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68% des mosquées du Grand Tunis échappent au contrôle du ministère des Affaires religieuses
Sonnette d'alarme dans les lieux de culte
Publié dans Le Temps le 15 - 06 - 2013

• Dans 76% des mosquées les Imams prédicateurs n'ont pas le baccalauréat
Bon nombre de Tunisiens qui fréquentaient assidument les mosquées, deviennent peu enclins à accomplir leurs prières en groupe « joumâa ».
Les discours tenus radicaux teintés de haine les effarouchent et les poussent à prendre leurs distances vis-à-vis d'un langage mêlé d'extrémisme et de diktat. Après la Révolution nombreux mosquées ont connu des mouvements de destitution d'Imam prédicateurs. Une étude réalisée par l'Observatoire national ILEF, dirigé par Me Dhahri et reprise, hier par Chourouk, pour la protection du consommateur et du contribuable sur une période de 5 mois couvrant 987 mosquées et lieux de prière a révélé des conclusions fortes inquiétantes.
Première conclusion : 68% des mosquées et lieux de prière dans le Grand Tunis agissent en autonomie hors de contrôle du ministère des Affaires religieuses. 8% seulement de ces mosquées ont vu leurs Imams remplacés par d'autres avec des décisions administratives en bonne et due forme. 52% ont été délogés par la contrainte des adeptes de coutants religieux rigoristes et extrémistes. Même le niveau scolaire de ces Imam est inquiétant parce qu'élémentaire. L'étude a montré que 76% des mosquées et lieux de prière du Grand Tunis, ont des Imams prédicateurs du vendredi qui n'ont même pas le baccalauréat. 21% ont une maîtrise de l'enseignement supérieur dans différentes spécialités.
Qu'en est-il des discours ?
38% des mosquées et lieux de prière du Grand Tunis, diffusent des discours politiques endoctrinés et faisant monter les prieurs contre l'opposition. 44% de ces mosquées servent de lieux de rassemblement pour les adeptes des courants religieux rigoristes. Ils y procèdent à la mobilisation de sympathisants. Des actions sociales caritatives y sont menées. Parfois les mosquées sont utilisées pour y passer la nuit. Les clivages idéologiques entre ceux qui fréquentent les mosquées et le temps prolongé qu'on y passe sont à l'origine de plusieurs altercations. L'espace religieux s'est transformé en lieux de clivages et de tiraillements politiques entre adeptes de différents courants.
Par ailleurs, 19% des mosquées du Grand Tunis manquent d'appareils sonores adéquats pour l'appel à la prière. Pis, encore 23% des mosquées déplorent un flagrant manque d'hygiène et d'aération, en dépit du caractère sacré de ces lieux de culte.
Noureddine Khadémi, ministre des Affaires religieuses, a déclaré à plusieurs reprises que le nombre des mosquées qui échappaient au contrôle de son ministère s'élevait à plus de 1000 après la Révolution. Aujourd'hui, il n'en reste plus qu'une centaine sur un nombre total de mosquées et lieux de prière s'élevant à 5000. Il faut du temps pour contrôler toutes les mosquées. « Toute proposition de placer un Imam prédicateur peut être étudiée. Il suffit qu'il réponde à des critères scientifiques, qu'il dispose de qualités oratoires et pédagogiques et qu'il ne soit pas rejeté par les citoyens», disait-il.
Vu la multiplication des discours haineux à l'intérieur des mosquées, une association a été créée pour la défense de la neutralité de l'administration et des lieux de culte. Elle est présidée par Salah Zghidi qui rappelle que pour la plupart des actes de violence qui sont perpétrés dans le pays depuis l'assassinat après lynchage de Lotfi Naguedh à Tataouine et l'assassinat de Chokri Belaïd, en passant par les agressions des Ligues de protection de la Révolution trouvaient leur origine dans des discours haineux tenus dans les mosquées. Les mosquées, lieux de piété et de méditation se sont transformées en des lieux d'appel à l'affrontement et à l'assassinat.
Sur la centaine de mosquées qui échappent à tout contrôle, il y a une vingtaine composée de grandes mosquées. En plus le discours haineux des prédicateurs tunisiens dans les mosquées est relayé par d'intrus prédicateurs wahhabites venant de l'étranger. L'un d'eux pousse l'ignorance jusqu'à dire que la femme ne doit pas conduire une voiture.
Par ailleurs, peut-on combattre efficacement le terrorisme en laissant imposer les auteurs de discours haineux dans les mosquées ?
Samir Taïeb, porte-parole d'Al Massar, avait déclaré que certaines mosquées en Tunisie sont des terreaux pour véhiculer des messages de haine et de terrorisme, en citant à titre d'exemple, les mosquées El Feth à Tunis, à Ezzahra ou à Zarzouna. Le porte-parole d'Ansar Chariâa n'a-t-il pas organisé sa fameuse conférence de presse annonçant le maintien de la tenue du congrès de son mouvement à Kairouan, dans une mosquée à la cité El Kadhra à Tunis ?
En attendant les prochaines élections, les pouvoirs publics vont-ils agir vigoureusement pour imposer la neutralité des lieux de culte ?
Attendons de voir.


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