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« Like someone in love » d'Abbas Kiarostami: Ce que parler (ne) veut (pas) dire…
65ème festival de Cannes Compétition officielle
Publié dans Le Temps le 22 - 05 - 2012

Un soir pluvieux, d'une pluie sérieuse pas comme les crachins de Mai auxquels nous sommes habitués, une file d'attente interminable sous des trombes d'eau, des critiques râleurs mais stoïques défiant le mauvais temps étaient là pour Kiarostami, le grand. Après l'Italie, c'est le Japon que le réalisateur iranien s'est choisi pour destination. A la clef une histoire simple, du moins en apparence.
Akiko, étudiante et prostituée occasionnelle a comme client d'une nuit, le Professeur Takashi, un vieux sage, vivant seul entouré de ses livres. Le lendemain, il l'accompagne à l'université passer un examen et l'attend dans la voiture. Apparaît Noriaki, le fiancé possessif et violent d'Akiko qui prend dans un premier temps, le Professeur Takashi pour le grand-père de la femme qu'il aime. Ce dernier joue le jeu, avant que Noriaki ne découvre le pot aux roses. Récit presque farcesque, « Like someone in love » est habité par la grâce et la sérénité d'un cinéaste à son firmament. Abbas Kiarostami se saisit de Tokyo, de sa lumière, de corps et de visages a priori étrangers avec la justesse de quelqu'un de familier de cette civilisation pourtant si difficilement accessible à un regard extérieur. Au cœur du film, la parole, avec ses silences, ses glissements de sens, ses sous-entendus, et ses malentendus.

Très dialogué, « Like someone in love », puise dans les mots les ressorts de la transmission. Takashi, le vieux Professeur, peut être épicurien, mais ça on ne le saura jamais, tient un discours plein de sagesse à la jeune et ingénue Akiko puis le lendemain au fiancé de cette dernière Noriaki. Non pas que les mots disent nécessairement vrai, encore moins s'ils ont le cinéma pour véhicule, le septième art étant un artefact par excellence pour le cinéaste iranien. Un Artefact capable néanmoins de charrier dans les replis de sa gangue mensongère, quelque chose qui relèverait d'une vérité possible et toujours relative. La séquence inaugurale du film annonce clairement, cette indiscernabilité de la frontière entre mensonge et vérité et dans le même mouvement le pouvoir des mots de faire advenir le vrai et le faux. La caméra est dans un bar, en second plan une table avec quatre personnes, une voix féminine parle pour justifier son indisponibilité à son amant. Il faut une bonne quinzaine de secondes, pour que le spectateur associe cette voix à un visage. C'est Akiko qui ment à moitié à son amant en prétextant l'arrivée de sa grand-mère, un examen pour le lendemain (deux informations qui s'avéreront vraies) et sa présence dans un bar avec une amie (information presque vraie), elle est dans un autre bar avec son souteneur Hiroshi. Niroki, incrédule demande en gage de preuve à son amie de compter le nombre de carrelages dans les toilettes du bar afin de pouvoir plus tard vérifier la véracité de l'alibi d'Akiko. Plus tard dans la soirée, lorsqu'Akiko arrive chez son client Takashi, ce dernier veut la recevoir comme une Dame, il a préparé un dîner, elle a hâte d'en finir. Elle parle beaucoup, alignant des futilités, lui comprend et réagit poliment, lorsqu'il parle c'est Akiko qui ne comprend pas et part vers autre chose. Lui a besoin de tendresse, elle peut être d'un père qui saurait l'écouter. Les mots semblent installés semblent comme installés sur un plan savonneux, ils ne finissent pas de glisser vers un ailleurs qui ne leur était pas prédestiné. Se profile une impossibilité d'en fixer le sens, toujours éphémère et mis en doute par la mise en scène.
Un bon cru, probablement pas le meilleur de l'auteur, n'en déplaise aux critiques ronchons qui l'ont sifflé.

De notre envoyé : Ikbal Zalila


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