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Etat et évolution du déficit commercial de la Tunisie : Quand un déficit confirme une dynamique de l'économie
Publié dans L'expert le 30 - 09 - 2010

Le sujet du déficit commercial, considéré par certains comme structurel, est un sujet qui nécessite une analyse très profonde. Depuis des années, nous n'avons pas enregistré une balance commerciale excédentaire, et on n'a pas à en rougir. En effet, les causes de ces déficits ne sont pas le signe d'une perte de compétitivité ou d'une politique à l'exportation laxiste. C'est même le contraire qui est enregistré. Les causes du déficit de la balance commerciale sont raisonnables et explicables économiquement. Les détails de ce déficit confirment même une dynamique de l'économie nationale. Faut-il rappeler que le déficit de la balance commerciale n'est pas propre à la Tunisie, c'est même «une mode» dans toutes les économies du monde.

Evolution du déficit commercial de la Tunisie

L'évolution du déficit commercial de la Tunisie n'était jamais constante. La tendance est généralement à la hausse d'une année à l'autre, mais enregistre parfois des baisses, selon l'évolution du commerce extérieur et la conjoncture nationale. La hausse du déficit variait généralement entre 5 et 20% annuellement.
Année
Déficit commercial (MD)
Taux de couverture (%)
1998
2972
68.7
1999
3104
69.2
2000
3733
68.2
2001
4161
69.6
2002
3762
72.2
2003
3696
73.7
2004
3781
76.6
2005
3498
79.8
2006
4445
77.8
2007
5027
79.4
2008
6604
78.2
2009
6409
75.2
8 Mois 2010
5560
73.5
Source: BCT+INS

Depuis le début de l'année le déficit commercial de la Tunisie connaît une décélération de son rythme d'évolution. Cette décélération traduit une conjoncture nationale qui s'améliore de plus en plus, avec une hausse des exportations, contre une légère baisse des importations.
Mois
Déficit commercial
Evolution
Janvier
729.6

Février
1245
70
Mars
2145
72
Avril
2867
33.6
Mai
3669
28
Juin
4443
21
Juillet
4929
11
Août
5560
12.8

Au cours du mois d'Août, les exportations ont évolué de 20.6%, alors que les importations ont augmenté de 29.6%. Pour mémoire, au cours du mois de Janvier les exportations ont augmenté de 6.8% et les importations de 36.9%. C'est dire l'écart rattrapé par les exportations et qui a permis de réduire considérablement le déficit de la balance commerciale. Ce rattrapage est le fruit d'une stratégie nationale à l'exportation réussie, et d'une conjoncture internationale favorable, soutenue par une amélioration de la croissance économique dans la zone euro. Faut il signaler, à ce niveau, que tous les analystes s'attendaient à une détérioration de nos exportations, suite aux problèmes de déficits publics que connaissait la zone euro, et les mesures d'austérité qui ont été prises et eu un impact sur la demande intérieure. Ce qui met encore en relief la performance des exportations tunisiennes jusqu'à présent.

Un déficit commercial sain

Le déficit commercial de la Tunisie était le sujet de la conférence annuelle des PDG des établissements financiers, tenue récemment au siège de la Banque Centrale. Le Ministre du Commerce et de l'Artisanat a rappelé à ce niveau qu'il s'agit d'un déficit sain, «d'autant que 77% des importations sont constituées d'intrants de production, de matières premières et d'équipements, notant que le taux d'augmentation de ces importations est demeuré stable, à 30% contre une accélération du rythme d'augmentation des exportations de 6,8% en janvier, à 20,6% en août. Le ministre a affirmé que la politique nationale en matière de lutte contre le déficit commercial prévoit la diversification des exportations de biens et leur adaptation aux spécificités des marchés extérieurs, l'augmentation des exportations de services et la diversification des marchés au sein de l'Union européenne (UE) et ailleurs». (Communiqué TAP).
Pour expliquer les raisons de ce déficit, il est important de décortiquer les composantes de nos échanges extérieurs. En 2009, les exportations et les importations étaient réparties comme suit :


Source: Rapport BCT

Les exportations tunisiennes sont dominées par les industries mécaniques et électriques, ainsi que le textile et habillement. A eux seuls, ils représentent plus de 60%, réalisés en grande partie en régime off shore. Du côté des importations, elles sont principalement constituées d'industries mécaniques et électriques, et d'énergie.
Il faut rappeler que le déficit de la balance commerciale, en biens et services, serait mois important, car nous avons une balance des services excédentaire. En 2009, cette balance a dégagé un excédent de 3.409 MD contre 3.257 MD en 2008, enregistrant une progression de 4,7%.
Durant les 8 premiers de l'année en cours, l'état de la balance commerciale n'a pas changé. Seule la balance des biens de consommation affiche un solde positif de 182MD (contre 393MD en 2009, et 897MD en 2008). Le reste des balances est déficitaires. On note à ce niveau le déficit de:
-La balance alimentaire de -265.7MD,
-La balance de matière première et demi produits de -2271MD,
-La balance de biens d'équipement de -3065MD,
-La balance énergétique de -141MD.
Par régime, le déficit commercial au régime général est de -8554MD durant les 8 derniers mois, alors qu'il dégage un excédent au régime offshore de +2993MD.
Le déficit de la balance commerciale (biens seulement) est causé en grande partie par deux rubriques: celle des matières premières et demi-produits (-2614MD en 2009), et des biens d'équipement (-3956 MD en 2009). Ce déficit traduit une dynamique de l'économie nationale qui a des besoins de productions à satisfaire, ce qui fait que ce déficit est sain. Pour entrer encore plus dans les détails, les importations tunisiennes en 2009, et en 2010 étaient largement constituées par l'importation d'équipement de transport coûteux (avions, trains,…) et qui pèsent énormément dans la balance commerciale. La hausse aussi de nos importations énergétiques, est aussi le résultat d'une demande nationale croissante.
Cette même balance est aussi pénalisée par les fluctuations des cours de certaines matières premières, que ce soit à l'importation ou à l'exportation. Il s'agit surtout des cours de l'énergie, ainsi que des phosphates.
L'évolution des cours des devises face au dinar tunisien a aussi joué un rôle important dans le déficit de la balance commerciale. En effet, au cours des derniers mois, le dollar s'est nettement apprécié face au dinar tunisien, et l'euro a enregistré une légère baisse suite à la crise de la zone, pour ensuite rebondir et retrouver ses niveaux habituels.
S'ajoute à cette situation, la nette dépendance des exportations tunisiennes, à la demande dans le marché européen, et spécialement la zone euro. Avec la crise qui sévit actuellement, la demande intérieure n'a pas encore repris sa ferveur d'avant crise.
En tout cas, le déficit commercial de la Tunisie n'est pas le résultat d'une perte de compétitivité des exportations tunisiennes ou d'une politique laxiste face aux importations. Il n'est pas non plus le résultat d'une perte de compétitivité de l'économie nationale, qui vient de se classer 32ème mondiale selon le récent rapport de Davos.
C'est pour cette raison qu'il ne faut pas s'alarmer face à ce déficit commercial, et essayer de le contenir, en dynamisant la politique d'exportation à travers la recherche de nouveaux marchés, et l'amélioration de l'approvisionnement des opérateurs nationaux. Il s'agit aussi d'orienter encore plus les efforts vers l'amélioration de la qualité de nos produits pour gagner encore en compétitivité.

Le déficit commercial, un des signes de la crise dans le monde

Le déficit de la balance commerciale n'est pas une exception tunisienne, c'est même la tendance la plus visible dans toutes les économies. La conjoncture actuelle, ainsi que la baisse enregistrée dans le commerce mondial provoquent des déficits historiques, quel que soit le niveau de développement du pays. Voici quelques exemples:
*Le déficit commercial au Canada a atteint un niveau record en juillet, il s'agit du plus important déficit enregistré depuis que l'agence a commencé à compiler cette statistique en 1971.
*Le déficit commercial britannique a atteint un niveau record en juillet, à environ 10,6 milliards d'euros. Le déficit avait atteint 7,5 milliards en juin, et a donc bondi de plus d'un milliard en un mois.
*Le déficit commercial de l'Espagne a augmenté de 32,7% sur un an en juillet à 4,288 milliards d'euros, soit son cinquième mois consécutif de hausse. Les exportations espagnoles ont augmenté de 13,2% sur un an à 16,379 milliards d'euros tandis que les importations ont grimpé de 16,7% à 20,666 milliards,
*Le déficit du commerce extérieur de la France a été proche de 24,5 milliards d'euros au premier semestre 2010 contre environ 20 milliards un an plus tôt.
*Le déficit commercial des Etats-Unis a atteint 123,3 milliards $ au deuxième trimestre. Il s'agit d'une hausse de 12,9 pour cent en trois mois. Le département du Commerce a indiqué qu'il s'agissait d'une quatrième augmentation de suite. L'écart entre les importations et les exportations est actuellement plus grand qu'il l'a été depuis la fin de 2008
*Le déficit commercial du Maroc s'est établi en hausse de 9,2% à fin mai 2010, à -5,458 milliards de DH, plombé par l'augmentation de la facture pétrolière. Le taux de couverture passe à 45,1%, en légère amélioration par rapport à la même période en 2009 (44,5),
Le traitement du déficit commercial de la Tunisie doit être mieux analysé pour connaître ses causes les plus profondes, afin d'orienter les interventions les plus appropriées. Pour le moment, et après avoir opté pour une économie ouverte, avec une libéralisation progressive du commerce extérieur, faire «une marche arrière» n'est pas d'actualité, et l'attitude protectionniste ne sera pas bénéfique pour notre économie. Dans ce cadre, il est important d'axer les interventions vers l'amélioration de nos exportations, à travers l'imagination d'une nouvelle stratégie géographique et par produit. En recevant le premier Ministre mardi dernier, le Président de la République a donné les grandes orientations pour y parvenir, en insistant sur la nécessité d'impulser le commerce extérieur et l'exportation et le renforcement du positionnement du produit national sur le marché international.
Il n'y a qu'à s'y mettre….


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