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Ces élèves du «bout du monde»
Lutte contre la précarité
Publié dans Le Temps le 22 - 12 - 2012

En attendant que les grands projets économiques promis soient réalisés, les micro-financements et certaines fonctions seraient un palliatif immédiat, peut-être insuffisant, mais réel, aux taux de pauvreté très importants dans les régions défavorisées ?
Qui n'a pas été ému en croisant ces groupes de (très) jeunes gamins, souvent habillés de vêtements inadaptés :
des « kachabias » éliminées, taillées manifestement dans une précédente ayant appartenu à un aïeul, pressant le pas sur les routes de montagne, vers Makthar, Thala, Kasserine, en plein hiver ? Les grains de glace du grésil, poussés par les rafales de vent, fouettent les glaces du véhicule climatisé – même les sièges sont chauffés ! – dans lequel on circule.
Ne serait-il pas possible d'organiser, à l'échelon du « canton », un ramassage scolaire, à base de minibus appartenant à une « société » ? Il en faudrait des milliers avec un chauffeur et un « accompagnateur » par bus, combien de chômeurs auraient ainsi un emploi ?
Utopique, trop cher, nous dira-t-on. Combien rapporterait une augmentation des prix des tabacs et des boissons alcoolisées nuisibles pour la santé ? Chaque famille pourrait payer, pour le principe, une somme modique : le prix d'un paquet de cigarettes, par exemple.
Souvent ces gamins portent un petit récipient métallique contenant leur prochain et seul repas de la journée. Ils mangeront accroupis à l'abri d'un mur ou d'un auvent, des aliments froids qui ne feront guère de bien à ces enfants en pleine croissance.
Ne pourrait-on pas organiser des cantines scolaires ? Des mères de famille, connaissant parfaitement leur métier, tiendraient des établissements modestes mais chauffés, aérés, propres, dotés de toilettes et d'eau courante dans lesquels les enfants mangeraient une nourriture familiale, préparée par ces « mamans ».
Même si chaque repas coûtait entre 5 et 10 Dt, ce ne serait pas trop cher pour que des enfants – l'avenir du pays ! – soient nourris correctement.
Combien rapporteraient 0,5% ou 1% d'augmentation sur les taxes de circulation payées par les véhicules de tourisme de plus de 2,5 l cylindrée : pollueurs, grands consommateurs d'énergie et non rentables puisque leur valeur diminue au fil du temps ? Les voyages d'agrément à l'Etranger pourraient-ils être taxés un (tout petit) peu plus ainsi que les demeures dont la valeur estimée est supérieure à x milliers de dinars ? Que rapporte la « redevance télé » actuellement largement remplacée par les revenus publicitaires ?
A raison de deux ou trois dames par cantine, combien de postes de travail seraient créés ? Et pourquoi ne pas en doter tout le pays ? Combien d'animateurs de « Maison des Jeunes » seraient à former pour encadrer une jeunesse en quête de « repères » ?
Les familles ensuite
400 ans après sa mort, les Français se souviennent du roi Henri IV ... parce qu'il a voulu que chaque famille ait « une poule au pot chaque semaine ».
Un « organisme » pourrait-il essayer de réaliser pour chaque famille rurale nécessiteuse quelque chose qu'on appellerait un « poulailler familial » ? Bien étudié et standardisé, il comprendrait quelques poutres de bois ou de fer et quelques mètres de grillage. On y mettrait quelques volailles et peut-être des pintades appelées « Meleagris numida » : elles sont autochtones et délicieuses. Le champion de la productivité est incontestablement le lapin. Une femelle, auraient une descendance de 30 à 35 lapereaux par an. Les petits sont adultes et commencent à se reproduire 2 mois après leur naissance ! Sachant qu'un mâle convient pour 6 à 7 femelles qui auraient seulement 15 descendants par an. L'éleveur disposerait de 90 à 105 lapin / an. S'il en mangeait un par semaine et qu'il en garde 7 pour son élevage, il lui en resterait encore une trentaine à vendre qui lui rapporteront entre 250 et 300 Dt / an !
Un poulailler par famille rurale nécessiteuse semble être une dépense pharaonique. Mais combien coûtera l'aide gouvernementale à ces familles ? Ne vaut-il pas mieux apprendre à pêcher à quelqu'un plutôt que de lui donner des poissons ? Combien rapporteraient un ou deux points de T.V.A. supplémentaires sur tous les cosmétiques, produits de beauté et « parapharmaceutiques » importés à grands frais et pas vraiment nécessaires ?
Combien d'artisans et d'artisanes pourraient subvenir aux besoins de leur famille si on leur procurait d'abord ce dont ils ont besoin pour démarrer leur production : un métier à tisser, un four à céramique, un tour à bois, etc. ... Ensuite, il faudrait certainement les « accompagner », leur fournir, au moins, des points de vente et peut-être un perfectionnement technique.
Et l'environnement
Nous avons lu dans la presse locale qu'un tour-opérateur étranger avait décidé de ne pas envoyer des dizaines de milliers de touristes dans une ville, contrairement à son habitude, parce qu'elle lui avait paru parsemée d'ordures.
Combien de postes de travail seraient créés si les ordures ménagères étaient ramassées dans chaque agglomération, si petite soit-elle, rassemblée à l'échelon du « canton » et recyclées ou détruites à l'échelon de la région ? A chaque pluie, les germes pathogènes, les métaux lourds, les huiles de vidange et autres déchets toxiques ou pollueurs pour des siècles, s'écoulent de ruisseaux en oueds, s'accumulent dans les retenues des barrages qui fournissent l'eau potable ou s'infiltrent dans les nappes dans lesquelles on puisera les « eaux minérales en bouteille », irréprochables, d'après les consommateurs !
Quand la santé publique et l'environnement sont menacés, peut-on dire : « ça coûterait trop cher ! » ?
On est aussi en droit de se demander comment font les grandes sociétés de collecte des déchets – qui ne sont pas entreprises philanthropiques ! – pour gagner de l'argent. Ne devrait-on pas exiger, au départ, que les producteurs évitent de multiplier les emballages polluants ? Une tranche de viande ou une cuisse de poulet nécessite-t-elle une barquette et un film en plastique : deux polluants ? Faut-il une « dosette » contenue dans une boite pour avoir une cuillerée de café en poudre ? Les packs de ... bouteilles, de boites et autres se multiplient. D'autre part, est-il inutile de demander un peu de civisme aux citoyens qui tapissent le pays et le fond de la mer de leurs déchets qui y resteront durant des siècles ?
Il y aurait encore bien d'autres pistes à suivre telles que la cueillette et la commercialisation des plantes comestibles : thym, romarin, fenouil, etc., la distillation des plantes aromatiques et surtout leur transformation, dans le pays, en produits finis, à haute valeur ajoutée : savon, parfums, etc. ...
Qu'est-ce que les européens font de l'huile qu'ils extraient des zgougous, de l'essence de myrte, de « Nesri », de l'eau de rose, des essences de thym, de romarin et d'eucalyptus qu'ils viennent acheter ici ?
La «Haute couture » ne se fabrique pas en usine, pourtant, elle se vend bien ! Le « repas à la française », classé au patrimoine mondial, ne sort d'aucun « combinat », cependant, c'est indéniablement un atout touristique, mis en pratique par d'innombrables « petites mains » ! Les cuirs de Cordoue, les aciers de Tolède, les lames « damasquinées », les « mousselines » de Mossoul n'étaient pas produits par des usines, cependant on s'en souvient encore.
Nous pensons que, tout comme certaines fonctions nécessaires : le ramassage des élèves, les cantines scolaires, les animateurs sportifs et culturels par exemple, l'artisanat peut non seulement fournir du travail et des revenus mais aussi faire éclore des talents dont le pays se glorifiera.


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