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Nos parcs d'attractions n'attirent plus
Publié dans Le Temps le 16 - 01 - 2015

Les temps ne sont plus à la splendeur ni aux couleurs chatoyantes dans nos parcs publics et aires de jeux pour enfants et adolescents. Cette ère est bel et bien révolue. Si l'on ne peut se lamenter du manque de ce genre d'espaces dans les zones urbaines, on ne peut, cependant pas, s'enorgueillir de la qualité et de l'état de ces lieux.
Une réalité d'autant plus frustrante pour les enfants que pour les parents. La monotonie et la lassitude ont gagné tous les parcs publics urbains. Il suffit de traîner le pas vers quelques-uns pour être frappé de plein fouet par ce triste constat : nos parcs ressemblent plus à des tombeaux qu'à des endroits sollicités par un enfant un jour de vacances. Elle est bien loin cette allégresse qui nous gagne quand nos pas foulent un parc d'attraction.
Parcs insalubres et obsolètes
Aujourd'hui, force est de constater que ces lieux sont devenus fantomatiques, délabrés, tristes et sales de surcroît. Les aires de jeu ont perdu de leur splendeur d'antan. Les couleurs se sont étiolées. Les matériaux ne sont plus qu'un tas de bois cassé ou d'acier rouillé. Quant aux jeux dont la matière première est constituée essentiellement de plastique, ils sont troués et les fissures, telles des rides défigurent le visage joyeux d'antan Les signes du temps, de l'essoufflement ont envahi ces lieux où tout devait être accueillant, verdoyant et animé. Le délaissement et la négligence de l'Etat se font horriblement sentir.
Rien, absolument rien dans ces lieux, conçus à la base pour la détente et le jeu, n'est désormais équipés pour accueillir les petits comme les grands visiteurs.
Les rares parcs qui sont dignes de ce nom et respectent les normes internationales de l'hygiène sont les parcs tenus par des privés où rien que le prix de l'entrée présente un luxe pour le Tunisien moyen qui souffre déjà de la cherté de la vie.
Le Temps a recueilli le témoignage d'une jeune maman. Elle s'appelle Maha Chebbi. Révoltée, cette dernière se dit indignée et choquée par l'état des lieux de nos parcs d'attraction et nos aires de jeux publiques.
«J'ai un bébé de 8 mois. Je cherche toujours à le faire sortir. Et je pensais qu'un parc était le lieu adéquat. Apparemment non! Ce n'est plus le cas. Je voulais l'initier aux joies de la glissade sur des toboggans quand je pourrais l'accompagner. A ma grande surprise, tous les parcs que j'ai visités étaient dans un état catastrophique. Les espaces de jeux gratuits mis à la disposition de la jeunesse et de la petite enfance sont délaissés, vandalisés, au profit de prestataires privés qui profitent du contribuable sans même fournir des espaces sécurisés ou hygiéniques. J'ai d'abord visité celui d'Ennahli à côté de chez nous. A ma grande surprise, les jeux y sont dans un tel état qu'ils représentent un réel danger pour nos enfants. Ce qui m'a dissuadé à initier ma fille à ces petits jeux. Même le toboggan (éléphant rose) qui est conçu pour les enfants de l'âge de ma fille n'a pas été épargné par les casseurs. J'ai dû quitter les lieux, pensant qu'il s'agissait juste d'une exception. Samedi dernier, je suis allée en famille au parc Essaada et quelle déception ! Là aussi, les lieux ressemblaient à tout sauf à un parc d'attraction. J'étais effondrée et outrée. J'ai grandi à Tunis où il y avait des aires de jeux praticables un peu partout. Je me suis sentie désolée et dégoutée pour ma fille. C'est à se demander si les responsables de ces parcs en sont conscients ou pas ?
En effet, il suffit de visiter ces parcs dit «d'attraction» pour se rendre à l'évidence. Ces lieux sont nonchalamment délaissés et ignorés. Aucun effort de restauration ou de rénovation n'a été fourni. En ce qui concerne l'embellissement et l'aménagement des espaces verts qui les entourent, ce n'est même pas la peine d'y penser parce que la saleté et les herbes folles ont envahi les lieux. Même les poubelles ont disparu. Les balançoires ont perdu toute leur composante. Les chaînes ont été coupées ou cassées et les bancs ont disparu, arrachées ou détruites. Tous ces signes témoignent de l'état de délabrement avancé de ces endroits très sollicités par les Tunisiens.
Vivement les élections municipales, pour une amélioration de l'état de ces lieux prisés par les Tunisiens.


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