The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Lui au moins n'a pas besoin de forcer la dose pour prouver qu'il connait les déboires de « la France d'en bas », qu'il a vécu ce que les déshérités vivent au quotidien. Le moins qu'on puisse dire est que dans la République de la reproduction sociale, où les planques dorées s'héritent d'une génération d'élites à une autre, Michel Fournier détonne. Celui qui a expérimenté la vie de sans domicile fixe (SDF) durant sa jeunesse est devenu ministre délégué chargé de la Ruralité dans le gouvernement de Sébastien Lecornu. Peu de gens savaient que le 12 octobre dernier le choix du Premier ministre s'est porté sur un homme très à part. Le maire de Voivres (Vosges), un village de quelque 300 habitants, est la preuve vivante que tout est possible, que certes l'ascenseur social fonctionne mal en France et ailleurs mais fonctionne quand même. Le bonhomme a été ouvrier agricole, fleuriste, poseur de volets… Mais il y a mieux – certains snobes diraient pire : «J'ai été clochard pendant trois mois», a confié le ministre dans un entretien avec le journal Le Parisien publié hier mardi 11 novembre. M. Fournier, 75 ans, en avait 17 quand il a connu les affres de la rue. Il avait mis le cap sur l'Allemagne après son décrochage scolaire, sans aucun diplôme en poche. «J'ai compris ce que c'était d'avoir vraiment faim et froid, tu peux être prêt à des actions répréhensibles», comme «voler de la nourriture», dit-il. L'ancien président de l'Association des maires ruraux de France, qui a vu le jour dans une famille d'exploitants agricoles, a déclaré que son parcours l'a forgé et lui a inculqué le souci des difficultés des résidents des communes rurales. On a retenu de lui sa stupeur quand il a appris sa nomination par Lecornu en regardant la télévision, comme un certain Philippe Tabarot, ministre des Transports de François Bayrou (il a été reconduit dans l'actuel gouvernement). Matignon a démenti les déclarations du ministre en charge de la Ruralité mais ces confidences qui ont quelque chose de romanesque – alors que la politique ne l'est pas – se sont ancrées. Le besoin sans doute de mettre un peu de fantaisie et de rêve dans ce monde de brutes. «C'est quand même con de le dire, mais la ruralité vient d'exister dans les médias nationaux parce qu'il y a eu la séquence». C'est la réflexion faite par M. Fournier. A part ses administrés dans sa ville et ses collaborateurs au ministère peu de gens connaissaient cet austère serviteur de l'Etat, sa notoriété est faite après ces révélations. Un grand vent frais et une belle leçon de vie sont entrés dans ce microcosme politique morne et très aseptisé…
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