Comme quoi le président Donald Trump, en dépit des pouvoirs qu'il se donne et de son appétence pour l'autocratie, n'est pas le Maître absolu aux USA. Ce n'est pas la première fois que le président américain mord la poussière face à de « petits » juges fédéraux, mais cette fois la défaite fait très mal parce qu'elle touche un symbole fort de cette Amérique que Trump veut mettre au pas : l'«Alcatraz des alligators»… Le républicain a monté ce centre de rétention au milieu des marécages des Everglades, dans l'Etat de Floride, pour y parquer les immigrés expulsables et dissuader tous les autres migrants d'entrer illégalement. La justice lui a demandé de démonter ce site installé dans la précipitation en juin dernier, avec d'horribles cages grillagées et des pavillons de toile blanche qui ulcèrent les défenseurs des droits humains. L'administration Trump a fait savoir hier mercredi 27 août qu'elle se conformera aux injonctions de la justice. Cette fois ses copains juges à la Cour suprême (6 « Sages » sur 9 sont acquis à sa cause, dont 3 qu'il a nommés personnellement) ne pourront rien faire pour leur Président. Mais attention, si le républicain a perdu la bataille ce n'est pas à cause des conditions de détention, c'est à cause du péril environnemental dans cet espace protégé. Le locataire de la Maison-Blanche enragera encore plus, lui qui a piétiné tous les accords internationaux sur la protection de l'environnement et le climat, et s'est remis à polluer massivement (par l'extraction pétrolière et gazière, surtout le gaz de schiste) dès son retour aux affaires. Les déboires du président américain sont venus de Kathleen Williams, une juge de Floride ; elle a frappé d'interdiction le 21 août 2025 toute détention de nouveaux migrants dans ce centre de rétention. Dans la foulée elle a ordonné de démanteler une kyrielle d'équipements. Donc la fin du projet vanté par Trump était déjà sur orbite. Le Département américain de la Sécurité intérieur (DHS) a dit hier dans un communiqué repris par la chaîne CBS News qu'il avait entamé le transfert des prisonniers vers d'autres centres de détention. L'administration Trump ne décolère pas, elle fustige une «juge activiste», «une autre tentative d'empêcher le président de remplir le mandat confié par le peuple américain, à savoir éliminer le pire du pire [des immigrés]». «Le DHS se conforme à cette décision [de justice] et transfère les détenus vers d'autres établissements, poursuit le communiqué. Nous continuerons à nous battre bec et ongles pour éliminer le pire du pire des rues américaines», disent les autorités. L'administration fédérale misait sur le fait que Mme Williams ajournerait son jugement après que l'Etat de Floride a fait appel. Mais la magistrate a conclu que les autorités fédérales et floridiennes n'ont pas présenté de «nouvelles preuves» étayant le fait que la sentence ne sera pas exécutée tant que le jugement en appel n'est pas rendu… Le DHS a livré sa position quelques heures après que l'agence Associated Press a ébruité un mail disant que la prison serait bientôt évacuée. «Nous allons probablement nous retrouver avec zéro personne dans quelques jours», a écrit Kevin Guthrie, un haut responsable de Floride, dans un courriel envoyé à un rabbin de Floride qui voulait installer une aumônerie dans le centre. La décision de sabrer l'«Alcatraz des alligators» est également un revers pour le très conservateur Ron DeSantis, gouverneur de Floride. Questionné sur cette affaire lors d'une visite à Orlando, il a tenté de sauver la face en expliquant la baisse du nombre de prisonniers par les expulsions massives.«En fin de compte, c'est le DHS qui décide où il veut placer les détenus, et c'est lui qui décide quand il veut les expulser», a déclaré le gouverneur, cité par la chaîne KRCR-TV… Le républicain a tout de même reconnu que le contentieux avec la justice pouvait «influencer» la cadence des expulsions, une promesse électorale forte de Trump. Cette fois la juge Kathleen Williams a barré sa route. Si la dame ne l'avait pas arrêté les deux autres plaintes contre cette prison de migrants auraient très probablement stoppé le président.
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