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Tribune: Le néant culturel
Publié dans Le Temps le 29 - 11 - 2015

« La plus belle des choses, pour certains, c'est une troupe de cavaliers ; pour d'autres, une armée de fantassins ; pour d'autres encore, une escadre en mer. Et pour moi, c'est de voir quelqu'un aimer quelqu'un. »
Sappho VIième s av.J.C.
Essayons de faire taire notre émotion, qui est pourtant grande, pour tenter de faire parler la raison. Usons, un tant soit peu de notre sens critique, ce qui n'est pas évident de nos jours, face à l'immense absurdité du gâchis, face à la démesure dans l'ignoble, ce que les Grecs appellent l''hybris'. Des hommes en quête de transcendance, tuent, égorgent, torturent, dépècent, cannibalisent d'autres hommes, leurs frères en humanité. Pourquoi ? Pour plaire à Allah le clément, le miséricordieux, Dieu l'omniscient et y gagner un coin au paradis avec pour récompense des vierges à satiété. L'orgasme éternel quoi ! Poussés par un égoïsme morbide, ils égorgent un enfant de quinze ans, massacrent une douzaine d'hommes, leurs frères en humanité, en religion, froidement, gratuitement. Leur tort, le premier, berger, pour subsister; les autres étaient les gardiens de la paix civile de la cité, et des citoyens. Consacrant leur vie à cette noble tâche. Pour cette raison des familles sont détruites : veuvage de jeunes épouses , enfants orphelins, sans parler d'une mère ou d'un père qui se retrouvent soudainement, brutalement séparés pour la vie, de leurs enfants, leur chair, leurs descendances, leurs progénitures !
Ces salopards assassins savent-ils qu'ils sont des fieffés blasphémateurs, faisant preuve d'une rare impiété à l'égard de Dieu ? Ils s'installent, dans une monstrueuse immodestie, à la place du Seigneur-Créateur, pour décider de la vie et de la mort de leurs semblables. Vie et mort sont, en, principe comptable au seul Dieu. Les fous de Dieu, « du diable » corrige opportunément Guy Sitbon, dévalorisent la vie au nom de l'au-delà, brutalité d'une affirmation massive de la transcendance qui ne peut s'affirmer que par la mort de ceux qui n'y adhèrent pas. Dieu, l'Omniscient, le Clément, serait-il si faible pour déléguer son pouvoir à des délinquants psychopathes, haineux, qui sèment partout où ils passent la terreur et la désolation. « Rivaux du créateur, ils ont été conduits logiquement à refaire la création à leur compte. Ceux qui, pour le monde qu'ils venaient de créer, ont refusé toute autre règle que celle du désir et de la puissance, ont couru au suicide ou à la folie et chanté l'apocalypse », écrit Albert Camus dans L'Homme révolté. Qu'attendent ces abominables voyous fanatisés comme récompense de Dieu ? Jouir au paradis de belles vierges, pour l'éternité : l'orgasme éternel.
Mais d'où sont sortis ces barbares assassins, ils sont issus de quel fécond immonde ventre. C'est la question ! Ce qui est sûr c'est qu'ils sont une émanation de nos lâchetés, de nos superstitions, de notre inculture de notre laisser aller, et beaucoup de notre ignorance de la chose publique, du Bien public. Ce n'est pas seulement une affaire de pauvreté, même si la pauvreté est intolérable, comme celle vécue par la famille de ce jeune berger martyr à qui on a tranché, froidement, la tête. Mais les raisons économiques n'expliquent pas tout, pas seulement, car la misère ne fait pas que d'atroces criminels, mais les raisons sociétales, les problèmes éducatifs et la question culturelle .Nous vivons une crise de l'éducation depuis la fin de l'ère bourguibienne, l'âge de ces voyous criminels, vingt à trente ans. L'enseignement était ouvert sur les valeurs universelles et humanistes, bref, sur la modernité. Dans les collèges et les lycées de mon époque -c'est assez vieux j'en conviens –l'enseignement était absolument ouvert sur le monde, sur le savoir et l'histoire du monde. Alors que maintenant l'enseignement s'est ostracisé, il s'est figé dans une forme d'éducation limitée à la sphère arabo musulmane, à nos gloires arabo-musulmanes passées niant notre proche et lointaine Histoire, comme si notre identité est strictement tributaire du VIIème siècle, alors que notre Histoire date au moins de huit à neuf mille ans avant l'ère commune, avec la civilisation capsienne ! Reste le DOSSIER CULTUREL. Quand des journalistes sont allés à la rencontre des amis du kamikaze, pour connaître le milieu dans lequel avait vécu le terroriste, son habitus, une des réclamations soulevées, des plus insistantes, réside dans l'absence de toute forme d'activité culturelle ou associative. Nous constatons, ici, un échec sans appel du ministère de la culture, échec qui ne date pas d'hier, il s'est curieusement aggravé depuis un certain soulèvement d'un 14 janvier 2011. Je rappelle, et avec quelle tristesse, qu'un ministre de la culture, nihiliste de surcroît, du 1ier gouvernement de la troïka a été jusqu' à prendre fait et cause pour les voyous qui ont vandalisé une galerie d'art celle d'al Ebdelliya- Quand on s'attaque au goût, à l'esprit, à la beauté, le chemin est, alors, court qui mène à la terreur, le savait-il ce ministre ? Actuellement l'action culturelle, en l'absence d'une vision, d'un projet , d'une stratégie, d'une réelle philosophie, barbote dans l'improvisation, au hasard des jours et du moment.
La culture n'est pas –seulement- l'événementiel. Qui, des jeunes, et des moins jeunes , de ces quartiers de la zone, a participé de près ou de loin à cette manifestation discrète que sont devenus les JCC. Les JTC n'étaient pas moins sobres. La culture n'est pas seulement simple parure de la vie, parenthèse, mode de distraction, instant privilégié. Elle doit envahir la vie, la vie toute entière, au point de se confondre avec elle, à la fois besoin vital et force vitale.
Le problème de l'enseignement se complique davantage dès qu'on évoque le drame de l'instruction des enfants. Faut-il encore souligner que les voyous terroristes d'aujourd'hui sont les enfants d'hier ? Cette génération, il faut le préciser, est déjà gangréné par le fanatisme elle est fichue ce n'est pas moi qui le dit c'est Voltaire ,lors qu'une fois un cerveau est touché par la fanatisme il devient irrécupérable. Donc revenons à nos enfants d'aujourd'hui. Leur enseigner le Coran au ‘koutab' à l'âge de cinq six sept ans est un crime contre l'innocence. Le Coran est un texte d'une complexité redoutable, texte allégorique qui s'appuie sur le troisième degré du sens, et dont la lecture littérale mène à de dangereuses impasses, c'est un lieu commun que de le rappeler, je suis quasi certain que même les maîtres n'y voient que du feu ; c'est le cas de le dire. Qu'y peuvent comprendre de petits enfants de cinq, six, ou même de sept, huit ans et plus ? Quand on leur parle de la géhenne pour les méchants, du paradis pour les bons ; qu'est-ce-que la méchanceté, le purgatoire, la géhenne ? Qu'est-ce que l'au-delà ? Le royaume des cieux ? Ce qu'on inculque aux chers petits enfants c'est une culpabilité, une angoisse plus ou moins latente mais refoulée pour la vie, qui génèrent une sous-estimation, sinon une haine de soi. Une bombe à retardement. Bref, il y a de très forte chances d'en faire un projet de djihadiste. Rousseau dans son fameux essai sur l'éducation, ‘Emile', conseille aux éducateurs de ne pas parler de religion et de textes sacrés aux enfants avant l'âge de douze ans. Afin de ne pas compromettre, ni surcharger, une conscience en formation. Ceci dit, je conseille vivement à tous les éducateurs sérieux de lire cet extraordinaire essai d'une éclatante modernité, même si certains points dans l'essai, méritent une lecture nuancée, du moins actualisée, tenant compte du temps qui nous sépare de cette œuvre, la pédagogie proposée est d'une brillante efficacité. Essentiellement humaniste !
Toute action culturelle est -doit être- dressée contre tous les pouvoirs : pouvoirs occultes et omnipotents, pouvoir de l'argent, pouvoir de la religion, pouvoir des organisations ou des idéologies. La culture est résistance à la mort
En écrivant, au départ, le titre de cet article, j'ai commis un lapsus, au lieu du titre ci-dessus, j'ai écrit : ‘le néant cultuel'. Finalement il y a de cela aussi.
M.K


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