The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Quand on vous disait que depuis le ratage complet de la dissolution du Parlement le président Emmanuel Macron vogue d'une décision irrationnelle à une autre. Alors qu'il s'était engagé à donner « carte blanche » à son Premier ministre Sébastien Lecornu – c'était même la condition de son retour après le crash express de son gouvernement – le chef de l'Etat scie la branche sur laquelle est assise sa dernière carte. Une sorte de réflexe pavlovien pour le chaos qu'il espère créateur. Créateur de quoi ? Nous cherchons encore. Un revirement à 180 degrés Macron, à en croire Lecornu, avait assuré qu'il laisserait son poulain manoeuvrer à sa guise entre les dangereux récifs de l'Assemblée nationale. Ce que d'ailleurs Matignon a commencé à faire avec un premier succès, si on peut dire : le déminage autour de la motion de censure en neutralisant le vote des 69 députés du Parti socialiste (PS) – sauf 5 élus récalcitrants -, grâce à un bradage de la réforme sur les retraites. Macron a tout envoyé valser ce mardi 21 octobre. «Sébastien Lecornu a fait un choix pour apaiser le débat actuel, qui a consisté à proposer le décalage d'une échéance. Je le dis ici car ce n'est ni une abrogation, ni une suspension, c'est un décalage», a asséné le président de la République. «La prochaine échéance, celle des 63 ans au 1er janvier 2027, est donc décalée au 1er janvier 2028, avec un financement par des économies», a-t-il ajouté. Stupeur et tremblements dans les rangs d'Olivier Faure, qui depuis 8 jours a un mal fou pour convaincre ses troupes et ses partenaires de la gauche, surtout la France insoumise (LFI) et les écologistes, qu'il n'a pas trahi la cause, qu'il ne s'est pas « vendu » à la Macronie, une accusation portée par le Rassemblement national de Marine Le Pen. Après ce qu'a dit Macron personne n'aimerait être à la place de Faure. Mais il n'y a pas que lui, les syndicats aussi ont sauté à pieds joints dans les promesses de Lecornu II. Dans un communiqué commun publié hier lundi 20 octobre, la CFDT, la CGT, FO, FSU, Solidaires et l'Unsa se réjouissaient de «la suspension de la réforme des retraites», «première avancée» selon eux «après de longs mois de mobilisations dans l'unité»… Dans un entretien avec Mediapart le leader du PS vendait déjà la peau de l'ours en appelant à «se focaliser sur la victoire importante qu'est la suspension de la réforme des retraites», claironnant que «la réforme Borne soit, de fait, enterrée». Et bien non, à en croire la bombe lâchée par Macron depuis la Slovénie. Le Pen et Mélenchon boivent du petit lait Evidemment ceux qui disaient aux socialistes qu'il fallait censurer tout de suite pour aller aux élections exultent. Le chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon, qui militait ardemment pour la démission ou la destitution du président de la République, se gausse de «ceux qui voulaient croire à un accord global qui n'a jamais existé (…) La réforme des retraites à 64 ans n'est ni abrogée, ni suspendue. Elle est décalée. Il est temps dorénavant de partir de la réalité et non de la propagande des autosatisfaits pour entrer dans la lutte». L'élu LFI Bastien Lachaud est tout aussi cinglant : «l'attrape-nigaud est enfin révélé par Macron. Les travailleurs continueront de partir à la retraite à 64 ans». «L'arnaque est confirmée : l'âge à 64 ans reste dans la loi», a commenté Ugo Bernalicis… Ironie du sort – tragédie politique colle mieux : Au même moment les socialistes, qui n'avaient pas encore appris la dernière saillie du président, étaient face aux médias pour célébrer leur triomphe. Romain Eskenazi soutenait que «la suspension était acquise. Elle a été annoncée par le Premier ministre à l'Assemblée. Il s'agit d'un acquis, quel que soit le véhicule législatif»… C'était sans compter sur le goût de Macron pour la castagne, même au prix d'un naufrage collectif. Incontestablement il a torpillé la communication de Faure, qui rêvait déjà d'un bénéfice électoral dans la perspective de la présidentielle (il n'est même pas parmi les 6 candidats les mieux placés dans le dernier sondage). Mais il a surtout mis en grande difficulté son propre gouvernement. On attend la réaction de Lecornu…, à moins que la pirouette de l'Elysée ait été dégoupillée avec Matignon. Avec le président-pyromane et son clone-Premier ministre tout est possible. Cette affaire n'est pas terminée pour autant. Le PS avait averti qu'il garderait le doigt sur le bouton de la censure. On sait que l'extrême droite, LFI et les Verts sont prêts à dégainer à tout moment, donc encore une fois les socialistes seront décisifs. Le président ne peut pas avoir oublié cette donne. Il est très probable qu'il tenait à s'offrir un baroud d'honneur, lui que le président américain a réduit à portion congrue sur les grands dossiers à l'international (Gaza, Ukraine, etc.)… Mais après la coquetterie sur les retraites depuis la Slovénie la dure réalité du terrain attend Macron de pied ferme. Après la petite escapade son retour à Paris sera mouvementé.
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