L'Italie a été secouée ce lundi par une série de grèves et de blocages menés par les travailleurs portuaires, en signe de protestation contre la guerre menée par Israël à Gaza. À Gênes, dans le nord-ouest du pays, les routes menant au port ont été fermées dès les premières heures de la journée, tandis qu'à Livourne, en Toscane, les manifestants ont empêché l'accès aux terminaux maritimes. Des ports transformés en lieux de contestation Dans ces villes portuaires, des drapeaux palestiniens ont flotté parmi les manifestants qui affirment vouloir empêcher que l'Italie soit utilisée comme point de transit pour des cargaisons d'armes et d'équipements militaires destinés à Israël. « Le peuple palestinien continue de nous donner une leçon de dignité et de résistance. Nous apprenons d'eux et nous essayons de jouer notre rôle », a déclaré Ricky, un docker de Gênes membre du collectif des travailleurs portuaires indépendants. Des actions similaires ont été signalées à Ravenne et dans d'autres ports italiens, avec le soutien de syndicats de gauche déterminés à freiner tout transit militaire lié à Israël. Des répercussions sur le transport et les écoles Au-delà des ports, le mouvement a touché d'autres secteurs. Plusieurs écoles ont fermé et des services de transport ferroviaire ont été perturbés, avec des retards et des annulations sur les lignes reliant notamment Rome. À Milan, les lignes de métro ont toutefois continué de fonctionner normalement, et le trafic aérien n'a pas été affecté. La mobilisation intervient alors que la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, affiche son soutien à Israël au sein de l'Union européenne. Mais ce positionnement provoque des tensions croissantes au sein de sa coalition, fragilisée par la poursuite de la guerre à Gaza et par la pression de l'opinion publique italienne. Un mouvement qui gagne l'Europe L'Italie n'est pas isolée. Ces actions font écho à d'autres mouvements en Europe : à Marseille, Göteborg ou encore au Pirée, les dockers ont également refusé de manipuler des cargaisons soupçonnées d'être destinées à Israël. En Espagne, les syndicats des ports de Barcelone et de Valence ont menacé d'entrer en grève si aucune inspection rigoureuse des conteneurs suspects n'était assurée. Ces grèves coordonnées pourraient avoir un double impact : bloquer certaines cargaisons militaires et ralentir le trafic commercial. Surtout, elles accentuent la pression sur l'Union européenne pour qu'elle adopte une position plus ferme vis-à-vis de l'exportation d'armes vers Israël. Pour les syndicats, ces actions constituent avant tout un geste de solidarité avec Gaza et un appel à mettre fin à ce qu'ils qualifient de « guerre dévastatrice ». Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!