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«Carthage pour tous»... du moins, on l'espère bien!
Publié dans Le Temps le 27 - 06 - 2015

* Une enveloppe de 3,6 MDT allouée à la festivité cette année, un budget considéré maigre.
* Des écrans géants seront installés dans plusieurs régions de la Tunisie. Des transmissions en live streaming sont en vue.
Depuis 1964, le Festival International de Carthage fait vibrer les Tunisiens chaque été. Ce rendez-vous annuel très prisé par le public, a vu se produire sur scène les plus grandes vedettes internationales, telles que James Brown, Ali Riahi, Ray Charles, Dalida, Hédi Jouini ou encore la non moins célèbre Warda. Pour sa 51ème édition, le festival aura lieu du 11 juillet au 18 août 2015. Elle sera placée sous le signe de «Carthage au cœur de la cité» comme l'a annoncé le jeudi soir, la directrice du festival pour la seconde année consécutive Sonia Mbarek, lors de la conférence de presse tenue dans les enceintes de l'amphithéâtre romain à Carthage.
Parmi les figures artistiques tunisiennes connues qui étaient présentes, la talentueuse actrice et directrice de la Troupe de la ville de Tunis Mouna Noureddine ainsi que l'acteur et metteur en scène Abdellaziz Mehrzi. Ces deux monuments du 4ème art tunisien qui ont brillé sur le petit et grand écrans assureront le coup d'envoi de la 51ème édition du festival à travers une pièce de théâtre qu'ils ont conçue spécialement pour rendre hommage à l'autre immensité tunisienne la grande Oulaya. La pièce réunira les genres artistiques entre chant, théâtre et danse. Elle aura pour titre «Dhalamouni Habaybi».
Présent également à la conférence de presse, le célèbre chanteur tunisien Lotfi Bouchnak assurera le spectacle de clôture du festival.
Carthage va à la rencontre de son public
Si, faute de moyens, la programmation s'avère en-deçà des attentes du public et d'un festival aussi prestigieux, les organisateurs ont déployé tous les efforts pour améliorer certains aspects du Festival International de Carthage.
Après le mot de bienvenue, en sa qualité de directrice du festival, Sonia Mbarek a annoncé que pour cette édition, un travail de groupe fut axé sur diverses orientations dont entre autres la décentralisation des soirées. En étroite collaboration avec ses partenaires et le ministère du Tourisme, l'équipe du festival a décidé de célébrer certaines soirées en dehors de l'amphithéâtre. A cet effet, Sonia Mbarek a annoncé : «A ma grande surprise, je me suis rendue compte que rien qu'à Carthage, nous possédons 17 sites archéologiques délaissés et méconnus par le grand public. Il est de notre devoir de redonner à ces hauts-lieux leur gloire et de revaloriser notre patrimoine. C'est pourquoi, certaines soirées auront lieu au cœur de ces sites. Cette nouvelle donne permettra de faire connaître aux visiteurs des circuits insoupçonnés.»
Elle enchaîne : «Pour la 50ème édition, sous le slogan «Carthage pour tous», nous avons tenté une nouvelle aventure dans le but de décentraliser l'accès à la musique et aux spectacles à tous les Tunisiens. Nous comptons renouer avec cette belle expérience. Nous prévoyons d'installer des écrans géants dans plusieurs régions de la Tunisie. Nos sponsors sont là pour nous aider à réaliser ce rêve : de l'art pour tous !».Carthage rayonnera sur toute la Tunisie. Au-delà de son Panthéon, le festival ira cette année également à la rencontre de son public. Des transmissions en live streaming sont donc prévues.
La programmation annoncée hors de l'enceinte de l'amphithéâtre ou «hors les murs», comprendra des spectacles «intimistes» au sein des sites romains et carthaginois de la Banlieue Nord. Le 4ème art se fera la joie d'occuper le temps d'une représentation ces lieux riches en Histoire telle que la Basilique Saint Cyprien. Nous citerons à titre d'exemple des pièces de théâtre comme «Solwen» de Leila Toubel et «Talon de Gazelle» (Kaâb Laghzel) du Théâtre expérimental de Médenine.
La nouveauté également pour cette 51ème édition, c'est l'aspect environnemental. En partenariat avec le ministère de l'Environnement, le comité d'organisation du festival de Carthage a réfléchi à une stratégie de sauvegarde des lieux contre les mauvais réflexes de la grande majorité des spectateurs. Sonia Mbarek a parlé d'un partenariat avec le ministère de l'Environnement. Il s'agira de mettre en place partout où les spectacles auront lieu, des poubelles et des messages de sensibilisation pour que les spectateurs cessent avec cette mauvaise manie de laisser derrière eux un amphithéâtre jonchées d'ordures de toutes sortes, aux termes de chaque spectacle. Une forme d'éducation à la citoyenneté, au respect de l'environnement et du patrimoine.
Face à un budget limité, le festival se focalise plus vers une vision innovatrice. Carthage ne doit plus être limité à donner des spectacles pour un public précis dans un endroit qui demeure inaccessible. Le festival doit désormais s'inscrire dans «une démarche citoyenne de promotion de la cité et des monuments de la ville.
Moyens très limités pour un prestigieux festival
Contrairement à la précédente édition, cette année, Carthage, ce célèbre festival quinquagénaire ne jouira pas d'un budget spécial. En effet, si l'an dernier, le festival a été gâté pour son 50ème anniversaire, cette année, on redescend sur terre. La subvention du ministère de la Culture s'élève à 2,4 MDT. Un montant qui ne permet pas à un événement d'une telle envergure de se permettre de donner une programmation digne de sa notoriété. Fort heureusement, grâce à deux de ses principaux partenaires, le festival a pu voir son budget s'élever à 3,6 MDT.
Avec ce budget, les organisateurs ont essayé de faire avec les moyens du bord. L'on s'aperçoit que dans le choix des spectacles prévus, le comité a misé sur la diversité des styles offerts au public. Une manière comme une autre de pallier l'absence des grands noms de la musique nationale et internationale.
L'on a appris malheureusement qu'une chanteuse aussi célèbre que Latifa Arfaoui a refusé de se produire sur la scène de Carthage parce que le comité d'organisation lui a proposé de partager son spectacle avec un chanteur palestinien. Elle désirait monter seule sur scène...
Néanmoins, la 51ème édition verra une pléiade de célébrités arabes et internationales comme le chanteur Wael Kfouri, la star américaine Lauryn Hill, ou encore Oumou Sangare, Indila, Akon, Omar Faruk, Jasser Hajji, Faiez Ali Faiez. La participation tunisienne représentera 30% des spectacles prévus dans le programme. Par ailleurs, une nouvelle rubrique intitulée«Découverte» est dédiée aux artistes en herbe.
Melek LAKDAR
Le programme :
Samedi 11 juillet (Ouverture): pièce de théâtre «Dhalamouni Habaybi» en hommage à la diva tunisienne Oulaya.
Dimanche 12 juillet: Wael Kfouri (Liban)
Mardi 14 juillet: Qawwali-Flamenco (Pakistan-Espagne)
Mercredi 15 juillet: Intercall, Spectacle de danse
Samedi 18 juillet: Afrika Afrika, le cirque magnifique d'Afrique
Dimanche 19 juillet: Afrika Afrika, le cirque magnifique d'Afrique
Mardi 21 juillet: Lauryn Hill (USA)
Jeudi 23 juillet: Le bolshol Polonais Mazowsze (Pologne)
Samedi 25 juillet: Hadra 3 (Tunisie)
Dimanche 26 juillet: Mohamed Assaf (Palestine)
Mardi 28 juillet: Orchestre Symphonique de Pau (France)
Jeudi 30 juillet: Jasser Haj Youssef (Tunisie)
Vendredi 31 juillet: Amal Meher (Egypte)
Samedi 1er août: Tamayouth – Hinayaktamilou al kamar (Tunisie)
Dimanche 2 août: La diva africaine Oumou Sangare (Mali)
Mardi 4 août: Ben l'Oncle Soul – Indila (France)
Mercredi 5 août : Charlie Winston – Nathalie Imbruglia (Royaume Uni-Australie)
Samedi 8 août: Omar Faruk (Turquie -USA)
Dimanche 9 août: Akon (USA)
Jeudi 13 août: FoussayFoussah (Tunisie)
Samedi 15 août: Marco Polo – La roue de la soie (Grèce-Inde- Chine-Tunisie-Italie)
Dimanche 16 août: Rap Tunisien (Kafon, Balti, ZiedNigro, Art Masta)
Mardi 18 août (Clôture): Lotfi Bouchnak (Tunisie)


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