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Mais le peuple cherche encore un «saint» pour Carthage
Publié dans Le Temps le 18 - 11 - 2014

Nous sommes à J-4 de la date du premier examen que doivent subir les 25 candidats restés en lice pour le poste tant convoité de président de la République. Le déroulement de la campagne qui en est à son dernier quart d'heure a révélé plusieurs données que les quartiers généraux des différents candidats ont intérêt à comprendre. Du côté des évènements, quelle place prévoit-on contre les actions terroristes ? La violence peut-elle resurgir en cas de deuxième tour ? Le prochain président légalement élu aura-t-il la légitimité nécessaire en termes d'appui populaire par un vote massif ? Le débat politique a-t-il touché les problèmes de fond ou s'est-il limité aux manœuvres d'alliances ? Il y a eu aussi beaucoup de dévotion aux saints. Le vote utile aura-t-il son poids dans les choix des électeurs ? Voteront-ils « intelligent » ? Comment se comportera l'électeur, en comparaison à ses choix lors des dernières législatives ? Quelle typologie d'électeurs avons-nous ?
Au moment de la présentation des candidatures à l'élection présidentielle au siège de l'ISIE, la foire enregistrée, laissait croire qu'on allait rester longtemps dans le brouillard et l'incertitude avec un éventail de choix indéchiffrable. Au fil des jours et de l'avancement de la campagne électorale, les choses sont devenues beaucoup plus claires. Abdessattar Sahbani, sociologue et observateur averti de la scène politique relève que nous avons quelques candidats actifs (4ou5) ; les autres sont presque absents. Il déclare au Temps : « On attendait un acte terroriste*. Il y a eu le bombardement de Chaâmbi, mais le phénomène n'a pas pris beaucoup d'ampleur médiatique. Au cours de cette dernière semaine, il n'y a pas eu des actes terroristes. Au contraire, on peut s'attendre à des actes violents, même durs au cours du deuxième tour. A cette occasion, la légitimité sera mise en cause. Un président peut être légal puisqu'il sera élu démocratiquement, mais de par le nombre faible de participants, il n'aura pas la légitimité suffisante. Des actes terroristes peuvent survenir entre les deux tours, pour terroriser les Tunisiens de sorte à empêcher les électeurs de voter et priver ainsi le futur président d'une légitimité large ». Un autre fait a été remarqué. C'est le déplacement des débats dans les espaces publics, voire les souks hebdomadaires, les marchés, les espaces commerciaux, les cafés et même dans les bars et les bars restaurants...Le débat tourne autour de l'élection présidentielle et essentiellement sur les alliances et les modalités de vote.
Les rues ne sont pas animées
Est-ce qu'on doit voter utile ou intelligent ? Notre sociologue définit le vote utile et le vote intelligent. Il dit : « voter utile c'est donner sa voix à un candidat qui peut gagner, pour éviter les votes poubelles. Lors des dernières législatives, il y a eu 1.200.000 votes poubelles. Voter intelligent, c'est voter de façon à garder l'architecture politique diversifiée et équilibrée. Maintenant, beaucoup regrettent l'absence à la prochaine assemblée de Fadhel Moussa, Samir Taïeb, Maya Jeribi, Mohamed Hamdi...A présent, les choses sont claires. Les fondamentalistes de tout bord ont choisi leur candidat. Par ailleurs, on craignait les mosquées ne deviennent des espaces de mobilisation politique. Force est de noter qu'elles sont devenues des espaces de débats politiques. Et les fondamentalistes purs et durs, ne semblent pas l'emporter devant une masse de pratiquants qui prônent la sécurité ». Une autre remarque fort importante. Les rues ne sont pas animées. La campagne électorale est quasiment absente dans les régions intérieures du pays. « Chaque candidat passe par les chefs lieu des gouvernorats pour y rester quelques heures, prononcer un discours, visiter un espace saint, le souk et repartir tout de suite. Nous avons remarqué aussi que les espaces universitaires sont totalement épargnés de tout ce qui est politique. Pas de débats, pas de meetings, pas d'assemblée générale. Avec un taux de participation de 8% des jeunes dans les dernières législatives et l'absence de discours forts, clairs et entreprenants envers ces jeunes, ils risquent fort de bouder davantage la présidentielle ».
La prochaine fois des meetings payants ?
Par ailleurs, le sécuritaire était omniprésent. « C'est-ce qui explique, peut-être que pour assister à un meeting populaire de certains candidats, il faut être invité. C'est assez étonnant et surprenant pour appuyer un candidat il faut être invité, sinon ce n'est pas la peine. Peut-être qu'on assistera un jour à des meetings politiques payants », ironise notre interlocuteur. D'ailleurs, il reproche aux médias de masse le fait qu'ils ne jouent pas leur rôle de manière équitable et professionnelle, vis-à-vis de tous les candidats et de la dynamique politique. Ils sont en train de nous préparer psychologiquement à un second tour entre Béji Caïd Essebsi et Moncef Marzouki, comme si tout était fini. On prépare des rencontres et des duels entre des représentants de l'un ou de l'autre candidat, tout en ignorant totalement les autres. Là le jeu n'est pas clair et il ne doit pas continuer de cette manière. Qui finance ce jeu ? C'est très grave.
Du supporter au méfiant,
à l'indécis et à l'opportuniste
Comment se comporte l'électeur tunisien ? Tout d'abord, nous avons plusieurs types d'électeurs. Lors des dernières élections, notre sociologue, en a distingué un large éventail. Premièrement, il y a l'électeur supporter. Ce sont les électeurs les plus présents sur la scène lors des dernières élections. Leurs choix ont été déterminés par leur appartenance politique. Celui qui a soutenu Ennahdha, ne l'a pas soutenu pour son programme, mais parce que c'est le mouvement Ennahdha. Il en est de même pour Nida Tounès et le Front populaire. « Cela dénote d'un degré encore primaire au niveau des élections, parce que normalement on doit choisir en fonction d'autres paramètres », déplore le sociologue. D'autres électeurs sont indécis. Ils n'ont choisi leur liste électorale que le jour du vote. C'est ce qui explique peut-être que sur la masse électorale qui est de l'ordre de 8,5 millions d'électeurs potentiels, seulement 3 millions ont voté. Trois millions ont refusé de s'inscrire et 2,5 millions ont refusé de voter. « Nous avons enregistré l'électeur méfiant. Pour lui tout est joué à l'avance. Il n'a pas confiance ni dans les discours, ni dans les programmes, ni dans les personnes. Certains se réclament, même indépendants, pour ne pas participer aux élections qu'elles qualifient de mascarade. Puis, viennent les électeurs opportunistes, ceux qui ont été sensibles aux dons et aux discours populistes », précise le sociologue.
L'électeur va-t-il se comporter comme étant un électeur intelligent, c'est-à-dire libre dans son propre choix ou au contraire s'investir, une autre fois, dans le vote utile ?
Les indépendants pèseront
Les jours qui restent à vivre dans la campagne électorale seront décisifs. Ils nous donneront une idée sur l'évolution des discours et des comportements sur le terrain. Pour le premier tour, le vote utile sera-t-il prépondérant et déterminant ? Notre observateur n'y croit pas tellement. Il argumente sa position, en avançant que la masse critique du mouvement Ennahdha est doublement déçue par son score électoral et par la direction du mouvement qui n'a pas présenté de candidat et ne s'est pas prononcée. « Ce mouvement avait un candidat de taille qui pouvait faire l'affaire, Abdelfattah Mourou, mais il pouvait éventuellement créer de l'ombre au Gourou. C'est-ce qui explique ce choix. Par ailleurs, le vote utile a fait perdre aux forces démocratiques toute crédibilité politique. Elles sont quasiment absentes. Elles ne vont pas reproduire, le même choix, sous prétexte qu'elle auront un jour des miettes en les faisant participer au prochain gouvernement ou au gouvernement d'unité nationale. Enfin, les candidats indépendants bien qu'ils n'aient pas beaucoup de chances sont là ...Ils pèseront sur la balance ».
Hassine BOUAZRA
* Le ministre de l'Intérieur a récemment averti que des actes terroristes peuvent se produire


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