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Par Maher Ben Ghachem : Le phénomène Abir Moussi
Publié dans Tunisie Numérique le 22 - 01 - 2020

Tous les modernistes, sans exception, apprécient le discours véhément de cette dame vis à vis des islamistes. (par revanche à ceux des« LPR »* rafraîchies.)
Je n'ai pas rencontré une seule personne de ce camp qui ne se délecte pas de ses attaques frontales, surtout qu'elle dit vrai !
Les modernistes, qui ne sont pas tous progressistes, lui reprochent parfois d'exagérer, surtout quand on manque de respect aux victimes de la révolution. Là il y a une ligne rouge à ne pas franchir car il s'agit de victimes réelles et devant la mort , tout le monde doit s'incliner, en respectant les familles meurtries.
Les accusations reprises par Abir sur la responsabilité des « khouanjia » dans l'état du pays sont indiscutables.
Leur idéologie, leur soif d'argent, leurs préoccupation de récupérer ce qu'ils ont perdu durant leurs années de « militantisme » démontrent combien chez eux, tout est calcul et point de principes.
Le fait de vouloir imposer la loi canonique islamique régissant la vie religieuse, politique, sociale et individuelle, appliquée de manière stricte dans certains Etats musulmans, entraîne de facto une restriction des libertés et de toutes idées novatrices.
Maintenant, l'autre facette de la liberté, c'est automatiquement l'instabilité.
En effet, quand on est libre de penser, on se sent libre d'agir et même libre de changer d'avis.
Ce qui est vrai aujourd'hui peut ne pas être vrai demain et les engagements pris aujourd'hui peuvent ne plus engager ceux qui les ont pris hier au nom de la liberté. D'où l'instabilité qui peut aller jusqu'à l'anarchie.
Abir semble remettre en cause le seul acquis de cette « révolution » ( la liberté ) et a l'air plutôt partisane de la manière « forte »
Ce que prône Abir c'est un rejet total de cohabitation avec les « khouanjia » tout en défendant le passé récent( 23 ans de dictature) qui n'est ni reluisant en matière économique ( sinon on en serait pas là) ni sur la plan des libertés et de la démocratie, ce qui constituait indiscutablement un frein à l'épanouissement et à l'expression des talents cachés.
On peut se poser la question : mais que veut cette dame?
Quand on fait de la politique c'est en général pour accéder au pouvoir!
Or, dans les conditions actuelles, Abir ne peut pas prétendre à prendre seule le pouvoir et d'ailleurs personne et aucun parti ne peut y prétendre.
Alors quelle est sa stratégie?
Il n'y a qu'une seule explication: A force de taper sur les « khouanjia » elle arrivera à éroder leur électorat jusqu'à le réduire à ses « ultras » et éloigner ceux qui croient en leur mutation, qui opteront pour les partis de centre droit ou gauche et peut être même qu'elle pourra en récupérer une bonne partie. ( comme le vote populaire en faveur de Marine Le Pen).
A force de démontrer la cupidité d'une majorité d'« islamistes », elle finira par augmenter son assise électorale tout en renforçant le camp des modernistes et des progressistes, aboutissant enfin à la relégation du parti islamiste dans l'opposition.
La présence du PDL au parlement est importante, elle contre balance les partis à droite d'Ennahdha (Karama et Rahma).
Ses membres disent tout haut ce que pensent tout bas les partis centristes qui en tirent profit en se montrant « polis et démocrates » mais à terme il faut qu'ils s'allient à elle pour évincer du pouvoir ceux qui sont tétanisés par le sacré et qui ne présentent aucune compétence pour diriger le pays.
Il faut reconnaître qu'il y a de nombreuses personnes "fréquentables" dans le parti Ennahdha et elles vont contribuer au changement de leur parti en commençant par faire des misères à leur président qui n'est plus leur Gourou.
Je précise que je ne vote pas pour le PDL car il fait l'apologie d'une période dictatoriale qui est à l'origine de la situation difficile qu'on vit actuellement, tout autant responsable que les islamistes qui ont en profité pour se servir directement dans les caisses de l'état par la fameuse distribution à leurs militants du « manque » à gagner durant leurs années de militantisme.
Abir Moussi est une femme courageuse, une sorte de Jeanne d'Arc, (en ne lui souhaitant absolument pas la même fin). Elle doit évoluer si elle veut réellement représenter la femme issue du Bourguibisme qui va sauver le pays en se débarrassant de ces images ridicules de « tabel et zakar » pour ramener vers elle un autre entourage moderne qui honnit ces cultes de la personnalité.
Par ailleurs ses positions homophobes et contre certaines réformes de la société ( comme l'égalité dans l'héritage) lui donnent une image conservatrice dans la lignée des «khouanjia». Une passerelle pour l'électorat sympathisant d'Ennahdha?
Wait and see.
*LPR: Ligues de Protection de la Révolution.
*Tabel et zakar: Fanfaronnade.
Maher Ben Ghachem. Ancien Professeur de Médecine. Ancien Interne des Hôpitaux de Paris.
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