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Il ne faut pas trop faire dans l'alarmisme
Médicaments
Publié dans Le Temps le 20 - 05 - 2012

Faouzi Zehani : président de l'association professionnelle des délégués médicaux
• Le secteur des médicaments est bien régi depuis 1990
• 50% des médicaments sur le marché sont fabriqués chez nous
• Avec le médecin, le contact doit être une sorte d'échange entre deux partenaires. Il faut que celui-ci soit au profit des deux parties, et, non pas au profit du seul médecin, ou du seul visiteur.
• Les deux partenaires doivent se mettre à la place du patient, et, parler son langage !
Page instruite par Mohamed Ali EZZINE - Faouzi Zehani, est actuellement le président de l'association professionnelle des délégués médicaux. Dans un premier temps on avait voulu parler avec lui de ce qui se passe dans le monde des médicaments, de ce qui se raconte à propos de certains grands laboratoires pharmaceutiques, dont certains sont taxés d'inventeurs de maladies, aux fins de vendre plus, du lobbying pharmaceutique, de certains médicaments,
très contestés, et, puis finalement, nous avons décidé de remettre tous ces dossiers épineux à une date ultérieure, pour nous occuper de notre jardin. Faouzi Zehani, est un responsable très connu dans le monde de la visite médicale, où, il avait débarqué depuis un peu moins de trente ans. Sa compétence, son sérieux, et, bien d'autres qualités sont indiscutables. Et ce n'est pas par hasard qu'il occupe aujourd'hui ce poste.
Si vous nous expliquez d'abord ce qu'est le métier de délégué médical ?
Le délégué médical est aussi appelé visiteur médical ou représentant médical. Il est une personne dont le métier est de représenter un, ou, plusieurs laboratoires, bien entendu, de spécialités pharmaceutiques, auprès des professions médicales, des médecins généralistes, ou, spécialistes. Il est porte-parole de la maison qui l'emploie, responsable de l'information, la promotion des médicaments, et, de leur bon usage. Les visiteurs médicaux sont au jour d'aujourd'hui, des acteurs incontournables de la chaîne du médicament. Leur niveau scientifique doit leur permettre de dialoguer avec les praticiens, ce qui exige une formation de qualité, et, qui doit être régulièrement actualisée.
Quel est son rôle ou sa mission ?
Avant de répondre à cette question très importante, sachez qu'au fil des années les praticiens qui sont d'un excellent niveau, n'attendent pas des délégués médicaux qu'ils soient de simples vendeurs, ou promoteurs de leurs produits, mais plutôt collaborateurs croyables, des partenaires sûrs. Le rôle du délégué médical doit être, en principe, plus étendu qu'un simple informateur, s'il veut établir des relations pérennes, et, permanentes avec ses futurs clients, bien que je n'aime pas employer ce dernier mot que je souhaite remplacer par partenaire. L'industrie pharmaceutique l'a très vite compris, et, de nos jours, elle ne donne exclusivement du travail qu'à des gens très qualifiés, qu'à des visiteurs qui savent être à l'écoute des médecins, et, qui s'intéressent de près à l'environnement élargi des praticiens, pour satisfaire leurs besoins professionnels, au-delà des produits mêmes. La qualité, je n'emploierai jamais assez ce mot clé, doit prévaloir sur la quantité, sur le caractère vendeur. Quant à sa mission, le visiteur médical, est tenu, en première ligne, d'informer les médecins sur les produits dont il assure la promotion. A sa charge, dans le cours des échanges d'enchainer avec les arguments, de répondre aux questions, de répondre aux questions relatives à l'efficacité des médicaments qu'il promeut, leur tolérance, les possibles effets secondaires, ou, de la posologie…
Peut-on dire que le secteur des médicaments est bien régi chez nous, et, combien compte-t-on de visiteurs médicaux?
Sans aucun doute…même s'il y a toujours des choses à améliorer. Depuis 1990, avec la parution du décret loi portant plus de réglementation au métier de la visite médicale, n'est plus visiteur médical qui veut. A partir donc du 3 septembre 1990, ne peuvent accéder à ce corps que les médecins chirurgiens dentistes, les pharmaciens, les vétérinaires, ou, les délégués médicaux ayant exercé avant cette dite date. Ils sont à peu près 2600 à pratiquer, et, soit dit en passant, personne ne peut travailler dedans, s'il n'a pas au préalable une autorisation du ministère de la Santé publique. Autre chose encore: les médicaments sont un monopole d'Etat. Aucune autre personne n'a le droit d'en importer, à l'exception de quelques produits cosmétiques qui se trouvent sur le marché par le biais des privés. Il est à souligner enfin que, pratiquement 50% des produits pharmaceutiques disponibles sur le marché sont de fabrication locale.
Qu'est-ce qui se fait au niveau de la formation?
Que ce soit à notre niveau, (niveau de l'association professionnelle des délégués médicaux, ou au niveau des laboratoires pharmaceutiques, elle est continue. Ces derniers prennent en charge leurs délégués, pour leur assurer, les techniques pointues de l'information, et, les imbiber de toutes les nouveautés scientifiques nécessaires dans leurs entretiens avec les praticiens. Quant à nous, on accompagne tous les délégués dans leur formation, on écoute leurs requêtes, leurs doléances, on fait de notre mieux pour leur garantir certains avantages sociaux, on leur organise des séminaires au cours desquels on ne manque pas de mettre l'accent sur la morale, et, l'éthique. Il est très important de former un délégué médical en termes de technique de communication, et, il n'est pas du tout simple de présenter un produit à un médecin…
De temps à autre on remarque qu'il y a un manque au niveau des médicaments. A quoi cela est-il dû ?
C'est une question de coût, d'approvisionnement des marchés, une surconsommation chez nos frères libyens qui ont une population médicale très importante… Le produit, aussi faut-il le savoir, n'est pas toujours disponible au niveau du laboratoire avec lequel nous avons des contrats. Il est impossible qu'une commande de médicaments soit satisfaite en une ou deux semaines. Il faut comprendre les fabricants qui distribuent sur une cinquantaine ou soixantaine de pays, et, chez nous, nous avons une réglementation très stricte, études, autorisations, rédactions des notices. Savez-vous par exemple que la langue arabe est obligatoire et sur le paquet et sur la notice. Savez-vous que les informations inscrites (autorisation, de mise sur le marché, effets indésirables, interactions médicamenteuses, conseils de prudence, pour les conducteurs par exemple, ou, en cas de grossesse…), forme galénique (gouttes, comprimés…) et bien d'autres choses sont immanquables, et, indispensables au bon usage du médicament. Le médicament qui ne se consomme dans son pays d'origine, n'a aucune chance d'être commercialisé chez nous. Bref, si le médicament obtient une AMM (une autorisation de mise sur le marché), c'est que réellement, il a répondu à toutes les conditions de bonne pratique de fabrication, génériques compris !
Justement, abordons les médicaments dits génériques. Quelle est la différence entre un générique, et, un princeps (produit d'origine) ?
Bonne question mais qui risque de nous prendre beaucoup de temps. La fabrication locale des médicaments est en train de prendre de plus en plus d'importance. On voit de plus en plus de génériques, tout en sachant que le produit princeps (d'origine), ne peut être ‘génériqué' qu'après vingt ans. Ces derniers produits sont protégés par ce qu'on appelle des brevets, et, on ne peut pas les fabriquer tant qu'ils ne sont pas tombés dans le domaine public. Le générique est un médicament, une copie du princeps, et, par défaut il faut qu'il se vende moins cher que le produit d'origine; par ce qu'il n'a pas fait des recherches, n'a fait aucun investissement. Il n'a fait que prendre le dossier, et, copier. Malheureusement, comme dans beaucoup de domaine, il y a de très bonnes copies, et, il y en a de moins bonnes. Disons pour faire court, que le générique est la réplique du médicament d'origine.
Pour conclure…
En principe, tout médecin attend d'une visite médicale, une information, scientifique, éthique, transparente, et, générale. Le visiteur médical doit avoir un niveau très pointu pour faire passer son message, et, véhiculer une bonne image de son laboratoire employeur. La finalité, j'hésite un peu à le dire, c'est la vente. Il faut qu'elle se fasse dans toutes les règles de l'art, sans jamais dénigrer les produits de la concurrence. Avec le médecin, le contact doit être une sorte d'échange entre deux partenaires, et, il ne faut pas que ce dit échange soit au profit des deux parties, et, non pas au profit du seul médecin ou, du seul visiteur médical. Il ne faut pas oublier que derrière tout ça, il y a un facteur hyper important qui est le patient, celui là même qui confie à son médecin ses souffrances, ou, ses craintes. Il faut penser beaucoup à lui, se mettre à sa place, et, parler son langage.

Vite dit
Brûlures épigastriques
Quand l'œsophage se rebelle…
On remarque de plus en plus des gens qui en souffrent, et, s'en plaignent. Grosses, et, grasses bouffes, excès d'alcool, aliment sucrés, ou amers, surpoids, peuvent générer à tout individu des aigreurs ou des brûlures d'estomac, à cause de l'acide qui remonte dans l'œsophage.
Ses symptômes sont multiples, des brûlures épigastriques (appelées aussi pyrosis) qui irradient de bas vers le haut (c'est à dire le long de l'œsophage), au syndrome postural, en passant le reflux de liquide de l'estomac (liquide gastrique), au goût de vomi vers la bouche (régurgitation). De cette impression de remontée de liquide depuis l'estomac, à ces douleurs thoraciques comparables à celles engendrées par une angine de poitrine. Une autre indication est à prendre en considération, et, qui peut annoncer que l'individu en souffre: sa voix. Si elle est rauque (dysphonie), elle pourra être, entre autres, consécutive à une laryngite provoquée par le reflux, ou, d'une toux nocturne.
Il faut juste retenir que ces expressions décrites ci-dessus, ont tendance à se manifester (en général) lorsque la personne se penche en avant, par exemple pour mettre ses chaussures, ou, lorsqu'elle est couchée.
Sources
Les symptômes ne sont pas dus à une production excessive d'acide par l'estomac, comme on le croit le plus souvent, mais plutôt à cause de plusieurs autres facteurs, dont, le défaut de fonctionnement du sphincter inférieur de l'œsophage, c'est-à-dire la valve qui sépare cet organe (l'œsophage) de l'estomac, dont, une hernie hialatale, c'est-à-dire, le déplacement vers le haut, à travers le diaphragme, de la jonction entre l'estomac, et, l'œsophage, responsable, d'un moins bon fonctionnement de la dite valve, ou encore l'ingestion des aliments gras, et, sucrés, ou enfin, le fait de se coucher l'estomac bien chargé.
Comment s'en sortir ?
Avant d'en arriver à un traitement médicamenteux prescrit par un médecin, les simples règles de diète, et, d'hygiène peuvent être très utiles. Eviter, par exemple de manger des aliments gras, ne pas dormir juste consécutivement à une table bien chargée. On peut aussi insérer avec ces deux préceptes, la perte de poids, bénéfique sur tous les plans. Si ces types d'affections persistent, il faut automatiquement consulter un médecin. Ce dernier est seul habilité à juger l'état de santé du souffrant, et, peut dans des cas imposer le passage à la chirurgie pour le patient présentant des symptômes très importants, tel, l'ulcère, ou, le rétrécissement de l'œsophage.

Stop
Sang
Circulez: il y a tout à voir
On n'en parle pas beaucoup, mais la circulation du sang, si, elle n'est pas correcte, peut être source de plusieurs complications de santé.
De prime abord, des mains, et, des pieds qui s'engourdissent, des crampes dans les mollets, des bourdonnements, et des troubles érectiles, n'ont rien de commun. Il s'agit là des symptômes dont les causes sont tout à fait différentes. Toutefois, ils peuvent être des signes avant coureurs d'une seule, et, unique maladie, qui, même si elle apparait au corps d'une manière anodine, peuvent donner lieu à de graves conséquences, comme par exemple l'infarctus du myocarde, ou la démence.
Dans le domaine de la recherche moderne, on part aujourd'hui du fait que la maladie est due à des inflammations chroniques dans les parois vasculaires. Alors qu'autrefois on pensait qu'il s'agissait de dépôts de calcaire, l'intérêt central des chercheurs se focalisait sur le «feu couvant» qui semblerait se situer dans la paroi vasculaire. Celui-ci est déclenché d'une part par les lipides sanguins modifiés (cholestérol LDL) qui réactivent constamment une inflammation dans les vaisseaux, ou, par une faiblesse du système immunitaire. Le corps n'est pas en mesure de stopper complètement une inflammation qui s'estompe dans les artères. Il peut occasionner de graves troubles de la santé, comme par exemple, l'infarctus du myocarde, l'apoplexie cérébrale, l'angine de poitrine, la démence vasculaire, ou même une maladie diabétique consécutive.
Pour éviter tout cela, il est possible de faire quelque chose pour contrer cette pathologie. Les premiers signes alarmants sont la plupart du temps des troubles généralement décrits comme étant anodins, comme par exemple, les picotements, les fourmillements, les sensations de lourdeur, des tensions dans les bras, et, les jambes, les crampes dans les mollets comme souligné plus haut, ainsi que les engourdissements réitérés des mains, et, des jambes.
Les activités physiques régulières, une nutrition bien équilibrée, suffisamment de sommeil, et, un environnement positif sont de précieuses recommandations pour prévenir de ces dits maux avant d'en arriver à une consultation médicale.

Flash
Hygiène bucco-dentaire
Elimination de la plaque dentaire
Le brossage des dents a pour rôle l'élimination mécanique de la plaque sur toutes les surfaces visibles des dents. La brosse à dents manuelle ou électrique doit être à poils souples en fibres synthétiques, et maniable.
Le brossage doit être effectué après chaque repas, au minimum matin et soir. Pour être efficace, il doit durer 2 à 3 minutes.
Le remplacement de la brosse ou de la tête de la brosse électrique doit se faire régulièrement sans attendre une détérioration importante des brins.
Le dentifrice est un adjuvant au brossage, l'apport de fluor permet de mieux protéger la dent.
Les compléments du brossage sont importants : le fil dentaire, les brossettes interdentaires, les stimulateurs de gencive, les bâtonnets et hydropulseurs sont des compléments efficaces pour maintenir une bonne santé bucco-dentaire.
Douleurs dentaires
Les douleurs dentaires sont le signe d'une maladie. En dentaire il n'y a pas de maladie qui guérisse spontanément.
Toute apparition des symptômes, de la douleur, des gonflements ou des saignements, n'est que le prélude à une complication, à une extraction en moins de six mois. N'attendez pas, prenez rendez-vous chez votre chirurgien dentiste.
Les soins précoces sont bien pris en charge par l'assurance maladie. Si vous tardez, les soins seront plus difficiles, plus longs, plus chers, moins bien pris en charge par l'assurance maladie et les complémentaires.


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