The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Promesse tenue. Enfin, ne nous emballons pas, on n'en est qu'aux débuts d'un procès dont les contours et surtout l'issue sont très flous à ce stade. 14 membres des forces de sécurité, accusés d'être mouillés dans les tueries de masse survenues sur la côte en mars dernier, ont été traduits en justice à Alep ce mardi 18 novembre. Certains qualifient déjà ce procès d'historique au regard des centaines de morts, principalement des membres de la communauté religieuse de Bachar al-Assad, d'obédience chiite… Il était important pour le président de la Transition, Ahmed al-Charaa, de marquer le coup pour montrer à la face du monde que la Syrie est déterminée à en finir avec les batailles confessionnelles sanglantes et l'épuration ethnique. Les autorités s'étaient engagées à sévir dans leurs rangs, elles ont traîné les pieds, d'autres violences meurtrières s'y sont ajoutées. Donc il y a urgence. Les services étatiques ont enquêté durant des mois sur les combats entre les forces gouvernementales et les partisans du président déchu. Les investigations ont mené à l'arrestation de 563 suspects. Donc l'affaire ne fait que commencer. Pour faire bonne mesure 7 accusés comparaissant devant le tribunal étaient des partisans d'al-Assad, les 7 autres sont des éléments des forces de sécurité. Les fidèles de l'autocrate déchu sont inculpés pour « sédition, incitation à la guerre civile […] attaques contre les forces de l'ordre, meurtre, pillage et vandalisme« , d'après l'acte d'accusation. La plupart ont plaidé non-coupable, même si ça n'empêchera pas les juges de les punir sévèrement Les 7 autres accusés sont poursuivis pour « meurtre prémédité« . L'un d'entre eux, qu'on voit dans une vidéo en train d'exécuter un homme, a argué que le film a été pondu par l'intelligence artificielle et dément formellement avoir assassiné des Alaouites. « Mais vous êtes clairement visible dans la vidéo, où l'on vous voit tuer la personne agenouillée« , lui a rétorqué le juge. La commission nationale d'enquête avait évalué à au moins 1426 le nombre de décès, majoritairement des civils alaouites. Néanmoins la commission d'enquête a précisé qu'il n'y avait aucune preuve formelle que les nouveaux responsables militaires syriens avaient ordonné des assauts contre la communauté alaouite… Une manière sans doute de dédouaner les collaborateurs directs du président al-Charaa. Mais on sait que la Transition et l'après ne seront pas chose aisée, que le pouvoir en place navigue dans des eaux très troubles, avec pour principal souci le maintien du socle gouvernemental face aux défis monumentaux. Ce procès n'aurait jamais vu le jour sans les pressions de l'opinion publique et de la communauté internationale. Une justice réformée et efficiente sera un passage obligé pour enterrer le sombre règne du clan Assad. Mais ça ne va pas de soi. Les médias avaient annoncé au départ que les suspects pourraient être inculpés rapidement, le juge a renvoyé les audiences en décembre prochain, le 18 du mois pour les accusés de sédition et le 25 pour les membres des forces gouvernementales. Il faut imaginer le temps qu'il faudra pour juger les centaines d'accusés. Par ailleurs est-ce que ces jugements seront de nature à panser les plaies des familles des victimes et éviter qu'elles basculent dans une éternelle vendetta ? Rien n'est moins sûr. Une enquête des Nations unies a établi que les violences ciblant des civils et perpétrées par des groupes affiliés au gouvernement avaient été « étendues et systématiques« … La commission de l'ONU a déclaré que durant les exactions des maisons nichées dans des localités majoritairement alaouites avaient été fouillées et que les civils étaient questionnés pour déterminer « s'ils étaient sunnites ou alaouites (…) Les hommes et garçons alaouites étaient ensuite emmenés pour être exécutés« , a asséné la commission. Incontestablement la nouvelle République d'al-Charaa est partie sur de très mauvaises bases. On verra la suite, à commencer par les développements de ces procès, un premier vers une longue réconciliation nationale… ou pas.
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