Au quatrième jour du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, un échange d'otages d'ampleur a commencé lundi matin : sept détenus israéliens ont été remis au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et d'autres libérations sont attendues dans les heures qui viennent, dans le cadre d'un accord plus large qui prévoit la remise d'environ 20 otages vivants contre la libération de près de 1 900 détenus palestiniens. Les faits en bref Sept otages israéliens ont été transférés aux équipes humanitaires du CICR, marquant le démarrage concret de l'opération d'échange. Les Brigades al-Qassam ont publié les noms de vingt otages israéliens vivants qui doivent être libérés dans le cadre de la « transaction du Déluge d'al-Aqsa ». En contrepartie, Israël doit relâcher plusieurs centaines de prisonniers palestiniens, pour un total estimé à près de 1 900 détenus. Des sources sécuritaires israéliennes ont indiqué que le transfert des otages devait commencer à huit heures du matin, en deux vagues successives jusqu'à dix heures. Le CICR, chargé de superviser la logistique, a lancé une opération en plusieurs phases pour garantir la sécurité et la conformité de l'échange. Les acteurs et les déclarations Du côté palestinien, les Brigades al-Qassam ont salué l'accord comme le fruit de la « résistance et de la persévérance », estimant que la libération des otages constitue une victoire politique et morale après 735 jours de guerre. Elles ont réaffirmé leur engagement à respecter les calendriers convenus, à condition que la partie israélienne fasse de même. Elles ont également accusé Israël d'avoir échoué à récupérer ses otages par la force malgré sa supériorité militaire et technologique, ajoutant que « le gouvernement israélien n'a cédé qu'en s'inclinant devant la voie de la négociation ». Aux Etats-Unis, le président Donald Trump a confirmé la fin de la guerre, affirmant que « le conflit à Gaza est terminé ». Il a déclaré qu'il mettrait en place un Conseil de paix pour Gaza « dans les plus brefs délais » et a qualifié l'accord de paix en cours d'« un des plus grands accomplissements » de sa présidence. Trump a entamé un voyage au Moyen-Orient qui le conduira en Israël puis en Egypte, où il doit participer à une conférence internationale sur le cessez-le-feu. Selon lui, « la présence de nombreux dirigeants mondiaux à ce sommet montre que le monde est uni autour de la paix à Gaza ». Enjeux et points de friction Cet accord d'échange intervient dans un contexte particulièrement sensible. En Israël, les familles d'otages réclament depuis des mois le retour de leurs proches, tandis que plusieurs voix politiques s'opposent à la libération de prisonniers palestiniens condamnés pour des faits graves. Les autorités pénitentiaires israéliennes ont indiqué avoir achevé leurs préparatifs pour la libération des détenus concernés. À Gaza, les autorités locales ont annoncé avoir démantelé une milice accusée de collaborer avec l'armée israélienne et impliquée dans des actes de pillage et de violence contre des déplacés, une opération qui vise selon elles à « rétablir la sécurité interne » à la veille du grand échange. Quelles perspectives ? La libération des premiers otages marque une étape diplomatique majeure. Le sommet international prévu en Egypte doit servir à transformer le cessez-le-feu en un processus politique durable. Les discussions porteront sur la reconstruction, le retour des déplacés, la gouvernance future de Gaza et les garanties de sécurité pour les deux parties. Cependant, de nombreuses incertitudes demeurent : le maintien du cessez-le-feu, la libération complète des otages, la gestion des frontières et la reprise de la vie civile. Les prochains jours seront décisifs pour savoir si la trêve peut se muer en véritable paix durable. Ainsi, l'opération d'échange d'otages, encadrée par le CICR et soutenue par la médiation internationale, symbolise une rare accalmie après deux années d'un conflit meurtrier. La libération des premiers détenus ranime l'espoir des familles et ouvre une fenêtre diplomatique fragile. Le monde observe désormais si les engagements pris se traduiront en actes et si cette trêve peut devenir le prélude d'un règlement politique global. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!