprit de compréhension, de paix, de tolérance, d'égalité entre les sexes et d'amitié entre tous les peuples. »
Est-ce qu'enfermer des enfants dans un espace clos à répéter des textes qu'ils ne comprennent pas obéit aux règles de cette convention internationale signée par notre pays ? Certes non, car lorsque l'on parvient à gagner la confiance de ces petites filles et à les faire parler, elles disent qu'elles voudraient bien jouer comme leurs amis, faire des dessins, chanter… Des activités qui sont inexistantes dans les « Koutteb ».
Un psychologue témoigne : « depuis quelques mois, c'est-à-dire depuis que le voile a envahi les écoles coraniques, les fameux « Koutteb », je reçois en consultation de nombreuses fillettes voilées, souffrant de troubles du comportement. En faisant parler ces petites hors de la présence des parents, je me suis rendu compte qu'elles souffraient d'un sentiment d'étouffement, qu'elles étaient jalouses de leurs petites voisines non voilées et surtout de leurs frères, qui ont le droit de jouer librement, de faire du vélo, alors qu'elles doivent rester sages… »
Les quelques parents que nous avons contacté n'ont pas daigné discuter la question, raides dans leurs certitudes, refusant le dialogue, semblants même fiers de leur choix. Des familles hermétiques, ne comprenant pas qu'un journaliste puisse remettre en question le système éducatif imperméable des Koutteb. La seule fillette qui a osé nous parler à la sortie de son école coranique a parlé « d'obéissance à ses parents pour ne pas aller en enfer. » C'est dire à quel point ces petites sont victimes de lavage de cerveau !
Mais qu'en pensent les citoyens tunisiens ? Une dame, cadre dans une société, témoigne :« chaque fois que je vois une fillette voilée, j'éprouve un grand désarroi car je n'arrive pas à comprendre qu'un parent puisse obliger un être innocent à se couvrir les cheveux, comme si elle allait séduire des hommes à son âge ! » Pour un enseignant « penser que les cheveux ou le corps d'une fillette soient excitants est purement scandaleux, c'est une réaction de pédophiles ! »
Nous avons même trouvé un ancien imam qui a vivement condamné le voile chez les fillettes :« la religion n'explique pas tout et les interprétations que certains en font est purement scandaleuse. Ces petites semblent en effet momifiées il faut porter plainte contre les parents ! »
Nous avons cependant trouvé des personnes qui acceptent que des fillettes portent le voile dès leur jeune âge. Une dame elle-même voilée, assure : « il vaut mieux qu'elles apprennent le Coran plutôt que d'imiter les déhanchements d'une Chakira ou les attitudes provocantes de Hayfa Wahbi ou Nancy Âjram… »
C'est oublier que la fameuse convention internationale des droits de l'enfant demande aux Etats de « garantir à l'enfant qui est capable de discernement le droit d'exprimer librement son opinion sur toute question l'intéressant, les opinions de l'enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité. »
Mais les conventions internationales, les parents de ces fillettes ne les connaissent pas. Et combien même ils les connaitraient, ils ne risquent pas de la respecter, tant ils sont sûrs d'avoir raison. Des certitudes qui fabriquent une génération qui souffre déjà de problèmes psychologiques graves, et qui risquent de s'aggraver avec l'âge…


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