The liveblog has ended. No liveblog updates yet. L'ancien ministre et diplomate Ahmed Ounaies a commenté, dans une déclaration accordée à Tunisie Numérique le jeudi 25 décembre, le vote du Parlement algérien, intervenu la veille, en faveur d'une loi criminalisant la colonisation française. Une initiative que le ministère français des Affaires étrangères a jugée contraire à la volonté de dialogue dans la phase actuelle. Ahmed Ounaies a expliqué que la crise diplomatique entre l'Algérie et la France trouve son origine dans la reconnaissance par Paris de la marocanité du Sahara occidental. Le président français Emmanuel Macron a en effet estimé que, dans le cadre de ce dossier, le projet porté par le Royaume du Maroc constituait la solution appropriée. Une position qui a placé l'Algérie dans une situation d'impasse, s'agissant d'un différend qui entrave la construction du Maghreb arabe depuis 1995. Aujourd'hui, a-t-il ajouté, la France et l'Espagne ont reconnu le projet marocain défendu par le roi Mohammed VI. L'ancien ministre a précisé que l'Algérie s'est retrouvée dans l'incapacité de répondre aux positions espagnole et française. Dès lors, la décision prise hier à l'unanimité par le Parlement algérien s'apparente, selon lui, à une réaction directe à la position française sur le Sahara occidental, Alger ne disposant plus d'autres leviers pour répondre aux deux principaux acteurs impliqués dans ce dossier. Ahmed Ounaies a par ailleurs estimé qu'il est peu probable que la France, malgré les déclarations de plusieurs de ses dirigeants — y compris d'anciens présidents de la République — reconnaisse officiellement la colonisation comme un crime, même si certains ont admis, sous diverses formulations, qu'il s'agissait d'une injustice historique. Il a rappelé que la colonisation s'inscrit dans une histoire humaine marquée par de nombreux conflits et qu'elle ne concerne pas uniquement la France et l'Algérie, soulignant que plus de six pays européens ont colonisé des territoires en Afrique, en Asie et dans certaines régions du continent américain. Selon lui, la décision algérienne traduit une volonté de placer la France en difficulté sur le plan diplomatique, dans la mesure où il est hautement improbable qu'un président français présente des excuses officielles à l'Algérie. En revanche, a-t-il noté, d'autres concessions ou une formulation diplomatique habile permettant de dépasser la crise demeurent envisageables. L'intervenant de Tunisie Numérique a également estimé que la situation entre la France et l'Algérie devrait rester globalement inchangée tant qu'Emmanuel Macron demeurera à la tête de l'Etat français. Cela ne signifie toutefois pas, selon lui, une rupture du dialogue entre les deux pays, notamment sur des dossiers sensibles tels que la communauté algérienne en France, la circulation des personnes, la question des visas, les échanges commerciaux, ainsi que l'importation d'énergie, en particulier le gaz et le pétrole. Enfin, Ahmed Ounaies a souligné que la diplomatie française était consciente que son choix en faveur d'une solution au Sahara occidental favorable au Maroc aurait un coût. Un coût qui, selon lui, s'est matérialisé avec la réaction algérienne intervenue hier et ne constituait donc pas une surprise pour Paris. La réponse algérienne a été volontairement contraignante, dans la mesure où la présentation d'excuses officielles par la France demeure peu probable. En revanche, il reste possible, a-t-il conclu, que Paris adopte une position condamnant le colonialisme en tant qu'étape révolue de l'histoire de l'humanité, ce qui servirait la paix, le bon voisinage et une construction commune entre les Etats. Des marges de manœuvre diplomatiques pour sortir de l'impasse restent ainsi encore ouvertes. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!