Dans une semaine, le 22 septembre 2025, le président français, Emmanuel Macron, prendra la direction de l'ONU, à New York, pour y reconnaître officiellement l'Etat de Palestine. Cette affaire ne sera pas un long fleuve tranquille, ni pour les Palestiniens ni pour le chef de l'Etat français. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé la couleur : il tuera dans l'oeuf ce projet en colonisant à tour de bras et en faisant en sorte que l'Etat palestinien n'existe que dans les déclarations. Cela ne fera pas reculer Macron, il est contraint d'avancer, d'assumer toutes les conséquences de sa bravade. Il est soutenu dans ce combat par le Premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure… C'est lui dont le nom était le plus cité pour remplacer François Bayrou à Matignon, alors quand il parle on l'écoute. Faure a appelé hier dimanche 14 septembre à planter le drapeau palestinien dans les mairies le 22 septembre. «Le 22 septembre, quand la France reconnaîtra enfin l'Etat palestinien, faisons flotter le drapeau palestinien sur nos mairies», a posté le patron du PS sur le réseau social X. Il a placé son appel au-dessus d'un article traitant les manifestations propalestiniennes qui ont fait capoter la dernière épreuve cycliste de la Vuelta, en Espagne. Répliquant à la remarque de l'ex-porte-parole de l'armée israélienne Julien Bahloul, qui a rappelé sur X que la date du 22 septembre coïncide aussi cette année avec « Rosh Ha-Shana », le Nouvel an juif, Faure a dit ceci : «Tant que vous penserez que vous ne pouvez fêter le nouvel an juif et l'an 1 d'un Etat palestinien, vous ne sèmerez que la haine, le désespoir et la mort». La dernière personnalité politique à avoir proposé d'afficher le drapeau palestinien dans des lieux publics est Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de la France insoumise. Le leader du PS tente de lui voler la vedette, le ton monte crescendo contre Israël. A l'instar du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, un socialiste, Faure a été cinglant le 13 septembre 2025 à la Fête de l'Humanité, lors d'un débat avec les autres formations de gauche… «Il faut rendre à Gaza sa liberté. Quand la famine est utilisée comme arme de guerre, il y a effectivement un génocide que nous devons dénoncer. Le 21 septembre, à l'appel du Parti communiste, j'irai marcher dans les rues de France. Nous voulons des sanctions contre le gouvernement génocidaire de Netanyahu», a-t-il martelé. Faure y est allé très fort et sa proposition sur les drapeaux palestiniens fait débat, même dans les rangs du PS. Le député socialiste Jérôme Guedj lui verrait bien les mairies installer deux drapeaux, un israélien et un palestinien. «Je préfère la position des mairies, comme celle de Rouen, qui pavoisent leur fronton aux couleurs du drapeau israélien et palestinien», a-t-il défendu Guedj sur BFMTV. Il a expliqué que «la position historique de la France depuis François Mitterrand, c'est la solution à deux Etats»… Une solution d'ailleurs plébiscitée vendredi dernier à l'ONU, par une écrasante majorité de 142 Etats. Par contre l'idée des drapeaux n'enchante pas Eléonore Caroit, une élue du camp présidentiel. «Je ne trouve pas que ce soit une réponse adéquate», a-t-elle argué. Même son de cloche chez le président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), Yonathan Arfi – le contraire nous aurait étonné. «Je n'ai pas souvenir que vous ayez demandé aux mairies d'afficher les portraits des otages retenus à Gaza. Ni les drapeaux du Sud Soudan ou du Kosovo quand la France les a reconnus»… «La France a besoin d'apaisement, pas de surenchère démagogique et clientéliste», a-t-il ajouté, avant de clamer sa ferme opposition à la reconnaissance de l'Etat de Palestine, une «faute morale et politique» selon lui. Le député du Rassemblement national (RN) Laurent Jacobelli quant à lui a dit ceci à propos du leader du PS : «Qu'il aille vivre en Palestine». Des propos qui cadrent avec la ligne de la cheffe de file de l'extrême droite, Marine Le Pen, qui avait dit publiquement le 15 mai dernier qu'elle soutient inconditionnellement les atrocités commises par Benjamin Netanyahu à Gaza. Pour ce qui est des Ecologistes – là aussi ça ne surprendra personne -, à Rennes ils insistent pour que la mairie dirigée par la socialiste Nathalie Appéré plante le drapeau de la Palestine sur son fronton. Idem dans la capitale, le Conseil de Paris a validé une proposition un vœu (également à la demande des Verts) pour que la Tour Eiffel soit éteinte en hommage aux Palestiniens, en dépit du désaccord la maire socialiste Anne Hidalgo. Donc vous l'aurez compris : l'événement sera la 80e Conférence mondiale de l'ONU, sous la houlette de Paris et de l'Arabie saoudite, une cause qui est entendue puisque 148 nations dans le monde reconnaissent formellement l'Etat palestinien. Mais l'événement aura lieu aussi chez Macron, en France.
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