Aujourd'hui à l'ARP: Une plénière consacrée au projet de loi sur les bâtiments menacés d'effondrement    Sénégal : Une croissance économique projetée à plus de 10% en 2025, selon le FMI    Le président du Chypre réagit aux menaces de Hassan Nasrallah    Foot mondial : sur quelles chaines suivre les matches du jeudi 20 juin ?    Météo de ce jeudi    Khémais Khayati, Abir Moussi, Ras Jedir ... Les 5 infos de la journée    3ème coupe de Tunisie de golf des jeunes : AGH a remporté le 3ème sacre en Brut par équipes et l'AGK remporte le titre en Net    Conseil des ministres : approbation de nouveaux accords cruciaux    Quel serait l'arsenal militaire de Hezbollah ?    Tunisie – Envoi de jihadistes aux foyers de tension : Mandats de dépôt à l'encontre de responsables de certaines ONG's    Objectifs de Développement Durable en Tunisie : Bilan de 2023 et perspectives    Création d'une zone SAR tunisienne    Ons Jabeur qualifiée aux huitièmes de finale du tournoi de Berlin    Protection des mineurs : TikTok visé par la Justice américain    Canada : Une étude stupéfiante sur la pauvreté, elle frappe 25% de la population    Ahlem Bel Hadj Ammar Belkhiria à la tête de la chambre Tuniso-Suisse    Didier Deschamps annonce une intervention chirurgicale pour Mbappé    Khémais Khayati, un grand qui s'en va…    COMAR Assurances obtient le prix de L'INITIATIVE PROMETTEUSE RSE -SECTEUR DE L'ASSURANCE- 2024″    Université d'Avila et Université de Carthage (Tunisie) Collaborer à travers le monde pour lancer un nouveau camp d'été sur l'innovation    La Thaïlande, premier pays de l'Asie du Sud-Est à légaliser le mariage homosexuel    Nabeul: Saisie de 532 plants de marijuana à Menzel Temime    Complot contre la sûreté de l'Etat : Rached Ghannouchi et 11 autres accusés renvoyés en justice    En photos : cérémonie d'hommage à Khémais Khayati au siège du SNJT    Anouar Brahem, l'illustre musicien Tunisien, attendu au théâtre romain de Dougga pour un concert exceptionnel    Réduction du déficit commercial de 20,8% à fin mai 2024    L'été 2024 s'annonce plus chaud que la normale    Laurent Franciosi, représentant de la Caisse des Dépôts et des Prêts italienne : "Il est de notre devoir de travailler main dans la main avec la Tunisie pour une prospérité commune"    Patrimoine du palais Ennejma Ezzahra : valorisation à travers le projet Plateforme Vénus    Nabil Ammar s'entretient avec son homologue portugais    Eco monde    Hajj 2024 : 550 pèlerins décèdent, dont 35 Tunisiens    CONDOLEANCES    Netanyahu, naufrage en vue    Concours d'accès aux collèges pilotes : Demain, la sixième    Exposition de Hamda Saidi à la Galerie Alexandre-Roubtzoff, du 8 au 29 juin 2024 : Quand l'art réinvente le quotidien    Natation – Réfection de la piscine d'El Menzah : Une obligation urgente    Un agent de la santé publique décède suite à des violences dans un hôpital    Ligue 1 – Play off – Dernière journée : Deux places, trois candidats !    Conect: L'industrie cinématographique en débat    Météo : Températures jusqu'à 45 degrés avec apparition de sirocco    Kais Saied prioritise l'intégrité dans les nominations bancaires    Hajj: L'Arabie saoudite met en garde contre un pic de chaleur    Khemais Khayati, le grand journaliste et critique tunisien tire sa révérence    Ons Jabeur ne sera pas présente aux JO Paris 2024, pourquoi?    Après Microsoft, Bill Gates veut révolutionner le nucléaire    L'écrivaine Marie Nimier à La Presse : «Je voulais créer une œuvre qu'on lit avec plaisir»    Le youtubeur américain Doug Barnard découvre l'amphithéâtre d'El Jem    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



En une année, le nombre de jihadistes s'est multiplié par quatre
Phénomène récurrent
Publié dans Le Temps le 07 - 08 - 2013

Dans une interview qu'il nous a accordée, il y a quelques mois (voir Le Temps du 24 mai), le professeur Alaya Allani, spécialiste des mouvements islamistes,
nous a fait savoir que les Salafistes réformistes étaient évalués autour de 8 000 individus engagés dans le mouvement et de quelques dizaines de milliers de sympathisants évalués entre 30 000 et 40 000 et que le nombre des Salafistes jihadistes, principalement ceux de la mouvance « Ansar Charia » était entre 3000 et 4 000 individus. Alors que, selon un rapport officiel, ils n'étaient que 800 il y avait une année. Donc, le nombre des Jihadistes s'est multiplié par quatre en raison de la fragilité sécuritaire.
Affinités
Cette augmentation s'explique, principalement, par le fait que le parti Ennahdha ait laissé le contrôle de dizaines de mosquées entre les mains des Salafistes jihadistes qui appartiennent aux cellules dormantes d'Al-Qaïda, précisément à la « quatiba » (groupe armé) appelé « Okba Ibn Nafaâ » qui ont des relations avec certains partisans de « Ansar Charia ».
Selon le spécialiste, la connexion entre les Jihadistes et Ennahdha est établie, d'après les chercheurs, à travers la branche salafiste du parti Ennahdha, animé par Sadok Chourou et Habib Ellouze. Ce sont eux qui dirigent les négociations avec les Jihadistes d'Abou Yadh. Selon des analystes, le mouvement Ennahda, dont la moitié de la base est proche de la pensée salafiste, croit que la carte des Salafistes peut servir à renforcer son potentiel électoral. C'est pourquoi il se montre très indulgent à leur égard et leur accorde tous les avantages possibles même quand la conjoncture ne le permet pas. Rappelons à ce propos que pendant les opérations de poursuite contre les terroristes au Mont Chaâmbi, le parti Ennahda accueille chaleureusement le prêcheur salafiste Mohamed Hassène, connu pour ses fatwas hostiles à la modernité et surtout aux droits de la femme, et l'autorise à tenir un discours dans un meeting, le 4 mai 2013, regroupant près de 20 000 personnes au bord de la mer de Hammamet, ce qui donne un coup fatal au tourisme qui connaît, déjà, d'énormes difficultés.
Les ingrédients du terrorisme
Toujours d'après M Allani, le renforcement des activités terroristes est dû à des facteurs aussi bien internes qu'externes. Pour ces derniers, on peut citer les retombées de la guerre du Mali. Les Jihadistes repoussés du nord de Mali s'orientaient vers le Niger et vers quelques pays du Maghreb, notamment, la Libye qui connaît une fragilité sécuritaire aiguë. D'ailleurs, les premières enquêtes policières parlent des Jihadistes d'Al Qaeda, Aqmi, d'origine tunisienne et algérienne arrivés à Chaâmbi à travers la Libye où la fragilité sécuritaire ne cesse de s'accentuer surtout après la promulgation, le 5 mai 2013, de la loi de l'exclusion politique. Pour ce qui est des facteurs internes, il y a lieu de citer, tout d'abord, le faible rendement gouvernemental sur le plan socioéconomique et l'absence d'une stratégie religieuse basée sur le patrimoine religieux local, connu pour sa modération et sa tolérance, ce qui a permis la diffusion des approches de l'Islam radical importé par les Arabes afghans. Il y a ensuite l'extension des activités Salafistes, à travers la création de plusieurs écoles coraniques et jardins d'enfants dirigés par eux échappant à tout contrôle de la part des autorités, l'organisation de stages de formation, en Tunisie, pour former des cadres salafistes, assurée par des associations religieuses privées saoudiennes et kuwaïtiennes, et l'absence d'une feuille de route concernant la date finale des élections, ce qui alimente la tension politique. Donc, cette violence excessive que connaît notre pays est due, essentiellement, à l'absence d'une stratégie culturelle concernant la modernité et le mode de vie sociétal. L'activité intensifiée des Jihadistes, en Tunisie, pourrait s'inscrire dans le cadre de la préparation de l'après élection, ils veulent s'imposer en tant qu'acteurs politiques essentiels sur la scène publique dans la prochaine phase.
Le triangle de la mort
Selon les Jihadistes d'Aqmi, la coordination se fait avec la région tunisienne de Kasserine, où les cellules d'Al Qaeda se sont installées récemment, et la région algérienne Tebessa – Skikda, où cette dernière a créé, depuis des années, des cellules d'activité. Pour les Jihadistes libyens, ils fournissent les armes et les camps d'entraînement. Ce triangle jihadiste peut se renforcer si la fragilité sécuritaire persiste dans les pays du Maghreb, un scénario qui reste tout à fait possible d'autant plus que la stabilité en Libye n'est pas pour demain, ce qui oblige la Tunisie et l'Algérie à coopérer davantage sur le plan sécuritaire. Une stratégie maghrébine antiterroriste s'impose à la lumière des transformations régionales.
M Allani pense que les Jihadistes ne pourront pas remporter une victoire dans notre pays et que l'approche de religiosité que réclament « Ansar Charia » ne connaîtra jamais de succès, car la société tunisienne est attachée à un Islam modéré. Par conséquent, le déclin de Salafistes jihadistes reste très possible surtout avec les transformations régionales que nous vivons actuellement. Il rappelle que la propagation de ce courant, dans notre société, est limitée et, historiquement, la Tunisie a refusé l'implantation du Wahabisme au début du 19ème siècle, précisément, en 1803 ; il est difficile qu'elle accepte un courant qui se situe à droite du Salafisme réformiste.
Le rôle de l'Europe
Le spécialiste des mouvements islamistes est pour une assistance européenne en matière de sécurité pour faire face à ce terrorisme galopant et justifie ce choix par des raisons géostratégiques évidentes. Il est persuadé que l'Europe est concernée par la stabilité et la sécurité des pays du Maghreb et qu'elle est consciente de la nature de la période de transition que traversent ces pays. La nature d'aide devrait être diversifiée, sur ce plan, par la fourniture de quelques équipements, la formation de cadres sécuritaires et militaires et la collaboration étroite entre les services de renseignement Euro- Maghrébine pour combattre le terrorisme et la criminalité organisée. L'Europe devrait, aussi, développer sa coopération avec notre pays au niveau économique par le renforcement des investissements étrangers. Dans ce cadre, il pense que la Tunisie peut profiter de son statut en tant que membre privilégié de l'Union Européenne pour attirer des capitaux. L'appel à d'autres investissements américains et asiatiques peut, également, aider à débloquer la crise économique et financière. Cette coopération devrait s'établir, également, sur le plan politique, par la création d'ateliers qui traitent des réformes dans ce domaine touchant, entre autres, à la bonne gouvernance, l'instauration d'un Etat de droit et la sauvegarde des acquis de la femme. M Allani croit qu'un tel programme d'aide réduira au maximum les risques du fanatisme et du terrorisme qui trouvent dans l'état actuel des choses un terrain fertile pour s'installer et s'épanouir.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.