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Fulgurances nichées dans le hiatus des mots
Publié dans Le Temps le 18 - 02 - 2016

Pour son sixième livre paru, Nefissa Wafa Marzouki poursuit sa quête poétique, après avoir longtemps excellé dans l'art de la nouvelle. Enseignante de langue et de littérature française, cette native de Jendouba joue avec les mots et chante la Tunisie.
Le nouveau recueil de Nefissa Wafa Marzouki confirme les lignes de force révélées par son ouvrage antérieur "Réveille-toi, Rose de l'Orient". Celle qui fut d'abord l'auteure talentueuse de quatre recueils de nouvelles semble avoir installé son univers dans une poésie très riche, lumineuse et parfois sertie d'un regard d'une grande profondeur.
Une femme entre la révolution et la Tunisie éternelle
"Au fil de la plume... ma Tunisie" est d'une veine plurielle et s'articule en quatre mouvements, quatre aventures dont Marzouki rend compe tout en survolant le réel par la magie des mots. Le livre s'ouvre sur une exergue d'Aragon extraite de son "Journal du surréalisme". Le poète d'Elsa y avoue "rêver d'une gomme à effacer l'immondice humaine".
Et c'est justement d'une telle gomme que Marzouki paraît disposer tant elle parvient, en trouvant mots justes, métaphores éloquentes et éclairs de lucidité, à conjurer la laideur et révéler la beauté.
Il faut le dire, au-delà de sa structuration, ce recueil est en premier lieu un hommage au pays, à une Tunisie à la fois éternelle et prise dans les soubresauts de sa révolution. En effet, le recueil peut être lu comme le journal d'une femme dans la révolution, comme il peut être abordé comme un hymne à la Tunisie des tréfonds et des veines immémoriales.
Lorsqu'elle chante la Tunisie - sans emphase inutile ni scories redondantes, il faut le souligner -, Nefissa Wafa Marzouki trouve son inspiration dans le pays profond, parmi les enfants du Djebel Khmir ou entre les méandres de la Medjerda qu'elle compare à la "porte fermée d'une horloge berbère rouillée".
Dans d'autres pages, elle est Bardo, rend hommage à la révolution, salue la mémoire d'un Chokri Belaïd ou d'un Mohamed Yaâlaoui, s'incline devant les martyrs du 17 décembre ou se souvient du sourire de Socrate Charni.
Elan de grâce et pages d'anthologie
Axes majeurs de ce recueil qui comprend en fait quatre livres distincts, la Tunisie, le surréalisme, le travail d'écriture et la cause des femmes donnent son caractère polyphonique à l'ouvrage et révèlent les multiples facettes de la poésie de Marzouki qui peut être à la fois lapidaire, nichée dans le hiatus des mots ou bien lyrique et proche de la prose narrative.
Cette profusion de registres permet au lecteur de voyager au gré des inspirations de l'auteure et surtout au fil de son expression. Parfois, une simple fulgurance avec des mots simples dont l'agencement fait naître la poésie. D'autres fois, ce sont des portraits inattendus, des reflets du réel, des voix et des visages qui se superposent et aimantent la poésie.
L'ensemble constitue un livre de 120 pages, judicieusement préfacé par le professeur Kamel Gaha qui souligne "l'élan de grâce" que l'auteure célèbre dans son recueil.
Enfin, plusieurs poèmes comme "Le bateau ivre", "Au fil de l'eau" ou "Mains de Fatma" mériteraient de figurer dans toute anthologie de littérature tunisienne de langue française. Et, c'est tout dire face à la dérisoire braderie et la foire d'empoigne qui trahissent notre poésie...


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