Les racines du mal qui ronge la Paix au Moyen-Orient depuis 76 ans. Le général de Gaulle, qui a libéré son pays – la France – du joug allemand et a présidé à ses destinées de 1959 à 1969, fait partie des éléments constitutifs de la genèse de l'Etat d'Israël, en 1948. On ne peut pas comprendre la trajectoire du gouvernement d'extrême droite de Benjamin Netanyahu si on ne remonte pas aux sources. Pour éclairer le débat sur les contorsions de Tel-Aviv après le Plan de Paix dégainé par les USA (Netanyahu clame qu'il campera à Gaza et pas question d'un Etat palestinien), pour se rendre compte à quel point il est définitivement impossible de composer avec le sionisme, il faut réécouter les sages paroles du général. Voilà ce qu'il disait en 1967, déjà, dans une de ses fameuses conférences de presse, des chaudrons dans lesquels les leaders actuels n'osent plus plonger. « C'est ce que j'avais moi-même déclaré à M. Eban, ministre des Affaires étrangères d'Israël, que je voyais à Paris. Si Israël est attaqué, lui dis-je alors en substance, nous ne le laisserons pas détruire. Mais si vous attaquez, nous condamnerons votre initiative. Certes, malgré l'infériorité numérique de votre population, étant donné que vous êtes beaucoup mieux organisés et beaucoup plus rassemblés, beaucoup mieux armés que les Arabes… » « Je ne doute pas que, le cas échéant, vous remporteriez des succès militaires, mais ensuite vous vous trouveriez engagés sur le terrain et au point de vue international, dans des difficultés grandissantes. D'autant plus que la guerre en Orient ne peut pas manquer d'augmenter dans le monde une tension déplorable et d'avoir des conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays ». « Si bien que c'est à vous, devenus des conquérants, qu'on en attribuerait peu à peu les inconvénients. On sait que la voix de la France n'a pas été entendue, Israël ayant attaqué, s'est emparé en six jours de combat des objectifs qu'il voulait atteindre. Maintenant il organise sur les territoires qu'il a pris, l'occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions… ». « Et il s'y manifeste contre lui la résistance qu'à son tour il qualifie de terrorisme. Il est vrai que les deux belligérants observent pour le moment d'une manière plus ou moins précaire, irrégulière, le cessez-le-feu prescrit par les Nations Unies. Mais il est bien évident que le conflit n'est que suspendu et qu'il ne peut pas avoir de solution, sauf par la voie internationale ». « Mais un règlement dans cette voie, à moins que les Nations Unies ne déchirent elles-mêmes leur propre charte, un règlement doit avoir pour base l'évacuation des territoires qui ont été pris par la force. La fin de toute belligérance et la reconnaissance de chacun des Etats en cause par tous les autres ». On est encore immergé dans les réalités dépeintes par le général il y a presque 60 ans. Ce discours est d'une saisissante actualité. Ce qui manque dans le funeste décorum sous nos yeux ce sont des hommes et femmes éclairés, ce qui fait défaut c'est la puissance de la réflexion profonde, une petite dose d'humanisme, l'amour de son prochain et un minimum de clairvoyance face à l'impasse que décrivait de Gaulle. Cela fait beaucoup de trous, beaucoup trop, au point de se demander si l'espoir est encore permis. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!