Puisque de toute évidence le président Vladimir Poutine ne veut pas mettre fin à sa guerre, puisqu'il continue de s'acharner sur les civils et lambine pour s'asseoir à la table des négociations, l'Ukraine et ses alliés feront en sorte que le prix de ce conflit soit si lourd que la Russie sera contrainte de plier. Cela fait 3 ans et demi que Moscou commet les horreurs que l'on sait, quotidiennement, l'Ukraine est toujours debout. Moscou peut tourner la chose comme elle veut, avec ses propagandistes lâchés sur tous les médias à la solde du régime, on ne peut pas considérer qu'occuper quelques bouts de terre au prix de centaines de milliers de morts soit une victoire pour la «Grande Russie». Ce n'est pas ça que Poutine avait vendu à son peuple. Et ce qui se profile accentuera encore plus le naufrage de la grandiloquence russe. Les ennuis se corsent pour la Russie D'abord il y a les coups que l'armée ukrainienne porte aux infrastructures pétrolières de l'ennemi, aux aéroports et autres sites sensibles, à coups de drones, nés de l'ingéniosité des Ukrainiens, sans aucune intervention extérieure. C'est d'ailleurs ce qui a sauvé le pays quand les chars russes encerclaient la capitale, Kiev, dès les premiers jours de la guerre. Les frappes dans les raffineries russes sont telles que le pays aurait perdu près de 40% de sa capacité de production, générant de lourdes pertes financières et des pénuries dans certaines régions du pays. Mais pour le maître du Kremlin il y aura pire. Son «ami», celui qu'il flatte bassement pour s'assurer que sa main ne frappera pas, le président Donald Trump, a validé la vente à l'Ukraine de 3350 missiles air-sol à longue portée et d'autres équipements, pour un montant global de 825 millions de dollars, a fait savoir hier jeudi 28 août le gouvernement américain. Ces projectiles feront mal, très mal à Poutine. En attendant le missile de croisière que l'Ukraine a conçu, le « Flamingo« , d'une portée de 3000 km tout de même. Une perspective qui affole les télévisions russes. Puisque le chancelier allemand Friedrich Merz a flanché après avoir promis de livrer à l'Ukraine des missiles à longue portée Taurus, Kiev les fabriquera lui-même, sur son sol. Et les risques que les Occidentaux ne veulent pas prendre les Ukrainiens les prendront, comme ils le font depuis que leurs voisins campent chez eux. L'arment américain est annoncé le jour où Trump s'est dit «pas content» mais «pas surpris» des derniers bombardements russes sur Kiev, au moins 23 vies fauchées, dont 4 enfants, d'après la Maison-Blanche. Pour le président américain «peut-être que les deux parties de ce conflit ne sont pas prêtes à y mettre fin elles-mêmes», a confié hier jeudi dans la soirée la porte-parole de Trump, Karoline Leavitt. Il est comme ça le président américain, un coup vers Moscou, un autre vers Kiev, au gré de ses humeurs et des morts ukrainiens que lui rapporte sa femme Melania. Cette valse en fait un allié peu fiable et le président Volodymyr Zelensky le sait. Il sait que le républicain est capable de se dédire sur son engagement à stopper rapidement cette guerre... Trump vend aux plus offrants, aux Européens… Les Ukrainiens n'oublieront jamais le lynchage public de leur président dans le chaudron du Bureau ovale, ils n'oublieront jamais que Trump avait coupé les livraisons d'armes et les renseignements quand Kiev a refusé de brader ses terres et métaux rares. Mais puisque c'est le républicain qui a les armes, puisque ce sont les USA qui tiennent toujours entre leurs mains le destin de l'Europe, alors c'est avec eux qu'il faut négocier, même en se pinçant le nez. Puisque Trump refuse de fournir des armes à l'Ukraine au motif que «ce n'est pas sa guerre mais celle de Joe Biden», puisqu'il refuse de financer à crédit et puisqu'il n'est sensible qu'aux gros chèques, alors l'Ukraine et ses soutiens payeront pour avoir ce qu'ils veulent. D'une certaine façon c'est beaucoup mieux, la terreur qu'inspire la Russie poussera les Européens à hâter le pas. «Cette vente améliorera la capacité de l'Ukraine à faire face aux menaces actuelles et futures en la dotant de moyens supplémentaires pour mener à bien des missions d'autodéfense et de sécurité régionale», dit dans un communiqué l'Agence américaine de coopération pour la défense et la sécurité (DSCA)... Il est question d'«améliorer la sécurité d'un pays partenaire qui est un moteur de la stabilité politique et du progrès économique en Europe», ajoute le texte. Enfin, il est surtout question de gros sous, le seul langage que comprend le président-milliardaire. Il a tordu le bras aux Européens en les obligeant à financer l'aide à l'Ukraine, et donc à enrichir l'industrie militaire américaine. C'est soit ça soit les USA laissent avancer «l'ogre», «le prédateur» aux portes de l'Europe (c'est le président français qui l'a dit). Tout compte fait cet épouvantail – Poutine – fait les affaires de Trump : il encaisse à tous les étages et lorgne même le business en Russie. Il est comme ça le président américain : Parfaitement, totalement, complètement amoral. La fin, selon lui, justifie tous les moyens. Il a dévoilé récemment un accord qui prévoit que les alliés européens et le Canada achèteront des armes américaines pour les livrer à l'Ukraine. L'annonce d'hier jeudi sur les 3350 missiles a été faite après la grosse enveloppe remise par le Danemark, les Pays-Bas et la Norvège, plus un financement américain – Poutine appréciera. Mais ce dispositif n'a rien à voir avec le «PURL» («liste des besoins priorisés de l'Ukraine»). Tout cela pour dire que cette guerre n'a jamais été un long fleuve tranquille pour la Russie et le sera de moins en moins à mesure que le camp d'en face monte en puissance, en termes d'expérience et d'équipements modernes.
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