The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Après la visite de 5 jours en Algérie, où elle a été très bien reçue, le retour de l'ancienne ministre française Ségolène Royal était très attendu. Elle était surtout attendue au tournant par la droite dure et l'extrême droite, qui ont enflammé les plateaux de radio et de télévision après la posture sans équivoque de Mme Royal à Alger. L'ancienne ministre, qui a pris les rênes de l'association France Algérie (AFA) en décembre dernier, a été traitée de tous les noms pour avoir dit ses vérités sur le passé colonial de l'Hexagone, sa responsabilité sur le regain de tension avec l'Algérie et ce que Paris doit faire en urgence pour recoller les morceaux. Ces mots n'ont pas plu aux anti-Algériens, cela n'a pas fait flancher la présidente de l'AFA. Elle a martelé ce lundi 2 février sur TF1 que « les conséquences dramatiques de la colonisation (de 1830 à 1962, NDLR) n'ont jamais été reconnues » par la France. Elle demande à l'exécutif français de faire un « geste de réconciliation et de reconnaissance« , en précisant que « les Algériens ne demandent pas l'indemnisation financière comme l'ont demandé d'autres pays colonisés« . Elle a rappelé que le candidat Emmanuel Macron avait « eu des mots très forts » en février 2017 lors d'un déplacement à Alger, il avait dit de la colonisation que c'est un « crime contre l'humanité« , mais « ensuite, il a complètement changé et cela a été douloureux pour les Algériens, cela a été pris comme une trahison quelque part« , a ajouté Mme Royal. En mars 2022 le chef de l'Etat français avait appelé à « l'apaisement des mémoires« après avoir dérapé gravement sur la « rente mémorielle » qu'exploiterait Alger. En août 2022 il s'était rendu en Algérie avec une délégation de 90 personnalités. Beaucoup de questions économiques avaient été défrichées mais les contentieux lourds avaient été à peine évoqués, sans doute pour ne gâcher la visite historique de Macron… La machine a commencé à se gripper en février 2023, suite à l'exfiltration par la France de la militante algérienne Amira Bouraoui, traquée par la justice de son pays pour blasphème. Cahin-caha les deux pays étaient parvenus à maintenir les relations, trempées dans de solides liens historiques et économiques. Il était même question que le président Abdelmadjid Tebboune se rende à Paris après le Ramadan de 2024 (en mars et avril). Mais patatras : en juillet 2024 Paris reconnait la souveraineté pleine du Maroc sur le Sahara occidental ; Alger, le premier soutien des indépendantistes sahraouis, considère cette décision comme un affront et rappelle immédiatement son ambassadeur en France. Il n'est jamais revenu. Depuis cette éruption les relations diplomatiques – et économiques également – n'ont pas retrouvé leur vigueur d'antan. C'est ce contexte délétère que Mme Royal a touché du doigt en débarquant en Algérie le 30 janvier 2026. L'ancienne ministre propose ses bons offices pour dégeler les relations politico-diplomatiques, une idée qui avait été émise par le président Tebboune en février 2025. Sur place la politicienne française a trouvé des oreilles très attentives, elle a même été autorisée à visiter le journaliste français Christophe Gleizes, condamné à 7 ans de prison pour « apologie du terrorisme« … À part ses parents et le cardinal franco-algérien d'Alger, Gleizes n'avait reçu « aucune autre visite« , a souligné l'ancienne ministre. Elle a déclaré qu'elle a « obtenu » le transfert près d'Alger du journaliste français et a « appuyé » la demande de grâce de sa famille auprès du chef de l'Etat algérien. Ce dernier est disposé au dialogue « dès lors que le respect et la considération sont au rendez-vous« , a confié la présidente de l'AFA. « Respect » et « considération » dit Mme Royal. Est-ce que dans cette affaire Paris et Alger parlent le même langage ? Rien n'est moins certain. Quand l'écrivain Boualem Sansal a été gracié les messages émis par l'exécutif français étaient très positifs. Mais à peine revenu en France, l'essayiste, titillé par des médias très friands des déclarations fracassantes, a renoué avec ses provocations en direction de l'Algérie… Pour couronner le tout, Sansal a été élu dès le premier tour à la prestigieuse Académie française. Alger n'a pas dit un mot sur cet événement, mais il est évident qu'après tout ce qu'a fait et dit l'écrivain sa nomination dans cette institution très en vue ne peut pas provoquer l'enchantement sur l'autre rive de la Méditerranée. Autre nuage à l'horizon : l'attitude du ministre français de l'Intérieur, Laurent Nuñez, après son démarrage très positif. Après la libération de Sansal il avait fait savoir que son homologue algérien l'avait invité et qu'il avait l'intention de s'y rendre. Le remplaçant du va-t-en guerre Bruno Retailleau remet en cause ce voyage. Il a déclaré vendredi dernier sur France Inter qu'il attend d'Alger « des bougés très fort sur deux sujets« : « la reprise des reconduites des Algériens en situation irrégulière« , ainsi que « la situation de Christophe Gleizes« . Nuñez fait du Retailleau : des diktats, des conditions, des exigences, des lignes rouges. On sait comment ça a fini avec l'ex-ministre français. Donc attention. Ségolène Royal fait le commentaire qui suit après ce qui semble une amorce de revirement : « Il faut que le ministre de l'Intérieur aille sur place. Il est attendu (…) Quand on pose des conditions, c'est que l'on ne veut pas y aller« . On peut imaginer aisément ce qui se passera si Nuñez continue de bouder ostensiblement l'invitation de son homologue algérien… Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!