The liveblog has ended. No liveblog updates yet. On vous disait hier mercredi 12 novembre qu'il fallait s'attendre à des développements rapides après la grâce accordée à l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, ça n'a pas tardé. Le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a admis ce jeudi 13 novembre sur BFMTV/RMC que la politique du bras de fer – celle de son prédécesseur Bruno Retailleau – « ne fonctionne pas » et a annoncé dans la foulée qu'il y a de fortes chances qu'il aille en Algérie. En langage moins diplomatique il saisira la perche que lui tend Alger et s'y rendra. Déjà hier la présidence française avait reconnu – mieux vaut tard que jamais – que la stratégie de l'affrontement n'a pas payé. Maintenant que c'est dit publiquement et reconnu de tous, grâce tout de même au coup d'éclat du président allemand, la France et l'Algérie peuvent reprendre le chemin qu'elles n'auraient pas quitté si les pyromanes n'avaient pas déferlé dans les médias. C'est Berlin qui officiellement a trouvé le sésame algérien sur lequel butait Paris depuis des mois, mais il est certain que le président Emmanuel Macron était juste derrière la porte et guettait. D'ailleurs dès mai 2025 il a posé sur la table avec son homologue Abdelmadjid Tebboune la libération de l'essayiste franco-algérien, pour raison humanitaire. Donc dans cette affaire la France et l'Allemagne ont joué collectif (c'est rarement le cas). Par ailleurs Berlin a une longue tradition d'accueil humanitaire de personnalités persécutées et brimées dans leurs pays, comme ce fut le cas du défunt opposant russe Alexeï Navalny après son empoisonnement en 2020. Il arrive aussi aux Allemands d'être moins glorieux, en recevant dans leurs hôpitaux d'affreux dictateurs. Mais avec Sansal Berlin est incontestablement du bon côté de l'histoire. C'est un geste humanitaire de haut vol et en plus il permet d'entrevoir la fin de la guerre froide entre Paris et Alger. Rappelons que l'écrivain âgé de 81 ans et atteint d'un cancer croupissait en prison depuis un an, après sa condamnation en appel en juillet dernier à 5 ans de réclusion pour « atteinte à l'unité nationale« . « Je me réjouis évidemment de cette libération, le geste d'humanité du président Tebboune qui a accordé sa grâce. Le président de la République a eu l'occasion évidemment d'échanger avec le président Tebboune et le président allemand« , a commenté Nuñez. Le ministre français a magnifié l'initiative de l'Allemagne, qui a joué « le rôle d'un tiers de confiance (…). C'était important compte tenu de la dégradation des relations entre la France et l'Algérie, du niveau que cela a atteint« . Il a tenu à souligner l'activisme Macron dans le dossier. « Tout au long de l'année, il n'a cessé de rappeler la position de la France qui était celle d'avoir un dialogue certes exigeant, mais un dialogue« , a-t-il dit. L'action du chef de l'Etat français a été polluée par son ministre de l'Intérieur – Retailleau -, il n'a cessé de tirer dans les pattes de son président quitte à savonner la planche de l'Hexagone et saborder ses positions auprès des partenaires étrangers, africains notamment. C'est terminé. Après ce qui s'est passé hier l'urgence est l'extinction de tous les foyers d'incendie, à commencer par les galéjades du Parlement français sur l'Accord de 1968. Laurent Nuñez est d'avis et il a mille fois raison qu' »il faut réengager le dialogue avec l'Algérie« , car il y a « beaucoup de choses à demander pour le canal sécuritaire » et de toute évidence « la stratégie du bras de fer ne fonctionne pas« … « Vous savez que le ministre de l'Intérieur algérien m'a invité à me rendre en Algérie, donc la probabilité que je m'y rende est quand même très forte. À un moment il faut que les ministres se parlent, on engage des discussions plus stratégiques, on n'a plus de contact sécuritaire avec l'Algérie« , a rappelé le ministre. « Ça veut dire que la direction générale de la gendarmerie nationale, de la police nationale et la direction générale de la sécurité intérieure, n'ont plus d'échanges opérationnels. Il faut réenclencher ce dialogue sécuritaire, c'est important pour la sécurité de nos concitoyens« , a martelé le Premier flic de France et désormais Premier acteur dans le dossier algérien. Des postures de bons sens qui auront manqué jusqu'au bout à son haineux prédécesseur – Retailleau -, son retour dans l'anonymat du Sénat le lui rappellera. Même dans ses rêves – ou cauchemars, c'est selon – il était impensable qu'il foule le sol algérien. Le président allemand a rappelé à tout le monde, avec brio, que la Diplomatie reste le meilleur allié des nations… Mais ne nous leurrons pas, il s'agira aussi pour Paris de reprendre vite le chemin d'Alger pour sauver tout ce qui peut l'être face aux appétits de la 1e puissance économique européenne, l'Allemagne. Ça ne l'est peut-être pas aujourd'hui mais demain ce sera certainement un combat féroce entre les deux voisins, partenaires, premiers de la classe – la zone euro – et non moins concurrents.
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