Alors que le conflit entre Israël et l'Iran entre dans une phase critique, la chaîne israélienne Channel 12 a rapporté ce mardi soir que des sources politiques à Tel Aviv estiment que les Etats-Unis pourraient rejoindre la guerre contre l'Iran dès cette nuit. Une hypothèse qui fait l'objet de spéculations croissantes dans les cercles diplomatiques et militaires, mais qui se heurte à de sérieuses oppositions sur le plan institutionnel à Washington. En effet, selon la chaîne américaine CBS News, des législateurs des deux partis au Congrès américain sont en train d'agir pour limiter la capacité du président Donald Trump à ordonner une frappe militaire unilatérale contre l'Iran. Ils rappellent que seul le Congrès détient constitutionnellement le pouvoir de déclarer la guerre, selon les dispositions de l'article I de la Constitution des Etats-Unis. Les tensions au sein de la classe politique américaine surviennent alors que la presse israélienne et américaine évoque un affaiblissement progressif de la capacité défensive d'Israël, en cas de poursuite du conflit sans soutien extérieur. La Washington Post, citant un rapport de renseignement conjoint israélo-américain, affirme qu'Israël serait en mesure de résister aux frappes iraniennes pendant 12 jours sans assistance américaine directe. Toutefois, les capacités d'interception des systèmes de défense comme le Dôme de fer s'éroderaient au fil du temps. Dès la fin de la première semaine, les autorités israéliennes pourraient être forcées de choisir les cibles à intercepter, compte tenu de l'épuisement du système anti-aérien. Cette perspective soulève des interrogations sur l'autonomie stratégique d'Israël et la capacité de ses alliés à intervenir rapidement dans un conflit à haute intensité. Vers une redéfinition des seuils d'intervention ? L'évolution actuelle du conflit israélo-iranien, et l'éventualité d'une implication militaire américaine directe, révèlent une ligne de fracture croissante entre la Maison-Blanche et le Congrès. Alors que Donald Trump multiplie les signaux bellicistes, la résistance institutionnelle américaine souligne une volonté de réaffirmer les garde-fous démocratiques en matière de guerre. Dans un contexte où le système défensif israélien montre des signes d'essoufflement, la question de l'intervention américaine devient non seulement politique, mais aussi techno-militaire. L'enjeu n'est pas uniquement la protection d'un allié, mais le maintien de la supériorité stratégique régionale des Etats-Unis, face à un Iran résilient, déterminé à étendre son influence par la dissuasion asymétrique. L'entrée potentielle des Etats-Unis dans ce conflit transformerait un affrontement régional en guerre à ramifications globales, impliquant des risques de répercussions sur les marchés de l'énergie, les flux migratoires, la sécurité des détroits stratégiques (Ormuz, Bab el-Mandeb), et la position des grandes puissances (notamment la Chine et la Russie) sur l'échiquier moyen-oriental. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!