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Le gouvernement manque de volonté pour réaliser le consensus
Ahmed Brahim analyse la situation politique nationale :
Publié dans Le Temps le 18 - 11 - 2012

"L'Etat a la responsabilité de la vie de ses prisonniers. Ceux qui nous gouvernent
n'ont aucun sens des Droits humains"
"Avec le Front populaire, commençons par agir ensemble sur les questions essentielles. Le Front électoral viendra après"
"Une forme de relation privilégiée existe entre Al-Massar et le Parti républicain.
Elle doit être mise au service du front le plus large"
"Il y a une tendance chez certains constituants à discutailler trop de détails"
Homme politique, universitaire, syndicaliste tunisien, farouche opposant à Ben Ali, président de la Voie Démocratique et Sociale, plus connue sous le nom Al-Massar, Ahmed Brahim, professeur de français à l'université de Tunis à la retraite, spécialiste de linguistique comparée, se confie au Temps pour nous faire part de son analyse de l'actualité nationale, de la situation politique actuelle tout en avançant des idées pour extirper le pays des sables mouvants.
Le Temps : Que pensez-vous du décès des deux salafistes après une longue grève de la faim ?
Ahmed Brahim : Il est inadmissible que des choses pareilles puissent se passer dans un pays qui construit sa démocratie. Le ministère de la Justice doit assumer ses responsabilités. Des mesures qui auraient dû être prises normalement dans une grève de la faim, n'ont pas été effectuées. Beaucoup de choses sont à revoir dans les conditions de détention dans les prisons. Ces décès nous interpellent tous et en premier lieu le ministère de la Justice. Il n'y a pas de démocratie sans le respect des Droits de l'Homme pour tous et des prisonniers particulièrement. Une enquête sérieuse est à ouvrir. Dans le cas d'une grève de la faim, une équipe médicale devrait être mobilisée 24H/24. L'Etat a la responsabilité de la vie de ses prisonniers. Ceux qui nous gouvernent n'ont aucun sens des Droits humains.
Comment jugez-vous la situation politique générale dans le pays ?
Il y a objectivement une nécessité pour tous, pour qu'un consensus se réalise pour la deuxième période transitoire. Ce consensus est possible. Y a-t-il suffisamment de volonté politique de la part du Gouvernement pour s'engager dans ce sens ? Je n'en suis pas sûr. Lorsqu'on voit la réaction de certains élus d'Ennahdha, il y a lieu de quoi se poser sérieusement une question sur un désir réel de parvenir à un consensus. Accuser l'opposition de la responsabilité de la mort du jeune Béchir Kolli, relève de l'indécence. C'est une polémique de bas niveau. Il y a un déphasage entre ce qu'a dit Ameur Laârayedh et ce que le chef du groupe d'Ennahdha, Sahbi Atig a déclaré.
L'état d'avancement du débat sur l'Instance Supérieure Indépendante des Elections (ISIE), n'est-il pas trop lent ? Le consensus est-il possible ?
Il y a des signes prometteurs à propos du consensus. Toutefois, il faut attendre le moment de composition de la Haute Instance, pour savoir ce qu'il adviendra du consensus à réaliser. Ce qui est désolant, c'est la lenteur qui caractérise les débats. Il y a une tendance chez certains constituants à discutailler trop de détails. En une semaine, nous n'avons pas encore discuté le 5ème article. Il y a la loi de Finances à discuter, ainsi que d'autres lois. Tout est question de volonté politique.
Etes-vous optimiste ?
Nous nous forçons de l'être. Les citoyens attendent des solutions à leurs problèmes qui ont atteint un niveau sans précédent. On peut exiger de ceux qui sont au pouvoir d'être conscients de ces problèmes. On perçoit trop de soucis étroitement partisans. Il y a des problèmes de transparence. A propos des criquets voyageurs et du gaz de shiste, le gouvernement ne veut pas se prononcer, un silence inquiétant. Demain lundi, aura lieu une réunion avec l'Union européenne pour le statut de partenaire avancé. L'opinion publique est ignorée. C'est le mépris de l'opinion publique qui caractérise le travail du Gouvernement. Dans plusieurs questions importantes, il y a une tendance trop dangereuse à tout vouloir régler seul. Même au niveau du Gouvernement, je doute fort que tous ses membres soient mis au courant de tout.
Que pensez-vous de la cabale contre Kamel Jendoubi ?
En vérité, c'est une cabale montée contre tout le monde. Ce droit que s'arrogent certains avocats pour attaquer les personnes est malsain et de mauvais goût pour le débat. Il y a une volonté de salir sa réputation. C'est inadmissible. Chaque fois qu'une personnalité comme Kamel Jendoubi ou une autre est pressentie pour une responsabilité, on ne doit pas laisser faire des campagnes. C'est une atmosphère nuisible.
Dans le débat sur la Constitution, on reprend les discussions sur le régime politique. Les choses ne semblent pas avancer. Est-ce raisonnable ?
Là aussi, le débat est mal conduit. Il y a eu une avancée sur le régime politique. La répartition des prérogatives peut être discutée. Elire un président et lui amputer ses prérogatives, ce n'est pas sérieux. Nous surmonterons ce problème. Le plus important est qu'il y a d'autres détails graves comme la volonté manifeste d'insérer la Chariâa dans d'autres articles à part l'article 1er de la Constitution. Reste la question du temps. Nous n'avançons pas avec le rythme qu'il faut. Il y a un manque de sérieux. On commence par discuter le préambule de la Constitution et puis on tourne la page et on recommence. Il faut un débat à l'échelle nationale, chose que refusent Ennahdha et le Congrès pour la République (CPR). Il faut un calendrier. Il y a un manque de sérieux évident.
Comment sortir de la crise ?
Il faut revenir à l'initiative de l'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) pour arriver à un consensus. On ne peut pas prétendre au dialogue et maintenir l'exclusion contre certains. Il ne faut pas se contenter d'arrangements à l'intérieur de la Troïka. On n'est pas conscient des nécessités qu'impose l'étape. Il faut une table ronde pour résoudre les problèmes. Malheureusement la volonté politique n'est pas suffisante.
Où en est-on avec le rapprochement entre Al-Massar, le Parti républicain et Nida Tounès ?
Il faut tout de suite établir une plate-forme pour une alliance entre tous les partis attachés aux valeurs républicaines. Le temps passe et il faut accélérer les choses. Une forme de relation privilégiée existe entre Al-Massar et le Parti républicain. Elle doit être mise au service du front le plus large.
Le Front populaire est-il concerné par ce rapprochement ?
A Al-Massar, nous avons des discussions avec nos amis du Front populaire. Sur des questions fondamentales, il y a des convergences réelles. Commençons par agir ensemble sur les questions essentielles. Le front électoral viendra après.


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