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Le Parkisol, nouvelle pilule du bonheur?
Publié dans Le Temps le 12 - 01 - 2016

Nous assistons depuis plus de quatre années à une explosion de la demande en psychotropes, médicaments utilisés en pratique psychiatrique. L'ordonnance type est la suivante: Parkisol 5 mg : 3cps par jour voire plus. Le parkisol ou Trihexyphenidyl est indiqué dans la maladie de Parkinson ou comme correcteur des troubles moteurs tels que les dyskinésies. Le Tranxène, tranquillisant de la famille des Benzodiazépines, est prescrit à la dose de 30 mg par jour. Le Largactil est un neuroleptique sédatif utilisé dans les états psychotiques (délire, hallucinations,l es troubles graves du comportement etc.) Ces trois médicaments sont prescrits pour une période de trois mois renouvelable quasi-systématiquement pendant des années.
Ces psychotropes, surtout le Parkisol , consommé au-delà de trois mois, produit un effet de dépendance physique et psychique. Le sujet finit par devenir toxicomane, c'est à dire, dépendant de sa drogue. La dépendance représente un véritable esclavage du sujet, l'organisme ayant assimilé à son propre fonctionnement la présence de ce produit. En cas d'état de manque, le toxicomane est en état de sevrage. Les signes peuvent être impressionnants: troubles graves somato-psychiques et comportementaux tels que: tremblements , sueurs, contractures douloureuses des membres,douleurs abdominales, nausées, agitation, irritabilité, violences avec auto ou hétéro agressivité, bris d'objets.
La plupart de ceux qui prennent ce traitement affirment que la prise régulière de leur doseleur évite cette pénible expérience. Cette drogue leur permet de vivre, de travailler et de se sentir intégré dans le groupe social. Sans ce médicament, c'est l'enfer pour le sujet et son environnement. Afin d' éviter cette insupportable expérience, ils sont prêts à tout: forcer le médecin à prescrire la dose voulue, assiéger le pharmacien pour obtenir les 6 boites de Parkisol. En cas de refus, ils vont s'approvisionner sur le marché parallèle, à des prix prohibitifs, le comprimé de parkisol se vendant à 5 ou 10 dinars, alors qu'en pharmacie la boite de 50 comprimés est vendue à 4 dinars. Le vol par effraction fait partie des moyens utilisés pour l'obtention de cette pilule. Ainsi, des milliers de comprimés furent volés dans les dépôts de pharmacies (Cherguia , El Menzah 4, Gafsa ).
La toxicomanie est un phénomène mondial qui a existé depuis la nuit des temps. Pour tout un chacun la réalité est souvent dure à supporter. Qu'elle soit douce ou dure, la consommation de la drogue représente, un remède immédiat, un puissant dérivatif ou un cache misère socio-économico- psychologique.
Pourquoi la drogue? Les futurs consommateurs se font piéger, tentés par la curiosité soit pour en faire l'expérience, ou pour faire un trip (voyage ) à la recherche d'un état euphorique, ou encore pour réduire l'angoisse et répondre à la pression du groupe .
La lutte contre la toxicomanie est rude: Punir ou traiter? That is the question. Il s'agit d'un choix politico-social et médical à faire.
L'ONU lui consacre un organisme spécial qui porte le nom d'Office des Nations unies contre la drogue et le crime.
Le commerce de la drogue est florissant : 230 millions de consommateurs et le chiffre d'affaires s'élève à 243 milliards d'euros. Les consommateurs paient un lourd tribu à cette appétence toxicomaniaque. En effet, 200.000 personnes décèdent chaque année de par le monde, soit par overdose aggravée par son association au VIH, à une hépatite ou à la suite d'une infection intercurrente.
La guerre engagée contre le narcotrafiquants n'a pas donné les résultats escomptés. La question de la pénalisation ou de la dépénalisation des drogues douces se pose pour chaque pays. L'Uruguay vient de légaliser le cannabis. Dans notre pays cette drogue est interdite (conformément à la loi 52). 8.000 jeunes seraient détenus pour en avoir consommé. Certains artistes, pour stimuler leur créativité, la consomment .
La rencontre avec la drogue
Les patients qui réclament leur dose de psychotropes furent initiés, pour la plupart, au cours d'un séjour en prison ou à l'étranger. Les anciens détenus rapportent tous qu'ils furent copieusement servis en Parkisol , les comprimés étant réduits en poudre puis mélangés à la nourriture et ce malgré les démentis des médecins des prisons . Une telle procédure est censée faciliter le travail de surveillance, alléger la charge des surveillants de prisons surchargées et calmer les milliers de détenus.
Ceux qui nous viennent de l'étranger sont pour la plupart d'anciens harragas qui ont réussi à rejoindre les cotes européennes puis, livrés à eux-mêmes, sans papiers officiels, survivent grâce au commerce illicite des stupéfiants, jusqu'au jour ou ils se retrouvent aux arrêts, jugés puis expulsés dans leurs pays d'origine. Dealers et initiés continuent leurs commerce et ou appétence toxicomaniaque par le biais du Parkisol ,plus facile à se procurer que l'héroïne ou la cocaïne.
Méfiance des médecins
et des pharmaciens
La prescription de ce type de produit n'est pas soumise à une règlementation légale. Un circulaire ministériel numéro 99/113 du 13 décembre 1999, impose l'utilisation d'un carnet bleu à souches aux fins d'un meilleur contrôle. Cette mesure s'est avérée être un échec, par l'absence d'un organisme centralisateur, informatisé pour couvrir tout le territoire.
Le carnet à souches n'a fait que compliquer les charges des officines et à offert aux médecins l'occasion d'échapper à la prescription. La méfiance et la réticence des privés s'explique par l'inadaptation de leurs structures de soins pour ce type de clients scotchés à une prescription trimestrielle. Certains d'entr' eux se montrent quérulents et agressifs surtout lorsqu'ils sont en état de manque.
L'attitude des médecins et pharmaciens n'est pas cohérente, chacun essaye d'y faire face comme il peut, et ce par l'absence d'une politique claire des autorités.
Conformément à la déontologie médicale, tout médecin, qu'il soit généraliste ou spécialiste, est habilité à prescrire. Mais la réalité est tout autre. On se tourne plus volontiers vers le psychiatre supposé être plus habile pour gérer seul dans le privé ces types de malades difficiles. Beaucoup de confrères, adoptent la politique de l'évitement, se mettant ainsi en contradiction avec leur mission de servir ceux ou celles qui font appel à leurs savoir et savoir faire. Le serment d'Hippocrate ainsi que le code de déontologie oblige le médecin à donner les soins à ceux qui s'adressent à lui, sans distinction, ni discrimination, dans le cadre de ses compétences. Le malade choisi t son médecin, le médecin lui n'a aucun choix à faire que celui de soigner, guérir et ne pas nuire.
Le juge face aux drogués
La loi du 18 mai 1992 permet au juge de contraindre un drogué à subir une cure dans un centre de désintoxication ou d'ordonner son emprisonnement. La cure de désintoxication n'est valable que si elle est volontaire, l'adhésion de l'intoxiqué à la cure est une condition obligatoire. Là où le bât blesse, c'est que les centres de désintoxication n'existent que dans les textes. La punition carcérale ne change rien à la destinée du drogué, bien au contraire, le séjour en prison renforce les déviances comportementales et l'attachement du drogué à sa drogue. Selon l'avis de maître Ben M'rad, la loi 92 considère les drogués comme des criminels. Certains ont qualifié la prison comme l'école du crime. Bensoussan et Olivenstein, psychiatres français, affirment que la solution carcérale n'a jamais mis fin à l'intoxication, la drogue continuant à circuler dans les prisons.
La prise en charge
Il faut tout d'abord considérer les drogués comme des malades et les dealers comme des délinquants et des criminels. Le service de désintoxication de Djebel Oust a fermé ses portes, le centre de Sfax géré par une association est en difficulté financière faute de soutien. La solution qui nous paraît la mieux adaptée pour ce genre de malades est l'instauration de trois services intégrés au structures sanitaires de Tunis, Sousse et Sfax. Quant aux jeunes délinquants condamnés à la détention pour délits, ils devraient bénéficier au sein des prisons d'un quartier spécialisé avec un programme psycho-social de réadaptation et de réinsertion. La toxicomanie est un problème de santé publique qui implique plusieurs ministères (la Santé, l'Intérieur , la Justice, les Affaires sociales). Elle doit bénéficier d'une politique de prévention,de soins,de structures de réadaptation et de personnels qualifiées.


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