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Si l'adversaire livre bataille dans la durée la Tunisie va droit vers le mur
Publié dans Tunisie Numérique le 06 - 06 - 2022

La Tunisie se réveille avec une énième grève, et pas des moindres : Celle des magistrats. Les dossiers étant judiciaires, on n'ira pas plus loin sur le bien-fondé de la frappe du chef de l'Etat, Kaies Saied, qui a fauché 57 juges. Nous nous bornerons à commenter les conséquences néfastes de cette action unilatérale, qui vient s'ajouter à d'autres, dans un pays plus que jamais divisé face aux grands enjeux sociaux et économiques. Saied a peut-être raison dans le fond, je dis bien peut-être, mais manifestement son problème est et restera l'art et la manière. On peut avoir raison sur le fond mais si on s'y prend mal dans la mise en forme on obtient le contraire de ce qu'on voulait. Et quand on est à la tête de tout un Etat le risque c'est de bloquer tout un pays.
Le Dialogue national inclusif est un poison mais on devra le boire
Dialoguer avec les parties qui sont d'accord avec soi revient à dialoguer avec soi-même. C'est exactement ce qu'est en train de faire le président de la République, en décrétant que seuls ceux qui agréent le tour de vis du 25 juillet 2021 sont conviés. Le chef de l'Etat ne surprend personne, il fait ce qu'il avait dit, ce qu'il avait promis à ses électeurs depuis la campagne électorale de 2019. Le problème est que la Tunisie est et ne sera jamais un immense champ de militants acquis à sa cause. En tout cas ce ne sera pas à marché forcée, ce sera forcément par la persuasion. C'est une des caractéristiques des démocraties, même les plus imparfaites…
Des voix dissonantes, qui expriment leur désaccord même quand les arguments en face sont limpides, frappés au coin du bon sens et imparables, c'est aussi ça la démocratie. C'est le même système qui a permis à Saied d'être propulsé au palais de Carthage alors que personne ne l'y attendait, il faut le reconnaître, il se doit de le protéger. Il ne peut pas s'autoriser à faire moins bien que ses prédécesseurs, il est condamné à faire plus et mieux. Pour le moment il s'arc-boute à sa vision des choses mais qu'il le veuille ou non il est le président de tous les Tunisiens et se devra de les écouter, de les respecter, même s'il a de bonnes raisons d'en détester certains…
Et la Tunisie a une autre spécificité : Son appétence pour le Dialogue national inclusif. On peut dire ce qu'on veut (ça fait perdre au pays un temps précieux qu'il n'a pas, ça dilue les responsabilités, brouille le cap et rend la Tunisie ingouvernable à bien des égards…) mais la jeune démocratie en est là et n'est pas en mesure de faire mieux pour le moment. Dans les grandes démocraties la cause est entendue : C'est la majorité qui gouverne et l'opposition attend son tour. Mais en Tunisie la réalité est toute autre, et comme on ne peut pas faire le bonheur d'un peuple contre sa volonté, et comme on ne peut pas aller plus vite que la musique de l'apprentissage de la démocratie, alors il faut en respecter les codes établis.
Le trou noir de la politique aspire l'économique
Les projets politiques et constitutionnels occupent tout l'espace. Le gouvernement a beau mettre sur la table le plan de relance le plus ambitieux, le plan de réformes le plus volontaire, tout ça est éclipsé par l'agitation autour des plans personnels de Kais Saied : Mettre la main sur tous les leviers du pouvoir et présidentialiser tout le régime. Et il va accélérer la cadence parce qu'il projette de boucler son agenda, tout son agenda, avant les élections de 2022. Et quand il ouvrira le jeu à ce moment-là rien ne pourra plus l'atteindre du haut de son piédestal de Carthage, pas même Abir Moussi à qui tous les sondages prédisent un triomphe aux législatives. Le seul problème c'est que l'obsession et l'obstination de Saied sont en train de faire de gros dégâts collatéraux dans l'économie…
Certains de ses partisans le font à l'envers en soutenant que Saied mettra en ordre de bataille l'économie du pays une fois qu'il aura achevé son projet – le régime présidentiel -, sauf que l'agitation du moment risque de causer des dégâts que rien ne pourra réparer. Le chef de l'Etat est certes populaire, une popularité sans précédent depuis 2011, mais ce ne sont pas les citoyens qui vont mettre au pas toutes les organisations nationales et toutes les corporations du pays. Or on ne peut rien réformer sans elles…
Derrière la furie de l'UGTT qui l'a conduite à décréter une grève générale ce 16 juin il n'y a pas que des considérations sociales – augmentations salariales essentiellement -, il y a surtout le projet de Kais Saied de démolir la symbolique de la centralité de la centrale syndicale et de la réduire à sa plus simple expression : Une organisation qui se contente de défendre les intérêts moraux et matériels des salariés. Il est vrai que l'UGTT est sortie des clous, que le fait qu'elle s'assoit à la table des décideurs élus pour diriger est une anomalie et que même dans les paradis syndicaux – la France par exemple – la chose est inconcevable. Mais ce n'est pas le moment de démolir la symbolique sur laquelle repose l'équilibre frêle du pays…
Derrière le boucan provoqué par Noureddine Taboubi et compagnie pour imposer un projet politique qui va concurrencer celui du chef de l'Etat il y a une lutte pour la survie de la centrale en tant que pivot de la vie politique du pays. Saied a eu tort de minorer cette affaire. L'UGTT projetait de mettre sur les rails, avec la centrale patronale – l'UTICA -, un plan de réformes et de sauvetage de la Tunisie. Il est certain qu'elle cherchait aussi à défendre ses pré-carrés pour passer entre les gouttes de la réforme, mais il fallait saisir la perche, au lieu de fracasser l'élan. Et in fine pour isoler l'UGTT dans un coin le président de la République a récupéré l'UTICA en la convaincant de rejoindre son projet. Erreur…

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