Alors que Gaza sombre dans une catastrophe humanitaire sans précédent – une population affamée, privée d'eau et de soins, soumise à des bombardements quotidiens – la communauté internationale assiste, impuissante ou complice, à une injustice criante. D'un côté, le ministre israélien Itamar Ben-Gvir distribue des milliers de fusils d'assaut et facilite l'armement de civils et de colons en Cisjordanie et en Israël. Plus de 10 000 armes ont déjà été mises entre les mains de groupes civils, dans un contexte où les violences contre les Palestiniens se multiplient. De l'autre, ces mêmes capitales occidentales qui ferment les yeux sur cette militarisation appellent, avec insistance, à désarmer la résistance palestinienne – notamment le Hamas – au nom de la paix et de la stabilité. Une asymétrie insoutenable Comment justifier que l'Etat occupant puisse non seulement maintenir une armée surpuissante, dotée de l'arme nucléaire, mais aussi armer des civils et des colons, pendant que le peuple occupé, assiégé et massacré, devrait renoncer à toute forme de défense ? Il ne s'agit pas ici d'un débat académique, mais d'une réalité vécue par les 2,3 millions de Gazaouis, dont la majorité souffre aujourd'hui de malnutrition aiguë. Les rapports de l'ONU évoquent des famines organisées, des pénuries intentionnelles, des destructions massives d'infrastructures civiles. Dans ce contexte, demander à la résistance palestinienne de déposer les armes revient à lui imposer une reddition totale, face à un Etat qui ne cesse de renforcer son appareil répressif. Le double standard occidental Ce paradoxe révèle un double standard insupportable : * Quand un Etat d'occupation arme sa population ou ses alliés, cela devient un acte de légitime défense. * Quand un peuple colonisé tente de résister, même avec des moyens rudimentaires, il est immédiatement criminalisé. L'Union européenne et les Etats-Unis exigent la « démilitarisation de Gaza », mais ne disent rien sur la prolifération d'armes entre les mains de colons extrémistes. La même logique avait déjà prévalu ailleurs : dans l'Afrique du Sud de l'apartheid, il fallait désarmer l'ANC pendant que le régime raciste s'équipait d'armes occidentales. Le droit à résister Le droit international reconnaît aux peuples colonisés le droit de résister à l'occupation. Nier ce droit aux Palestiniens revient à leur dénier leur humanité. En revanche, armer les colons israéliens, dont certains sont directement impliqués dans des tueries et des attaques meurtrières contre des civils palestiniens, alimente un cycle de violence et légitime l'expansion coloniale. Dans le contexte d'un génocide silencieux à Gaza et d'une famine qui menace la survie de toute une population, l'attitude des puissances occidentales apparaît non seulement incohérente, mais profondément injuste. Armer les oppresseurs et désarmer les opprimés : voilà l'essence même de l'hypocrisie internationale. Un peuple qui lutte pour sa survie ne peut être sommé d'abandonner ses moyens de défense, surtout face à une machine de guerre qui continue, jour après jour, à détruire son présent et son avenir. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!