The liveblog has ended. No liveblog updates yet. La France a compris – un peu tard – que l'agitation autour de l'affaire Boualem Sansal nuit plus au dossier judiciaire de l'écrivain franco-algérien qu'autre chose. Alors l'Elysée a freiné net ; en tout cas ce qui était fait l'était dans la discrétion, loin des emportements et excès, de la flamboyance et même des menaces sur les plateaux de télévision et radios, si ce n'était pas l'ex-ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau en personne. Mais le vent a tourné à Paris, le successeur de l'incendiaire en Chef, Laurent Nunez, est beaucoup plus accommodant avec Alger, même s'il n'est pas question de mettre son nez dans l'affaire Sansal. La France fait profil bas, l'Allemagne prend le relais. Le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, a solennellement demandé ce lundi 10 novembre à son homologue Abdelmadjid Tebboune de gracier l'écrivain franco-algérien, derrière les barreaux depuis un an en Algérie. Ce geste, c'est ce que le président français Emmanuel Macron s'est refusé à faire avec force malgré les signaux positifs émis par Tebboune… L'Elysée a eu tort de déléguer tous les dossiers chauds au chef de la diplomatie, Jean-Noël Barrot ; il n'a pas démérité, il a fait tout ce qu'il a pu mais à l'arrivée c'était un peu court. Ce qu'Alger attendait c'était une prise en main au sommet de l'Etat, Macron. Ce n'est jamais venu, l'Elysée a préféré les détours, les sentiers parallèles – Barrot, Retailleau et compagnie -, pour le résultat que l'on sait. Steinmeier a sollicité Tebboune pour un « geste humanitaire« , il propose même que Sansal soit transféré en Allemagne pour « y bénéficier de soins médicaux, compte tenu de son âge avancé et de son état de santé fragile« . Le président allemand n'a pas de pouvoir décisionnaire dans son pays, son titre est honorifique mais incontestablement il jouit d'un immense prestige diplomatique. Sa voix pèse lourd. Par ailleurs le président algérien appréciera beaucoup que le leader de la première économique européenne le sollicite directement. Rappelons que le romancier et essayiste franco-algérien a été cueilli dès sa descente à l'aéroport d'Alger le 16 novembre 2024. Il a été condamné en appel en juillet dernier à 5 ans de réclusion pour avoir déclaré, entre autres, que l'Algérie avait hérité sous la colonisation française de régions appartenant jusque-là au Maroc. L'offense était nationale, la sanction a été à la hauteur… Nous verrons si Tebboune agréera la requête de son homologue allemand. En tout cas ce dernier au moins aura le mérite d'avoir essayé, contrairement à d'autres – suivez mon regard, vers Paris.
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