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Commerces, immobilier, restauration : effet d'entraînement et système « D »
Sousse, pôle du tourisme maghrébin durant l'été
Publié dans Le Temps le 11 - 08 - 2007

Sousse, grande cité balnéaire et touristique, ville relativement paisible en hiver, se métamorphose complètement en été pour devenir une métropole régionale qui abonde; fourmille et bouillonne.
Sa population passe pratiquement du simple au quadruple , voire plus. Estivants; festivaliers; touristes, toutes nationalités confondues, et concitoyens émigrés qui rentrent au bercail pour passer les vacances estivales parmi les leurs, viennent en masse prendre d'assaut la perle du Sahel.

Un nombre considérable de nos frères et voisins Algériens et Libyens participent massivement, depuis un bon bout de temps, à ce flux grouillant de visiteurs de la belle "Hadrumet ". Ce phénomène prend de plus en plus de l'ampleur et fait désormais partie du décor habituel et régulier de la 3ème grande agglomération du pays. Au fil des années, la colonie maghrébine, à forte représentation algérienne, de la mi-juillet à la mi-août, débarque et pullule dans les artères de la ville et dans les cités banlieusardes voisines. Le mouvement est perceptible. Les voitures, à immatriculation jaune, font table rase et stationnent partout.

La ville bouge
Dès lors,tout entre en ébullition. C'est le remue - ménage indescriptible. De nouvelles activités lucratives voient le jour et fleurissent. Tout est transformé à usage de location. Villas ; maisonnettes; studios; garages ( oui garages ) et immeubles sont fin prêts pour accueillir à bras ouverts et à prix "succulents" les pigeons voyageurs.On se bouscule , on s'ingénie; on se mobilise et on rivalise pour dénicher ces oiseaux rares aux oeufs d'or. Des jeunes, improvisés en agents intermédiaires et bien avisés, se pointent à pareille époque estivale sur les routes périphériques et près des principaux carrefours pour guetter et intercepter la caravane des vacanciers maghrébins chercheurs de toits. Aussitôt identifiés et cueillis les " poissons " fraîchement mordus à l'hameçon sont ramenés à bon port moyennant une commission négociée sur place. La cité Riadh, à trois kilomètres du centre ville et le lieu de prédilection de la colonie algérienne, se pare de ses beaux vêtements pour héberger les nouveaux venus. Les logements destinés à la location sont retapés à neuf. Les locaux sont badigeonnés ; lustrés, lissés et nettoyés. Des meubles d'occasion sont achetés. Des pancartes sont affichées et des numéros de téléphone sont inscrits pour apostropher les demandeurs d'abris temporaires. Tout est permis pour profiter au maximum de cette occasion idéale pour s'offrir la somme d'un loyer si petit soit-il. On loue à la semaine ; à la quinzaine. Un groupe s'en va, un autre débarque. Le coup est rentable. Pour jouer à ce petit jeu, toutes les privations ; toutes les concessions sont permises. Pour faire fructifier le bâtiment possédé, certains vont jusqu'à déserter leurs propres maisons ; leurs chambres à coucher, à habiter chez un proche parent ou chez un généreux voisin et à nicher dans un petit local de fortune pour s'assurer une appréciable rentrée d'argent et pour satisfaire la demande sans cesse croissante des locataires passagers. Cette activité estivale florissante entraîne ainsi de nouvelles habitudes ; de nouveaux réflexes. Entre propriétaires et algériens, tout baigne dans l'huile. Des relations d'amitié naissent ; se tissent et se consolident. Des échanges de visites sont effectués, des mariages bilatéraux sont fêtés.
Parallèlement au secteur du bâtiment, par effet d'entraînement d'autres domaines de la vie économique et sociale prospèrent et profitent pleinement du flux des ressortissants maghrébins. Les grandes surfaces abondent ; les queues se rallongent;tout est liquidé. L'épicier du coin en a lui aussi pour son compte. Restaurants; gargottes; bistrots; cafés; boîtes de nuit ne désemplissent pas. Chacun à sa manière a sa petite part du gâteau.

Les loyers oscillent entre 15 à 60 dinars la nuitée
Comme nous l'avons signalé plus haut, c'est le secteur du bâtiment qui tire essentiellement profit du tourisme maghrébin en Tunisie d'une manière générale et à Sousse en particulier. Les libyens, relativement minoritaires, viennent spécialement pour se faire soigner. L'infrastructure hospitalière, les nombreux spécialistes leur offre la possibilité de consulter plusieurs médecins pour traiter différentes maladies. Plus nantis, ils logent du côté de la Corniche; en plein centre ville; à Khézama Est ou Ouest ou à Sahloul. Dans ces endroits, la nuitée peut aller jusqu'à 60 dinars et même plus. Les locaux sont plus confortables et équipés de climatisation.
Les algériens, majoritaires, cherchent surtout le dépaysement, le divertissement et la villégiature. Ils se rabattent sur la proche banlieue, la cité Riadh en particulier, où les logements destinés à la location, moins confortables mais nettement moins chers. Le loyer varie entre 15 et 35 dinars la nuit. Les immeubles, fréquentés par les jeunes venus en groupe, vont jusqu'à fixer le montant à payer en fonction du nombre de lits occupés.

Les Algériens unanimes: " La Tunisie havre de paix
Actuellement à Sousse, là où l'on se promène, on finit par croiser un frère algérien. Abordé et interrogé sur les raisons du choix de notre pays pour passer son séjour, il vous répond instantanément et allègrement : " Sans la moindre complaisance, en Tunisie, on se sent en sécurité. Tout y est à Sousse pour que la détente et la plaisance en famille se passent dans les meilleures conditions possibles " . Son compatriote intervient pour ajouter: " Certes l'Algérie compte 1200 Km de côtes, mais ici la villégiature en famille est nettement meilleure. On préfère se déplacer que de vivre sous la pression de l'insécurité. Ensuite, il est plus profitable de découvrir un autre pays et de surcroît limitrophe ; de communiquer avec d'autres gens et d'apprécier leurs traditions culinaires en particulier " Un autre nous a rejoint pour apporter son point de vue: " La plupart des Algériens qui choisissent Sousse viennent essentiellement du Centre et du Sud du pays, alors ils font un petit calcul de distance. C'est plus proche de se déplacer ici que de remonter très loin vers le Nord algérien. En plus, Sousse est devenue le carrefour de rencontres des Algériens venus d'horizons divers et surtout de France. Je vais vous dire encore que l'on se sent chez soi. Avec les Tunisiens , nous entretenons d'excellentes relations d'amitié et de cordialité. Personnellement ,je viens à Sousse pour la 6ème fois consécutive. Un élan de fidélité m'unit à votre belle ville et à ses habitants "

Des Tunisiens satisfaits de la présence des Maghrébins parmi nous
Sur ce phénomène , les avis sont partagés. Certains l'apprécient. " Avec les algériens ou autres maghrébins, la ville s'anime , le commerce se fructifie et le bâtiment connaît un essor sans précédent. Tout cela est au profit de notre économie " ,fait remarquer un habitant de la cité Riadh. Un autre va dans le même sens et affirme ouvertement: " Personnellement, j'attends l'été avec impatience pour faire une rentrée supplémentaire d'argent avec les deux studios que j'ai aménagé spécialement à la location pour nos amis algériens ". Un gargotier interrogé sur cette nouvelle habitude, ne cache pas sa satisfaction : " Dieu merci, en été je travaille mieux. Les algériens consomment beaucoup. Je suis obligé de recruter de jeunes apprentis saisonniers pour répondre aux demandes d'une clientèle de plus en plus accrue ".

D'autres sont mécontents
L'afflux de la communauté maghrébine ne semble pas recueillir l'approbation de tout le monde. Certains voient le phénomène du mauvais côté. Une sexagénaire, apparemment insatisfaite, marmonna les propos suivants: " La ville étouffe. Partout c'est l'asphyxie générale. Avec les Algériens l'encombrement a triplé. Un pêle-mêle abracadabrant règne à Sousse. Les jeunes, au volant de leur voitures conduisent comme des fous et assourdissent les oreille s avec leur musique cahotique et leur tintamarre de klaxons ". " C'est pire encore, à Sousse , ville touristique, la vie est de plus en plus cher. En été, les prix flambent. Il faut être matinal pour s'approvisionner en produits alimentaires, sinon tout disparaît des étalages. Les Algériens raflent tout ", ajoute un autre concitoyen pas très enclin à la présence de nos voisins algériens.
Peu importe les opinions sur ce phénomène, le tourisme inter- maghrébin s'implante progressivement. C'est une tradition qui s'ancre dans les esprits. C'est un signe de bon augure pour l'édification du grand Maghreb uni ;solidaire et fraternel.


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