Pendant que le chef de file de la droite et ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, fait le coq avec le Premier ministre Sébastien Lecornu et impose ses vues jusqu'à faire imploser le gouvernement, que font ses « ouailles » ? Et bien certaines serrent les rangs et combattent avec le leader, d'autres lui tirent dans les pattes (par exemple l'ennemi de l'intérieur, le chef des députés Laurent Wauquiez), d'autres s'encanaillent littéralement et déshonorent la classe politique – elle s'en passerait bien -, abîment davantage la République. C'est le cas du sénateur Les Républicains Philippe Mouiller. L'homme a été conduit ce mercredi 8 octobre au commissariat, on l'a retrouvé ivre et blessé sur la voie publique, rapporte Le Parisien, corroborant une information de Paris Match. D'après le journal le responsable politique, complètement dans les vapes, aurait même agressé les secours quand ils sont venus le sortir de ce mauvais pas. Cette scène surréaliste et indigne d'un élu de ce calibre – indigne de tout citoyen tout court – s'est produit au petit matin, boulevard Saint-Germain. Le sénateur des Deux-Sèvres, âgé de 56 ans, «a été découvert inanimé sur la voie publique en bas de son domicile par des policiers en patrouille», a indiqué le parquet de Paris. «Il présentait un état d'ivresse publique manifeste et des marques de contusions sur le visage. L'homme a présenté une vive résistance aux policiers qui tentaient de le faire transporter à l'hôpital par les pompiers, ce qui les a conduits à le menotter», dit la même source. Il aurait débité des paroles «méprisantes envers les agents et les pompiers»… Menotté une première fois «pour sécuriser la prise en charge» alors que Mouiller se rebellait, les agents ont dû batailler pour le maîtriser et le conduire à l'hôpital. Ensuite il a été transporté au commissariat du Ve et VIe arrondissement, et placé en cellule de dégrisement. Il «n'a pas encore pu être entendu dans les formes de l'audition de victime sur les circonstances qui l'auraient conduit à cette situation», précise le parquet de Paris. A noter que le responsable politique a été élu pour la première fois en 2014 au Sénat et qu'il est également président de la Commission des Affaires sociales de la chambre haute. Donc Retailleau, qui a présidé le groupe des sénateurs de la droite jusqu'à sa nomination à la Place Beauvau, connait bien cet individu… Pour les Républicains cette affaire fait tache, eux qui sont en quête de respectabilité (les casseroles judiciaires du président Nicolas Sarkozy leur ont coûté cher) et qui reculent élection après élection (ils n'ont que 45 députés sur 577, il ne faut pas se fier au tintamarre qu'ils font au gouvernement). La Macronie aussi a ses turpitudes certes, mais le fait est que c'est plus dommageable pour la droite, qui se drape avec le conservatisme et les valeurs de la République. Retailleau devra balayer devant sa porte.
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