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Par rapport à 2011, les Tunisiens ont politiquement mûri
Publié dans Le Temps le 03 - 09 - 2014

Moins de 60 jours nous séparent des prochaines élections législatives en Tunisie. C'est dans un climat tendu et empli d'incertitudes que le peuple tunisien sera appelé aux urnes en octobre prochain pour décider de son destin et choisir ses nouveaux représentants à l'Assemblée nationale Constituante. Une deuxième chance pour certains de se rattraper après la débâcle de 2011. Une occasion en or pour d'autres pour asseoir leur pouvoir et revenir en grandes pompes au devant de la scène politique, au nom de la légitimité qu'ils chérissent tant et qu'ils avaient peu à peu perdue au fil des catastrophes qui se sont abattues sur notre pays depuis trois ans. Maintenant que les inscriptions sont terminées, la grande question qui taraude politiciens, journalistes et citoyens eux-mêmes: Pour qui voteront les tunisiens ?
Le 26 octobre prochain, 5 millions 236 mille 244 électeurs inscrits se rendront dans les différents bureaux de vote pour choisir leurs députés. On recense en tout 1500 listes candidates aux élections législatives, dont 441 indépendantes, contre plus de 1800 en 2011. Le nombre global de candidats n'en reste pas moins impressionnant. On en compte 15.652 répartis sur 33 circonscriptions. Si certains sont parfaitement rodés au jeu politique, d'autres sont d'illustres inconnus qui feront, s'ils sont élus, leurs premiers pas dans ce monde qu'on dit impitoyable. Mais qui aura les faveurs des Tunisiens à l'issue du scrutin ? Selon les derniers sondages de juillet, deux partis caracolent en tête, à savoir Nidaa Tounes et Ennahdha. Oui, mais encore ? Faut-il rappeler que les élections de 2011 nous avaient réservé leur lot de surprises avec l'obtention de bon nombre de sièges à l'assemblée nationale constituante par des partis totalement absents des sondages de l'époque ? Mais à l'évidence, la situation a bien changé depuis. Le contexte politico-économique et le paysage social sont tout autres. Pendant ces trois longues années, les électeurs ont pu jauger les politiciens de tous bords, écouter leurs discours, vérifier la tenue ou non de leurs promesses électorales, observer leurs réactions en situation de crise et juger leurs prises de position lors des votes cruciaux. Mais surtout, les électeurs ont compris le processus électoral mis en place et saisi les règles du jeu. S'il était vulnérable car politiquement immature lors des dernières élections, le peuple tunisien est désormais conscient des enjeux et son vote sera, pour la première fois de son histoire, un vote réfléchi, assumé et décisif. A condition toutefois que l'argent politique ne s'en mêle pas...
Vote utile ou vote intelligent ?
Aujourd'hui, la Tunisie est à un tournant décisif de son histoire. Tous les yeux sont rivés sur ce petit pays méditerranéen dont la position géopolitique est plus que stratégique. Tout dépendra de l'issue des votes. Soit le pays opte pour la pluralité politique et s'engage sur le vrai chemin de la démocratie, soit il s'enlisera indéniablement vers la dictature du parti unique et de la pensée unique. C'est pourquoi, des voix ne cessent de s'élever pour prévenir de cette menace. Il faut voter utile nous dit-on. Ce vote, appelé aux Etats-Unis « tactical voting », consiste à élire, non pas le meilleur parti mais qui n'a que peu de chances de remporter les élections, mais plutôt le « moins mauvais » dont on partage quand même certaines affinités politiques et dont les chances sont plus importantes en termes de votes. Cette tactique électorale est utilisée dans les systèmes politiques bipartisans. Elle sert surtout à rééquilibrer la donne et à éviter la dominance exclusive et autocratique d'un seul parti. Si de nombreux électeurs tunisiens, appartenant en majorité au courant progressiste, semblent séduits par le vote utile, d'autres sont plus sceptiques. Et si une alliance entre les deux partis donnés favoris se préparait en coulisses ? A ceux qui redoutent cette option, Amira Yahyaoui, Présidente de l'association Al Bawsala, offre une deuxième alternative: le vote intelligent. Il y a quelques jours, elle écrivait sur les réseaux sociaux: « Si j'ai un conseil à donner à ceux qui comptent aller voter, c'est d'essayer autant que possible de laisser le choix du parti politique en deuxième lieu et de se baser surtout sur le choix du candidat. Tous ces partis que vous voyez vont se décomposer, se recomposer et certains vont même disparaître. Alors, oubliez la macro-élection et regardez les têtes de listes. [...]Regardez leurs parcours, leurs positions et oubliez le nom du parti. » Avec son équipe, Amira Yahyaoui n'a cessé, pendant ces trois années, de couvrir l'actualité de l'assemblée constituante et des députés. Elle est au fait de tous les détails, même les mieux gardés. Son conseil, fruit d'une expérience riche et solide au sein de l'ANC, ne peut donc être que précieux. En témoigne par exemple le parcours du député Dhamir Manaï. élu CPR qui s'est rallié par la suite à Nidaa Tounes pour en démissionner quelques temps après pour se présenter aux législatives à Jendouba via une liste indépendante. Abdelaziz Kotti, Karima Sioud, Fatma Gharbi ou encore les députés d'El Aridha Chabeya sont autant d'autres exemples.
De l'importance du vote
Quelle que sera l'issue du scrutin, il est important aujourd'hui de s'assurer de la tenue des élections législatives et présidentielles à temps et ce n'est pas une mince affaire ! Le chemin est semé d'embûches et les ennemis de la démocratie sont nombreux. Quant aux citoyens, ils n'en pouvaient plus de cette situation chaotique où chaque jour leur apportait son lot de peines et de catastrophes: augmentations de prix, assassinats politiques, attentats terroristes, grèves anarchiques, feux d'artifices nocturnes répétitifs, coupure générale d'électricité... Tous sont à bout de nerfs face à ce provisoire qui dure depuis trois ans déjà et à cette anarchie qui menace sérieusement leurs acquis. C'est pourquoi ils aspirent aujourd'hui à une autre forme de démocratie, une démocratie responsable où tous les citoyens, gouvernants et gouvernés, seraient égaux en droits mais aussi en devoirs. Tous aux urnes le 26 octobre prochain et que la Tunisie en sorte la grande gagnante !


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