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Une pensée pour Si Ahmed Noureddine
Hommage
Publié dans Le Temps le 17 - 11 - 2012

Nous savons tous que les villes de Sousse et Hammamet sont pionnières en matière d'industrie touristique et hôtelière. Il n'est donc pas surprenant que la Perle du Sahel , grâce à la diversité et la richesse de son histoire vieille de plus de trois mille ans , se soit distinguée par un rôle prépondérant dans l'éclosion du tourisme culturel.
Mais il y a lieu de préciser que ce domaine n'a pas encore atteint sa vitesse de croisière en Tunisie.
Il est impératif, en abordant un tel sujet, d'évoquer et rendre hommage à ceux et celles qui avaient été à l'origine de l'intérêt qu'on a accordé à la culture et au tourisme culturel tout en sauvegardant le patrimoine. C'est dans ce contexte que nous consacrons cet article à Si Ahmed Noureddine qui nous a quittés il y a un peu plus de cinq ans.

Natif de la médina de Sousse, le 22 avril de l'année 1912 , Si Ahmed poursuivit des études primaires à l'école franco-arabe de la porte nord (qui fut inaugurée au 19ème siècle) puis à l'école primaire supérieure (dirigée par le Français Vidal) avant de faire partie de la première promotion d'élèves du collège de Sousse . Il y décrocha son bac en 1933 et partit à Paris pour préparer, à la Sorbonne, une licence de physiques -chimie. Une fois ses études terminées, c'est le retour au bercail en 1939. Il fut alors nommé professeur au collège de Sousse avant d'être muté à Sfax où il enseigna jusqu'à 1945, l'année de son retour définitif à sa ville natale. En tant qu'enseignant, il joignait la compétence à la pédagogie et à la rigueur. C'est en août 1956, après l'indépendance, qu'il eut sa nomination au poste de proviseur du lycée de garçons de Sousse (qui porte actuellement son nom) à la place du français Mattei.

Il devint alors le deuxième proviseur tunisien d'un établissement secondaire, le premier étant Mohamed Attia, (le premier agrégé d'arabe de Tunisie après une bataille de plusieurs années), directeur du collège Sadiki à Tunis.
En 1957, il est élu maire de la ville de Sousse et en 1958, il fut nommé à la tête de la direction de l'enseignement secondaire. Douze mois après, il est choisi par le président Bourguiba pour le poste de Secrétaire d'Etat aux travaux publics et à l'habitat, poste qu'il occupera jusqu'en1969. Au cours de cette décennie, Ahmed Noureddine va être à l'origine de nombreuses réalisations (infrastructure routière, ports aériens et maritimes, transports, construction d'habitats...). Il s'était entouré de nombreux ingénieurs extrêmement compétents à l'instar de Mokhtar Laatiri, Abdelaziz Zenaidi et autre Mongi Goucha.
Les années suivantes de la carrière de Si Ahmed, il les passera en tant que Secrétaire d'Etat à l'éducation nationale avant de représenter la diplomatie tunisienne à Rome puis à Alger. Ses responsabilités officielles prirent fin en 1973.

En tant que maire de Sousse durant quinze ans (de 1957 à 1972), Ahmed Noureddine contribua énormément à la restauration des monuments historiques de la Perle du Sahel . En collaboration avec ses compagnons de route du conseil municipal notamment Hassen Ben Said, Mohamed Laroui, Hamed Karoui ,Tahar Belajouza et autres Mohamed Zaaboub et Hamed Gharbi, il veilla à la sauvegarde et la mise en valeur tout d'abord des monuments islamiques .Il s'agissait surtout de la Grande mosquée, du Ribat, des remparts, de la Kasba avec sa tour "Khalaf El Fata" et de la "Kobba".Tout juste avant, l'église "Notre Dame de Sousse" , que les Français avaient construite entre le Ribat et la Grande Mosquée, fut démolie au début des années soixante. Les cercueils qui existaient dans la crypte de l'église avaient été déplacés .Après accord entre la Tunisie (la mairie de Sousse) , le Quai d'Orsay, l'archevêque de Tunis et le Vatican,les ossements avaient été soit transférés au cimetière chrétien de Sousse soit rapatriés. Il est important de préciser que la restauration des monuments musulmans de Sousse fut exécutée sous la direction du célèbre Alexandre Lésine (1906-1972), l'architecte principal des monuments tunisiens. Outre l'époque antique, Lésine s'intéressa également aux monuments musulmans. Les bibliothèques et facultés tunisiennes détiennent un bon nombre de ses publications dont le fameux "Sousse, les monuments musulmans". Cette pléiade d'hommes passionnés et généreux dans l'effort participa aussi activement à la mise au jour des monuments romains notamment "la maison des banquettes" et "la maison du poète" ainsi qu'à la mise en place du musée archéologique fondé par Louis Foucher (1918-2007). Ce dernier arriva à Sousse à la fin des années quarante pour enseigner le français. Petit à petit, il fut pris de passion pour les mosaiques . Il s'adonna alors au plaisir des fouilles en compagnie de sa femme et ses élèves. Plusieurs années après, il devint docteur en histoire et enseigna à l'université tunisienne. Son mémoire porta le titre de "HADRUMETUM". Il quitta la Tunisie en 1965. En 1984 , à l'occasion du centenaire de la municipalité de Sousse, Louis Foucher reçut le titre de citoyen d'honneur de la ville qu'il avait toujours portée dans son cœur.
Par ailleurs, au début des années soixante, la mairie de Sousse, présidée par Ahmed Noureddine, entama la restructuration du casino qu'elle transforma en théâtre municipal afin de renforcer la présence de l'activité cinématographique à Sousse , cette ville qui avait l'un des meilleurs ciné-clubs de Tunisie avec Hammam Lif , Kairouan ,Tunis et Sfax .
Les services rendus par Ahmed Noureddine à son pays et à sa ville natale ne peuvent être détaillés dans un seul article. Toutefois, nous retenons de lui essentiellement son esprit militant , sa compétence, sa modestie , son extrême affabilité et son sens de l'humour .
Si Ahmed nous quitta dans la soirée du 12 octobre 2007. Paix à son âme.
Hassen


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