Le Président de la République s'entretient séparément avec les candidats Fadhel Abdelkéfi, Hakim Ben Hammouda et Ilyès Fakhfakh    Hakim Ben Hammouda présente au chef de l'Etat les grandes lignes de sa stratégie (Vidéo)    En vidéo : Ce dont rêverait Lamia Fourati pour les Tunisiens, les Femmes et l'Economie    Conférence de Berlin sur la Libye : Voilà pourquoi la Tunisie a décliné l'invitation d'Angela Merkel    Tunisie – IMAGES : Kaïs Saïed reçoit les trois principaux candidats des partis pour La Kasbah    Fadhel Abdelkefi et Hakim Ben Hamouda finalistes chez Kais Saied ?    Tunisie – Pourquoi l'Etat veut-il vendre la société confisquée AVS en se débarrassant de ses agents ?    Amical : Le CS Sfaxien domine le CS Constantine    Hand – CAN 2020 [Vidéo] : Les déclarations des joueurs de l'équipe nationale de handball après avoir dominé la Côte d'Ivoire    Derby de la capitale : Les formations probables des deux équipes    Hand – CAN-2020 (2e journée): six pays dont la Tunisie passent à la seconde phase    Attentat terroriste contre le bus de la garde présidentielle en 2015: des peines allant de 10 ans de prison à la peine de mort    Tunisie : [ photos+vidéo] Tunisie Telecom consacre 240 mille dinars pour les prix du concours “Marbou7a”    Arrestation de 5 mineurs impliqués dans la mort tragique d'un soldat dans une rame de métro    Tourisme : Prés de 3 Millions de touristes Algériens ont visité la Tunisie en 2019    Où regarder en direct le grand test avant les vols habités de SpaceX vers l'ISS?    L'attaquant de l'AS Soliman Mohamed Ali Ben Hammouda à l'Espérance de Tunis    L'armée de Haftar dénonce le déploiement en Libye de systèmes antiaériens turcs    Youssef Chahed reçoit à la Kasbah S.E. l'ambassadeur des Etats-Unis à Tunis, Donald Blome    Tunisie: Régression du taux de transparence dans les municipalités    Météo: prévisions pour aujourd'hui, samedi 18 janvier 2020    MOOD TALENT : FELFEL réchauffe les cœurs à DAR EL MARSA*****    Tunisie: Plan terroriste visant à l'assassiner, première réaction de Mbarka Aouania    Pression internationale pour impliquer la Tunisie à la conférence de Berlin sur la Libye    Programme TV du samedi 18 janvier    Ghannouchi : Ennahdha est la colonne vertébrale de l'Etat tunisien    Mosquée saccagée à Sbeitla    La Tunisie au Salon international de gaz vert renouvelable à Nantes    Rached Ghannouchi lie l'unité d'Ennahdha à l'unité de la Tunisie    Tunisie: 2% de croissance économique en 2020, selon un rapport des Nations unies    Etoile du Sahel : Bulletin de santé des joueurs    Crise libyenne : Après l'échec de l'initiative Poutine-Erdogan, la Chancelière allemande Angela Merkel fera-t-elle mieux ce dimanche à Berlin ?    Succès du lancement d'EUTELSAT KONNECT    CAN – Hand 2020 : Programme de la 2ème journée de la Coupe d'Afrique des nations de handball (17 janvier 2020)    Festival de la musique et de la Chanson tunisiennes 2020 : Ouverture des candidatures pour la compétition nationale    Secteur de l'Huile d'olive : 320 mille producteurs et 16 unités de raffinage    Libye: Haftar en Grèce pour poursuivre ses entretiens avant la conférence de Berlin    INMA Holding investit 7 millions de dinars dans le capital de Gourmandise    Security Day 3 by TT sur le thème «Cybersécurité et confiance numérique, clés de la transformation digitale»    Iran: pour la première fois depuis 2012, Ali Khamenei préside la grande prière du vendredi    Aziza Guermazi expose à la Maison de France à Sfax : « Au pays des couleurs »    Tunisie – Météo : Températures entre 11 et 18 degrés    Onze soldats américains affectés lors de l'attaque aux missiles par l'Iran    Appel à candidature Festival Voix de Femmes: Compétition Officielle    Mehdi Chagroun partage avec nous ses vœux pour l'année 2020    Théâtre de l'Opéra : « Noor », création du Pôle Musique et formations symphoniques    «1917» de Sam Mendes et «Underwater» de William Eubank actuellement en salle Pression sur grand écran    Théâtre    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Tunisie : Retour de la Statue équestre de Bourguiba, tout un symbole !
Publié dans Tunisie Numérique le 28 - 03 - 2016

Finalement, le « Zaim » n'a pas retrouvé son piédestal, il moisira encore un bout de temps à la Goulette avant que Carthage, où l'idée a vu le jour à grande pompe, ne daigne se pencher réellement sur la question et ne joigne l'acte à la parole. Pourtant l'effet d'annonce a bien marché, nombre de tunisiens en ont été séduits, quoi qu'un autre camp, farouchement opposé, ait levé les boucliers et fait un tollé contre le transfert de la Statue équestre de Bourguiba à l'avenue portant son nom, et ce en invoquant tantôt des motifs financiers et tantôt des considérations politiques, voire même idéologiques.
La cacophonie régnant au palais présidentiel, qui n'est pas à sa première manifestation ou expression,a eu raison de l'opération, renvoyée, aux dernières nouvelles, au 1er Juin 2016. Ça tombe à pic dans la mesure où, en termes de timing et de symbolique, cette date est nettement plus pertinente. Si le report est décidé, le cas échéant, pour des raisons de chronologie et de marquage historique, on peut objectivement conclure que la justesse, la convenance et l'adéquation ont prévalu. Par contre, si l'ajournement est le fruit d'un manœuvre dilatoire ou d'un exercice de pression dont Carthage est l'objet, on peut tout aussi objectivement reprocher au président de la république, avec virulence et à juste titre, d'avoir trahi son modèle et son maitre à penser, d'avoir cédé à la polémique et renoncé à aller au bout de son idée et de son projet.
Le parcours de cette œuvre de sculpture, inscrivant dans la postérité et dans la mémoire collective le retour triomphal du « combattant suprême » à la mère patrie, le 1er Juin 1955, au terme d'un douloureux exil, reste atypique. Son déboulonnement, qui plus dans l'obscurité de la nuit, a constitué la première action funestement symbolique que le dictateur déchu a effectuée au lendemain de son coup d'Etat médical. En effet, quatre jours après sa prise du pouvoir de sinistre mémoire, soit le 11 Novembre 1987, la Statue équestre de Bourguiba a été démontée et replacée à la Goulette.
Pour les adversaires de Bourguiba, notamment son noyau dur d'ennemis irréductibles, l'argument coule de source : La Goulette est l'endroit idoine pour installer la fameuse et non moins controversée Statue dès lors que le retour d'exil de Bourguiba a eu lieu au port de cette ville et que ce dernier a salué l'immense foule, venue à son accueil, chevauchant un étalon pur-sang arabe. Par conséquent, la symbolique commande que la Goulette soit le lieu de sa statue équestre. Sauf que Bourguiba, loin d'être inculte en termes de communication, d'image et de culte de la personnalité, loin s'en faut, a choisi l'avenue en son nom pour dresser l'œuvre artistique. Pour respecter sa volonté, il aurait fallu s'en tenir à son choix.
Les velléités de gommer le « Jugurtha qui a réussi » de la mémoire et du champ visuel, de le faire sortir par la petite porte de l'histoire, de s'acharner sur ses indélébiles empreintes sur la Tunisie moderne, n'ont pas tardé à s'exprimer et à s'ingénier, vainement d'ailleurs, à déconstruire l'image et l'héritage que le « père de la nation » a légués et enracinés au cœur de la Tunisie.Même après sa mort, Bourguiba continue de terroriser ceux qui s'acharnent sur son cadavre et exhument sa dépouille tel un épouvantail pour lui imputer quelques torts. Bien sûr, Bourguiba n'était pas un modèle de démocratie, il était despote à sa façon, dictateur éclairé, cultivé, aussi visionnaire que pionnier. Il était paternaliste et dévoué à sa cause et à son peuple, jaloux jusqu'aux orteils de ses choix, de ses convictions et de ses modèles, les mains propres, les bras ouverts et les larmes faciles. Réduire un grand homme, tel que Bourguiba, à ses errements, à ses tares et ses erreurs et occulter ses impérissables réalisations et ses vertus de grand homme d'Etat, n'est ni sain ni sage ni crédible. L'histoire enseigne qu'on ne peut effacer une icône sans la sublimer et sans s'en brûler les doigts.
En effet, les symboles sont têtus et ont la peau dure. Aussitôt on les chasse, ils reviennent au galop. Ils sont un ferment de l'identité d'un peuple et de la conscience sociale. Le symbole désigne, suggère, représente, associe. Sur l'autel des symboles, combien de sang a coulé, combien de fractures ont craqué, combien de sacrifices ont flambé. Il est moins risqué de tordre le cou de la vérité que d'érafler le visage du symbole. Le commun des mortels rechigne véhément sinon s'oppose farouchement à toute velléité d'écorcher les symboles. Qu'on le veuille ou non, et n'en déplaise au dernier carré de ses détracteurs, Bourguiba reste le symbole le plus percutant de la Tunisie d'aujourd'hui et de demain.
En conclusion, le retour de la statue équestre de Bourguiba là où il avait voulu qu'elle fût érigée , à sa place initiale, au cœur de la capitale, plus exactement à l'avenue qui porte son nom, n'est pas un caprice ou une manœuvre ou un acte d'instrumentalisation, mais bel et bien une marque vibrante de respect à Bourguiba et de reconnaissance à son œuvre. Les nations civilisées honorent leurs leaders et leurs figures historiques. Se figer derrière l'argument de coût de déplacement ou derrière sa grille de lecture bassement politicienne est un non-sens à tout point de vue.
Peut-être encore plus, et dans le même ordre d'idées : Pourquoi pas ne pas plancher sur le projet de construire un Panthéon de la Tunisie où seront enterrées les dépouilles ou les restes ou même les ossements des grands hommes et femmes qui ont fait l'histoire de la Tunisie ?Et il y en a plein. A méditer !


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.