The liveblog has ended. No liveblog updates yet. À l'occasion de la Journée mondiale de solidarité avec le peuple palestinien, un collectif inédit d'universitaires, de juristes et de figures culturelles espagnoles a choisi d'aller au-delà des déclarations symboliques. Après six mois de travaux, ils ont rendu publics les résultats d'une « cour populaire » étudiant la complicité présumée de l'Etat espagnol dans les crimes commis à Gaza. Réunis sous l'égide du réseau Universidades Españolas por Palestina, les participants représentent 46 universités du pays. Ils précisent que cette instance n'a pas de valeur judiciaire formelle, mais vise à mobiliser la société civile et à analyser, sous l'angle du droit international, le rôle de divers acteurs publics et privés durant la guerre menée par la force d'occupation israélienne dans la bande de Gaza. Des preuves de coopération politique, militaire et économique Les chercheurs affirment avoir recueilli des preuves documentées, en collaboration avec des ONG, des centres de recherche et des groupes de solidarité. Selon leurs conclusions, des liens institutionnels, militaires et commerciaux uniraient Madrid et Tel-Aviv, contribuant indirectement à la poursuite de crimes qualifiés d'« épuration » ou d'« extermination » contre les Palestiniens. Les travaux pointent notamment : * l'implication de l'industrie militaire et sécuritaire espagnole dans des réseaux économiques bénéficiant de l'occupation, * la participation d'entreprises espagnoles et internationales à des projets dans les colonies, * l'usage répété de ports espagnols pour le transport d'armes et de cargaisons stratégiques vers Israël, * le rôle de banques espagnoles accusées de financer ou de tirer profit de la production d'armement utilisé à Gaza. Le rapport mentionne également les entreprises de construction et d'infrastructures impliquées dans des projets dans les colonies, ainsi que la présence d'entreprises israéliennes opérant dans l'eau, l'énergie ou les services en Espagne. Le secteur espagnol de la cybersécurité est lui aussi décrit comme largement dominé par la technologie israélienne. Les médias également pointés du doigt La cour populaire accuse par ailleurs une partie des médias espagnols de jouer un rôle dans la « structure de complicité », en adoptant un traitement qui, selon elle, contribue à déshumaniser les Palestiniens, à criminaliser la résistance et à normaliser la violence de l'occupation. Nerea Sarzosa, professeure à l'Université de La Corogne, souligne que le lien académique avec Israël est très fort : coopérations scientifiques, échanges universitaires, programmes conjoints. Mais elle observe en parallèle un mouvement croissant de boycott académique, porté aussi bien par les étudiants que par les enseignants et le personnel administratif. Ce mouvement vise à convertir les prises de position solidaires en mesures concrètes, dont des protocoles de rupture de coopération et des mécanismes de redevabilité internes aux campus. Selon Mercedes Martín Benito, chercheuse à l'Université Complutense de Madrid, les secteurs de la culture et du sport en Espagne sont « largement infiltrés » par la stratégie de normalisation israélienne. Elle rappelle que, malgré les violations répétées des chartes sportives et culturelles internationales, Israël n'a jamais été exclu des compétitions ou événements mondiaux, en raison — affirme-t-elle — du poids économique et diplomatique du lobby sioniste. Les organisateurs soulignent la dimension exceptionnelle du travail accompli, malgré les pressions. Des journalistes comme Kayed Hammad témoignent aussi du grand intérêt du public espagnol pour les récits directs venus de Gaza : « Depuis mon évacuation il y a cinq mois, je n'ai jamais passé plus de trois jours sans être invité à témoigner devant un public », explique-t-il. Une marche massive en plein cœur de Madrid En parallèle de la cour populaire, une grande manifestation a traversé le centre de Madrid. Les participants ont dénoncé la poursuite des crimes de l'occupation israélienne malgré l'annonce d'un cessez-le-feu. Héctor Grad Fußel, porte-parole du Réseau espagnol contre l'occupation de la Palestine, a rappelé que la journée coïncidait avec le 78e anniversaire du plan de partage de 1947, qu'il qualifie de « début de la Nakba ». Les revendications des manifestants se résument à quatre demandes principales : * arrêt immédiat des massacres et de toute forme d'éradication, * embargo total sur les ventes d'armes à Israël, * rupture totale des relations politiques, militaires et économiques, * suspension de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël. Pour Laura Ferri San Juan, porte-parole de la campagne contre le commerce d'armes avec Israël, la présence massive des citoyens montre que « la société civile espagnole refuse que son pays continue de faciliter la circulation d'armes vers une armée qui mène une guerre d'anéantissement à Gaza ». Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!