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Sécurité alimentaire
Publié dans L'expert le 22 - 06 - 2009

Au moment ou des milliards de dollars se sont évaporés dans la nature à cause de la crise financière mondiale, plusieurs pauvres sur la planète meurent chaque jour de faim. Le monde n'a pas réussi jusqu'à présent à assurer sa sécurité alimentaire et il en fait de même pour sa sécurité financière. La crise économique et financière est venue faire empirer une situation de pauvreté et de misère déjà grave dans le monde. Elle a aussi confirmé l'existence de deux mondes : celui des riches qui gaspillent, et des pauvres qui n'arrivent même pas à ramasser. Le monde de Haifa Wahbi dont le mariage a coûté 9 millions de dollars, et le transfert de Cristiano Ronbaldo qui a coûté 93 millions d'euros soit 180 milliards de nos millimes. Les chiffres sur la faim dans le monde font peur. Le Forum céréalier mondial tenu la semaine dernière à Saint Petersburg, a permis de mettre la lumière sur une situation très inquiétante.
La nécessité d'une gouvernance de la sécurité alimentaire :
Le forum céréalier mondial qui s'est tenu à Saint Petersburg a fait état de la fragilité de la sécurité alimentaire dans le monde, surtout avec des prix à la hausse, une production en baisse et une demande de plus en plus croissante.
Lors de ce forum, M. Jacques Diouf, Directeur général de la FAO, a appelé à la construction d'un système de gouvernance de la sécurité alimentaire mondiale plus cohérent et plus effectif; et corriger les politiques et le système international d'échanges qui ont entraîné une aggravation de la faim et de la pauvreté.
La hausse des prix alimentaires a commencé en 2006, s'est accélérée en 2007 et a atteint un sommet en juin 2008. Cela signifie qu'en deux ans seulement, les prix internationaux des produits alimentaires de base ont augmenté d'environ 60 % alors que ceux des céréales doublaient.
Les prix moyens des denrées alimentaires sont toujours 17% plus élevés qu'en 2006 et 24% de plus qu'en 2005. Quant au rapport stock/utilisation des céréales, il était de 20,2% en 2007/08, soit son plus bas niveau en 30 ans.
Selon la FAO, la flambée des prix alimentaires a fait grimper de 115 millions le nombre d'affamés dans le monde. La crise économique et financière pourrait pousser quelque 100 millions de personnes de plus dans une situation de faim chronique, qui s'ajouteront au milliard de personnes qui ont faim aujourd'hui, soit 15% de la population mondiale.
Depuis le mois d'Avril, 31 pays se trouvent dans une situation de crise alimentaire nécessitant une aide d'urgence. Parmi ces pays, une vingtaine sont en Afrique, neuf en Asie et au Moyen-Orient et deux en Amérique centrale et les Caraïbes.
A la lumière des chiffres et résultats précités, l'appel du Président de la République pour la création d'un fonds Mondial de Solidarité, trouve sa légitimité. Le Président a déjà appelé à appliquer une taxe de 1 dollar pour chaque baril vendu dans le monde. Dans un monde de fous, on doit écouter la voix de la sagesse.

La crise financière entraîne 50 à 90 millions nouveaux pauvres :
La crise financière et économique actuelle n'a pas arrangé les choses. En effet, sous l'effet de la crise financière mondiale, la croissance prévue du PIB des pays en développement est la plus faible depuis les années 90. Selon les estimations de la banque Mondiale, le taux de croissance moyenne du PIB en 2009 dans ces pays atteindra à peine un quart du chiffre escompté avant que les troubles financiers ne dégénèrent en une véritable crise dans la deuxième moitié de 2008, et un cinquième du niveau atteint dans la période de forte croissance qui s'est achevée en 2007. Selon les prévisions, le taux de croissance tombera à 1,6 % en 2009 dans l'ensemble des pays en développement, contre une croissance moyenne de 8,1 % en 2006-07.
Selon les estimations, le fort ralentissement de la croissance économique provoqué par la crise financière actuelle pourrait se traduire par 200 000 à 400 000 décès supplémentaires d'enfants de moins d'un an en moyenne chaque année entre 2009 et l'échéance de 2015, date fixée pour la réalisation des Objectif de Développement du Millénaire.
Selon la Banque Mondiale, la crise alimentaire récente a fait sombrer des millions de personnes dans l'extrême pauvreté, et avec la perspective d'une croissance très ralentie dans les pays en développement, on s'attend à ce que la réduction de la pauvreté soit freinée. Selon des estimations, le nombre de personnes que la crise financière a entraîné en 2009 dans l'extrême pauvreté varie de 50 à 90 millions.
Dans le monde en développement, le nombre total de personnes vivant en 2009 avec moins de 1,25 dollar par jour devrait s'établir à 1,184 milliard, soit moins que les 1,375 milliard qui étaient estimés en 2005, même si le chiffre total atteint des sommets alarmantes.
Dans un rapport des Nations Unis et qui sera publié durant ces jours, un habitant de la Terre sur six souffre de graves carences alimentaires. En deux ans, leur nombre s'est accru de deux cents millions. Deux causes essentielles à ce désastre : un pouvoir d'achat des classes les plus pauvres qui s'érode et une aide internationale qui se contracte fortement. L'Afrique est le continent le plus touché : 32 % de sa population souffre de la faim. L'Asie est celui où l'on trouve le plus grand nombre d'affamés : 642 millions. Proche-Orient et Afrique du Nord connaissent la plus forte croissance du nombre d'êtres humains souffrant de carences alimentaires (+ 13 %). Seuls le continent latino-américain et les Caraïbes se portent un peu mieux.

La production céréalière mondiale devrait diminuer en 2009, mais les perspectives concernant l'offre restent satisfaisantes
La nature ne ménage pas aussi les pauvres. La production céréalière prévue pour l'année en cours est en baisse. Nous avons fait état du rapport rédigé par le FAO sur la production céréalière dans le monde sur les colonnes de l'Expert, dans un précédent papier. En effet, la production céréalière mondiale de 2009 devrait être supérieure à la moyenne, tout en reculant de 3% par rapport au chiffre record enregistré en 2008. L'impact de cette évolution sur les disponibilités de 2009/10 pourrait être en grande partie compensé par l'augmentation attendue des stocks de report de la campagne actuelle.

Les premières prévisions de la FAO concernant la production mondiale de céréales de 2009 s'établissent à 2 217 millions de tonnes (y compris le riz usiné), soit 3,1 % de moins que le sommet de l'an dernier, mais toujours la deuxième récolte la plus importante jamais rentrée. Les résultats devraient être en recul dans le cas du blé et des céréales secondaires, tandis que la récolte de riz mondiale pourrait enregistrer une nouvelle augmentation marginale.

Production mondiale de céréales ( en millions de tonnes)

2007
2008
estimations
2009
prévisions
Variation de
2008
à 2009 (%)
Asie
955.0
968.7
973.4
0.5
Afrique
133.7
151.3
153.8
1.7
Afrique du Nord
29.1
31.9
36.2
13.3
Amérique du Nord
461.1
457.0
435.9
-4.6
Europe
389.7
502.1
460.9
-8.2
Monde
2 132.4
2 289.1
2 217.0
-3.1
Source: FAO


Et la Tunisie ?
Selon les prévisions de la FAO pour la région de l'Afrique du Nord, la production totale de blé de se chiffrerait à quelque 17,9 millions de tonnes, soit 13% de plus que l'année précédente, tandis que celle d'orge atteindrait 5 millions de tonnes environ, en hausse de 50%.
Pour la Tunisie, malgré les incitations du gouvernement visant à augmenter la production intérieure pour atténuer les effets négatifs sur les consommateurs de la hausse des prix internationaux, les perspectives restent incertaines. Cette situation est attribuable pour l'essentiel à l'insuffisance des réserves d'humidité des sols à l'époque des semis, qui a entraîné une réduction de la superficie exploitée. Malgré une nette amélioration de la pluviosité en janvier et février, la production agricole ne devrait pas enregistrer de reprise notable.

Selon les chiffres du Département Américain à l'Agriculture (USDA), la Tunisie engrangera 1,1 million de tonnes de blé en 2009/10 (juin/juillet), contre 920 000 tonnes en 2008/09. Elle devrait importer 1,7 million de tonnes (1,6 million). Quant à l'utilisation domestique, il est évalué à 2,8 millions de tonnes (2,7 millions). Les stocks de fin de campagne s'établiraient à 844 000 tonnes (819 000). La Tunisie devrait également récolter 400 000 tonnes d'orge, contre 270 000 tonnes en 2008/09, grâce à des rendements plus élevés. Ses importations devraient donc reculer à 300 000 tonnes.
La Tunisie, est dieu merci, arrive à assurer pleinement sa sécurité alimentaire. C'est même un enjeu central de la politique de développement. Les prévisions pour la récolte en cours sont très encourageantes, malgré le secret qui entoure les vrais chiffres officiels du Ministère de l'Agriculture.
Sur le plan de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement, notre pays avoisine un taux de réalisation de 100% avant l'échéance de 2015.


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