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Hamma Hammami revendique son «islamité»... Marx et Lénine au placard
Publié dans Le Temps le 09 - 11 - 2014

Les résultats de la gauche lors des élections législatives du 26 octobre ont été globalement décevants. Plusieurs partis historiques de gauche se sont pris une raclée. Ainsi, le Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL/ ou Ettakatol), qui a creusé son sillon dans le centre-gauche depuis a création par Mustapha Ben Jaâfer en 1994, a été complètement laminé. Ce parti membre de l'Internationale socialiste, qui disposait de 20 élus au sein de l'Assemblée nationale constituante (ANC) issue des élections du 23 octobre 2011, n'a remporté aucun siège lors des dernières législatives.
Al Joumhouri (le Parti Républicain ou l'ex Parti démocratique et progressiste) ne compte qu'un siège au sein du futur parlement contre 16 sièges au sein de l'ANC.
Al-Massar, l'héritier du mouvement Ettajdid et du Parti Communiste Tunisien (PCT), qui avait 5 sièges à l'ANC, les a tous perdus.
La seule éclaircie dans cette grisaille qui a plané sur la gauche est le Front populaire dirigé par Hamma Hammami, arrivé quatrième avec 15 représentants au sein du prochain parlement, ce qui lui permettra pour la première fois de former un groupe parlementaire.
Le relatif succès de cette coalition née du regroupement en 2012 d'une dizaine de partis de gauche autour du Parti des travailleurs (PCOT), qui espéraient ainsi faire émerger un troisième pôle susceptible de briser la bipolarisation entre la droite religieuse représentée par le mouvement Ennahdha et la droite moderniste représentée par le mouvement Nidaâ Tounes, incite certains experts à penser que la gauche pourrait représenter une alternative sérieuse à l'avenir moyennant quelques réaménagements.
«Les idées de gauche sont loin d'avoir disparu du paysage idéologique, politique ou culturel. La gauche tunisienne dispose d'un capital de sympathie qui va au-delà des ses scores électoraux. Elle dispose encore d'importants ressorts. L'éclatante victoire à Sidi Bouzid de M'barka Brahmi, la veuve d'un dirigeant de gauche assassiné, en témoigne. C'est une figure encore peu connue du grand public, un mélange détonnant de patriotisme, d'appui indéfectible aux revendications sociales, de piété contenue», souligne Hédi Sraïeb, économiste conseil en stratégie et organisation. Et d'ajouter: «les revers de la gauche résultent, une nouvelle fois, de ses errements stratégiques, de l'émiettement de ses positionnements et de ses alliances. La gauche hérite aussi de vieux contentieux.
Toutes choses qui empêchent un rapprochement plus rapide entre ses différentes composantes. Toutefois, il ne faudrait
pas oublier le résultat du Front populaire qui assoit une présence importante, précisément dans les régions déshéritées. À y regarder de plus près, ce n'est pas un simple succès d'estime, mais une réelle performance qui affirme les potentialités d'une alternative».
Gommer les préjugés
Malgré son nombre relativement réduit de députés, le Front populaire est, d'autre part, en mesure de faire entendre sa voix à de larges franges de peuple et de peser sur le débat politique au cours des cinq prochaines années. «Le Front populaire remporte tous ses sièges dans les régions de l'intérieur, théâtres
de luttes sociales importantes. Trop longtemps exclues des débats politiques, ces régions ont enfin d'authentiques et sincères représentants. Le Front Populaire a réussi en peu de temps à se défaire de cette étiquette d'extrémiste que l'on tentait de lui coller. Par ses prises de positions remarquées, par exemple sur la dette odieuse, par une approche responsable, avec l'élaboration d'un budget alternatif, le Front Populaire a marqué des points dans l'opinion. Il dispose d'une solide assise sociale. Tout cela est certes encore fragile, mais augure d'une recomposition du paysage à gauche», note Hédi Sraïeb.
Ce docteur d'Etat en économie du développement estime que «seule la gauche dans sa diversité doit s'atteler à l'élaboration d'une plateforme commune de sortie d'un système en crise et non, comme l'envisagent les forces conservatrices de sortie de la crise du système». En d'autres termes, la gauche est appelée à inventer un nouveau modèle de développement aux antipodes de celui qui a mené au soulèvement populaire de décembre 2010-janvier 2011.
«La gauche doit aussi se montrer capable de rassembler les souverainistes et les progressistes qui s'opposent aux diktats des bailleurs de fonds internationaux, comme à ceux qui encouragent la poursuite des privatisations rampantes et la vente à la découpe de nos entreprises et services publics, au profit des multinationales», suggère encore M. Sraïeb
Par ailleurs, la gauche a déjà commencé à lutter contre les préjugés culturels à son égard. En atteste le discours tenu tout récemment par Hamma Hammami sur les plateaux de Nessma TV. «Hamma Hammami est Tunisien, Arabe, et Musulman. Je suis fier de mes origines. Je suis fier de l'Histoire de mon pays. Je suis fier de l'Histoire de la Nation Arabe. Je suis fier de l'Histoire de la Nation Islamique», a-t-il martelé. Souvent accusé d'athéisme par ses détracteurs, Hamma Hammami souligne ainsi qu'Ennahdha et Nidaâ Tounes, dont le leader ne rate aucune occasion pour émailler ses discours de versets coraniques, ne peuvent plus jouer seuls sur les sentiments religieux des Tunisiens.
A ses adversaires qui agitent le spectre du marxisme-léninisme,
le leader du Front populaire a expliqué que certains soupçonnaient sa coalition, à tort, de vouloir abolir la propriété
privée. «Le Front populaire ne confisquera pas les propriétés
de gens. Il y a des richesses dans le pays qui doivent absolument être étatiques: le pétrole, le phosphate et l'eau. Mais on soutiendra et protégera d'autres sociétés qui voudront employer des gens en leur donnant leurs droits et en respectant l'environnement», a-t-il poursuivi.
Sur la Toile, la prestation de Hamma Hammami sur Nessma TV a été très saluée par des milliers de Tunisiens qui ne se retrouvent ni dans le discours « socio-libéral» de Nidâa Tounes,
ni dans le projet «islamo-libéral» d'Ennahdha... Un signe qui ne trompe pas sur une possible renaissance de la gauche ?


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