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L'étincelle d'une deuxième Révolution ?
Un blessé de la Révolution se suicide à Tunis et deux chômeurs tentent de se suicider à Gabès :
Publié dans Le Temps le 01 - 06 - 2012

• Rassemblement de chômeurs et de blessés de la Révolution hier à la Kasbah voulant rencontrer Jebali
Avant-hier, deux diplômés en chômage ont tente de se suicider dans la délégation de Gabès sud après plus de deux heures d'attente devant le bureau du gouverneur. Hier Hassan Saîdi, un blessé de la Révolution s'est suicidé après avoir été torturé par des policiers près du ministère de l'Intérieur.
Des clashs ont été enregistrés hier dans plusieurs délégations du pays où les habitants sont révoltés contre le silence du gouvernement et les promesses des délégués. S'agit-il d'une deuxième Révolution qui s'annonce des profondeurs du pays ?

Une chose est sûre : le chômage et les blessés et martyrs de la Révolution sont les deux dossiers qui n'ont pas cessé de faire couler beaucoup d'encre depuis plus d'une année. Des centaines de sit-in et de manifestations ont été enregistrés dans les quatre coins du pays. Voilà plus d'une année passée sans aucune nouvelle de la part du gouvernement qui brille toujours par son silence absolu.

«Qu'ils parlent où qu'ils dégagent ! »

Hier, un grand nombre de chômeurs et de blessés de la Révolution se sont réunis à la Kasba pour demander la rencontre de Hamadi Jebali. « Cessez de nous humilier ! Sortez nous voir ! », scandaient les manifestants en insistant qu'ils ne vont pas partir avant de voir le Premier ministre. « Nous étions les premiers à recevoir les balles des milices de Ben Ali, nous avons risqué nos vies pour chasser le dictateur. Ces ministres qui se baladent d'un gouvernorat à l'autre pour parler de projets non encore réalisés ont été les derniers à venir et sont aujourd'hui les premiers à parler de la Révolution. Qu'ils parlent de Tunisiens où qu'ils dégagent ! » crie Hajja Maayoufa, mère de deux martyrs de la Révolution venue avec une dizaine de femmes de son quartier. Elle n'était pas la seule à dénoncer la passivité du gouvernement Jebali. Pas loin d'elle, un groupe de jeunes chômeurs venus de Gabès étaient furieux. Ils essayaient de franchir la porte du Premier ministère en criant : « M. Jebali, les fausses promesses nous ont conduit vers les couloirs de la mort ! ».L'un d'eux, Ahmed Ferjani, tentait de parler avec l'un des policiers : « Je lui ai demandé d'aller appeler son patron. Il m'a répondu qu'il n'est pas dans son bureau et qu'il ne viendra pas aujourd'hui au ministère. Pas de souci, nous n'avons aucun engagement et nous comptons camper ici jusqu'à ce qu'il vienne nous parler» hurlait Ahmed en tenant deux photos des deux gabsiens qui ont tenté de se suicider avant-hier.

Les manifestants nombreux et éparpillés à la place du gouvernement avaient tous les mêmes idées : avec les fausses promesses, les mensonges et les déclarations tout bonnes à endormir le peuple et leurs familles, les blessés de la révolution ont décidé en désespoir de cause de se coudre les bouches une fois pour toutes !

« Je me demande si Samir Dilou, ministre des Droits de l'Homme et de la Justice transitionnelle était au courant de ce qui se passe depuis des semaines devant le Conseil Constitutionnel avant de défendre, bec et ongles, le droit des anciens prisonniers politiques à être dédommagés? », se demandait Bouthayna, venue revendiquer plus d'attention pour les blessés de la Révolution. « Nous sommes venus aujourd'hui afin d'exiger que ces blessés et ces chômeurs aient autant d'attention et de compassion que les prisonniers politiques »

« Nous ne croyons plus en personne ! »

« Nous ne croyons plus un personne. Nous ne sommes ni pris en charge médicalement, ni financièrement et ni psychologiquement. Aujourd'hui, un des nôtres, Hassan Saidi , blessé à la Casbah I le 29 janvier 2011 suite à des violences policières et dont le nom figure déjà sur la liste de Bouderbela page 811 cas N°75, s'est suicidé après avoir été torturé et humilié de la part des policiers du « Septième ». C'est un signe concret de ce qui peut se passer très prochainement si ce silence continue », affirme Mouldi Ouadhen, 36 ans, père de trois enfants et handicapé après avoir reçu une balle la nuit de 19 janvier 2011.

Ce qui est évident aujourd'hui c'est que la situation devient de plus en plus alarmante. Les Tunisiens, encore pris par la rage de la liberté, de la dignité et de la Révolution semblent ne plus avoir confiance en ce gouvernement qui continue à monnayer leur silence en leur promettant monts et merveilles. Les chômeurs sont encore en chômage, les blessés sont encore non pris en charge et les défavorisés des profondeurs du pays vivent toujours leur misère au vu et au su des autorités. Après les revendications, il semble que ces derniers ont passé à l'acte. Des tentatives de suicides sont enregistrées dans plusieurs gouvernorats. Après Bouazizi, la Tunisie aurait-elle un nouveau symbole d'une nouvelle Révolution déclenchée pour les mêmes revendications mais criant Dégage à de nouveaux visages ?


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