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Incuries et radioscopie d'une paysannerie
Régions de Kairouan et Sidi Bouzid
Publié dans Le Temps le 01 - 06 - 2012

• Les décideurs entre le marteau des besoins populaires et l'enclume des contraintes budgétaires
Nous continuons aujourd'hui à zoomer sur les remous et les mille et une incuries, empoisonnant la vie d'une population luttant encore, comme toujours pour la survie. Et dont naguère, il était interdit d'en dire ou écrire un mot.
Dans notre papier de mercredi dernier, l'on a eu à parler du grand malaise général de la région, du carton rouge lancé par les villageois contre leur délégué, des tractations entre les composantes de la société civile et le gouverneur de la région, de l'annulation de la grève générale, prévue pour lundi, après ce qui a été dit et promis par le grand commis.

A travers ce second épisode, l'on se propose de suivre pour vous l'évolution de la situation et d'écouter les divers sons de cloche et surtout les paysans, qui, de tout temps, n'ont jamais été écoutés.


Au gré des disponibilités

budgétaires


Pour dire vrai, aux dernières nouvelles, la délégation de Chérarda a été la moins gâtée par le budget complémentaire de l'année en cours et les prévisions budgétaires de 2013. Puisque, aucun projet industriel ne lui a été prévu. Et le gouverneur de Kairouan semble conscient de cette grande lacune, à imputer aux gestionnaires l'ayant précédé dans la région. Et Me Mohamed Laghouen, n'a pas manqué d'exprimer sa détermination de remédier un tant soit à la situation et de sauver ce que certaines diverses disponibilités budgétaires pourraient sauver.

Si maintenant, l'on récapitule les points noirs et incuries qui compliquent la vie de nos concitoyens à Chérarda, l'on constatera qu'ils sont communs à toutes les régions, situées dans les profondeurs du pays.

Avec la différence, qu'ici, visiblement et avec un œil neuf et objectif, les incuries sont beaucoup plus prononcées qu'ailleurs.

Nous en citons principalement l'eau potable, la réfection des routes, l'entretien des pistes agricoles, la réfection des écoles et dispensaires, la régularisation de la situation des terres illégalement exploitées lors du régime révolu, etc...


L'emploi... le vrai dada !


Pour M. Hatem Messaoudi, 36 ans, prof de français au lycée de Chérarda et M. Bilel Boukhris, 27 ans, maîtrisard en physique depuis 2008 et n'ayant jamais travaillé, les problèmes inhérents à l'infrastructure de base sont à ne plus discuter. Leur solution est notre droit le plus absolu. Ce stade est à dépasser.

Ce sont des projets industriels qu'on devrait nous parler. Car, les jeunes de la région ont besoin de travailler. Surtout que le taux de placement réalisé ces dernières années a été presque de zéro pour cent !

Nos interlocuteurs nous disent qu'à Chérarda une seule petite usine de « Fitoura » vivote depuis longtemps. Elle emploie quatre pelés et un tondu vivant éternellement sous pression, sous la menace de la compression. Notre région produit abondamment la tomate et les piments. Pourquoi n'a-t-on même pas pensé créer une ou deux usines de transformations pour produire le concentré de tomate et l'harissa ? ».

L'on nous réclame aussi l'urgence de l'aménagement de surfaces irriguées par des sondages ainsi que l'électrification des mille cent vingt sondages existants.


Pour les beaux yeux

de M. le gouverneur !


En nous promenant du côté d'El Messaâdia, (Imadet Bir El Hilou), à travers ses pistes tortueuses et chaotiques nous nous sommes trouvés nez à nez avec l'un des paysans de céans. Il traînait sa carcasse péniblement sur un vieux vélo crasseux. Dès qu'il apprend notre es-qualité, le quidam quitte sa monture, et, du coup, il se prend à notre cou...

Mohsen, la quarantaine, pâle comme la mort et n'a que la peau et les os, se met à nous gaver de ses récriménérations et griefs contre tout ce qui a nom d'autorités publiques.

« Dites à vos lecteurs, M. le journaliste, que rien n'a changé chez nous depuis Bourguiba. Dans ma télévision, encore en noir et blanc, rien de rassurant.

La révolution ? C'est une farce dont nous sommes les dindons ! Tenez, cher monsieur, ça fait six mois qu'on court derrière une niveleuse, pour le déblayage de nos pistes, difficilement, praticables, même à pieds. Et ce n'est qu'à la veille de la visite du gouverneur qu'on a daigné faire rouler l'engin. C'est dire combien on est roulé... et qu'on ne fait rien pour nos beaux yeux, mais pour fermer les yeux de l'illustre cher monsieur.

Les mêmes réflexes conditionnés sont toujours là... Et rien n'a changé ».

Lorsque là où vous passez aux environs de Chérarda, on ne vous parle que de l'eau potable manquante, l'on a de quoi rougir de honte. A commencer par n os grands bonnets qui se baignent hiver et été, dans leurs propres piscines bien couvertes et climatisées.


Un goutte-à-goutte significatif


Tenez à propos de l'eau, des faits assez révélateurs sont à révéler. Après nous être repus auprès d'une famille bédouine, fêtant pompeusement un mariage, nous sommes invités à nous laver les mains. Un garçon d'à peine cinq printemps, s'est mis à notre service, broc en mains, pou suppléer le robinet qu'on n'y voit jamais...

Le caractère sacré et le culte de l'eau étaient visibles dans chaque geste de l'enfant de service. Qui soumettait les invités à un goutte-à-goutte incroyable, , grimaçant chaque fois qu'une goutte ou le mince fil d'eau, passait à côté des mains savonnées...


Encore une brouille !

Qu'on se débrouille !


D'un autre côté, alors que nous enquêtons sur terrain permettant à la foule rurale de se défouler, des voix s'élèvent du côté d'El Fayedh, à quarante kilomètres de Chérarda (gouvernorat de Sidi Bouzid) pour lancer les SOS et des cris de détresse. Là, de nombreux « fellahs » ayant investi dans les pommes de terre, se sont vu au bout du cycle, récolter des misères. En déterrant de minuscules « balles de ping-pong » non commerciables !

Oui, pour des bonhommes s'étant endettés jusqu'aux cous, il s'agit bien d'un sale coup. Et là, on désigne du doigt les structures de l'Etat, qui ont laissé échapper à leur contrôle des semences avariées.

Ceci étant, qui va maintenant payer les pots cassés et dédommager les agriculteurs touchés.

Quoi qu'il en soit les banques concernées ne sont pas concernées par le sujet. Elles ne demandent qu'à être remboursées. Et c'est aux autres de se débrouiller.

Encore une brouille à ajouter, aux mille à une brouilles à vaincre, par la paysannerie infortunée.


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