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L'art visuel tunisien s'invite à la Résidence de France
Publié dans Le Temps le 18 - 06 - 2016

La Résidence de France, l'historique et célèbre Dar El-Kamila, a de nouveau, et cela ne date que depuis deux à trois ans, réédité son action d'ouvrir ses jardins intra-muros, non plus seulement aux habituelles festivités du 14 Juillet, mais, à l'art, à la culture et même, une fois, à l'artisanat créateur et au design.
Cette orientation en direction du monde de la création se confirme, aujourd'hui, par l'organisation d'une exposition assez importante vouée à ce qui est considéré, pour le nombre d'artistes qui l'animent, comme un art contemporain, émergent en Tunisie. Certains vont même jusqu'à caractériser cette manifestation comme celle de l'avant-garde ! De qui ? Comment ? Par rapport à qui ?
Sans aller jusqu'à entériner ces affirmations non encore justifiées, nous lisons plutôt cette expérience comme l'expérience d'une sensibilité nouvelle d'un art actuel, d'un art pluriel qui fait sienne les conquêtes récentes des libertés d'expression et de création. L'ambiance est ainsi devenue favorable à l'annonce de certaines ruptures avec l'orientalisme, ( néo-orientalisme)... et l'affirmation de l'ancrage des arts plastiques tunisiens dans le modernisme et le post-modernisme avec des velléités de contemporanisme, inspiré par un modèle connu par tous comme son référentiel..
Il reste que nous constatons un décalage entre les arts pastiques de Tunisie et ceux qui en sont la référence. Ce décalage est à chaque fois reporté voire aggravé entre le modèle et son produit.
Beaucoup d'artistes tunisiens veulent opérer des recentrages multiples pour éliminer les décalages, combler les béances historiques, artistiques voire esthétiques entre les arts locaux de la périphérie et ceux de la mondialisation et du centre.
L'art contemporain peut-il aider à opérer la jonction entre les arts de la spécificité et ceux de la globalisation.
Effacer les décalages, les différences et les spécificités, pour atteindre ensemble ou séparément l'universalité est une tâche difficile mais possible à condition que les conditions qui entourent l'art et la production artistique soient similaires, isomorphiques un peu partout dans le monde... mais cela est une autre affaire. L'exposition d'aujourd'hui, n'est qu'une expérience parmi d'autres. Elle ne semble pas être à elle seule fondatrice d'un art de la rupture.
L'exposition en elle-même : Une intégration dans la nature (Pollen)
L'exposition, en elle-même, a été présentée par Sadika Keskès et Wadiï M'hiri, commissaires de l'exposition, comme une exposition d'avant-gardiste « qui a fait basculer le regard et la pensée vers ce mouvement de libération qui a rompu les frontières entre les disciplines artistiques et s'est détaché des supports traditionnels ». Sans discuter ces assertions nous pouvons dire que l'exposition en question n'est pas la première du genre. D'autres expositions et non des moindres, sont moins polémiques, mais, tout autant intéressantes.
Les résidents officiels des lieux Halima et François Gouyette préfèrent présenter l'exposition comme une affirmation du droit des artistes à la liberté d'expression et à la réflexion critique. Quant à nous, nous nous réservons le droit et le devoir de maintenir notre exigence de pratiquer une approche critique mais responsable sans faille de toutes les tentatives artistiques qui se développent dans notre pays et qui vaillent la peine d'être évaluées et appréciées.
L'espace qui reçoit l'exposition n'est autre que celui chargé d'histoire de la Résidence « El-Kamila » ou de la « perfection » soufflé par P. Assouline, comme traduction d'El Kamila.
Cette exposition occupe des espaces en plein air dans les jardins. Ces lieux savamment entretenus expriment un grand calme et une grande sérénité propices à la méditation et peut-être à la solitude. En fait, ces lieux font partie intégrante de l'exposition et de sa démarche. L'art peut être déployé en pleine nature sans qu'il dérange, par ses véhémences intempestives, quelquefois, l'ordre de la nature et de sa beauté.
Le catalogue « Pollen » de l'exposition nous a gratifié de très beaux textes accompagnant l'exposition et disant toute la beauté des lieux, beauté que les œuvres ne pouvaient peut être pas dire et qui pouvaient, cependant, suggérer la poésie des lieux, la magnificence d'un arbre hautain d'un bosquet touffu... un cyprès noble et droit où des palmiers « phénix » de l'antiquité, sans oublier le vert de la pelouse aux multiples nuances qui recevront dans le calme, ces œuvres mastodontes soucieuses d'expressivité et de véhémence artistique. La nature impose son ordre.
Des textes dont nous apprécions la délicatesse, ont été écrits par Hédi Kaddour, Coleste Fellous, Neïla M'hiri, Nacer Khmir, accompagné par P. Assouline en hommage à la nature.
Les œuvres de l'exposition et le contemporanisme en question, les artistes qui exposent sont Houda Ghorbel, Wadï M'hiri, Sadika Keskes, Mouna Jmel, Najet Ghrissi, Belkadhi Noutayel, B'chira Triki, Richard Conte et Meriem Bouderbala.
Les pelouses des jardins de la Résidence, la nature environnante ont accueilli les œuvres artistiques sans trop souffrir. C'est ainsi que les installations de toute sorte, les sculptures métalliques à la fonte et en tôle, les formes parallélépipèdes , les centaines de cubes en verre, les piquets en métal, les éléments en céramique ont été mis en contribution par les artistes pour déployer des œuvres en bonne et due forme sans rapport aucun avec l'éphémère ou l'informel ou même avec le fantasme. Les œuvres présentées sont liées à notre réel. Elles parlent de notre actualité, des blessures de notre terre, de notre patrimoine, des menaces de terrorisme assassin et de nos martyrs qui ont payé de leur vie. Cette exposition est contemporaine mais elle est contemporaine comme coprésence à nos préoccupations, à notre vie.
Cette exposition ne coupe pas les amarres avec notre réel avec notre monde. Au risque de ne pas plaire à nos deux commissaires, cette exposition est réellement l'exposition contemporaine que nous attendions. Elle n'a rien à voir avec l'intellectualisme esthétique, le vide du sens, la mort de l'art. Elle est en pleine problématique qui vise à ancrer l'art dans notre société et dans notre culture en passant par les procédés artistiques de la distorsion et surtout en optant pour l'utilisation poétique de la métaphore et à ce niveau, elle n'est en rupture qu'avec la médiocrité là où elle est décelée dans l'orientalisme, le néorientalisme dans le modernisme ou même dans le contemporanisme surtout celui porteur d'insignifiance.


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