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Chronique, Le mot pour le dire : Le mot magique !
Publié dans Tunivisions le 18 - 02 - 2014

« Les points de vue changent beaucoup dans la vie. C'est une lanterne magique dont l'œil de l'homme modifie chaque année les aspects. Il en résulte que, du premier jour d'une année, où l'on voyait blanc, au premier jour de l'autre où l'on verra noir, il n'y a que l'espace d'une nuit ».
Alexandre Dumas, Le Vicomte de Bragelonne, tome I
Samir El-wafi croit avoir déniché le mot magique qui ferait taire tous ses détracteurs et, du coup, le hausserait au rang des sublimes révolutionnaires, actuellement en exercice en Tunisie. Ce mot est l'exclusion. L'auteur de la trouvaille du siècle, intitulée Pour ceux qui osent seulement, estime qu'il est du devoir du journaliste, à qui dame Histoire aurait offert la chance inouïe d'être le témoin d'une révolution, de rompre avec la déontologie prérévolutionnaire qui condamne le journaliste à être le porte-voix de ceux qui ont besoin de soigner constamment leur image de marque. Voilà pourquoi, Samir El-wafi a décidé d'être, en ces glorieux temps postrévolutionnaires, au service de tout le monde, y compris de ceux qui ont besoin de bazarder leur image de marque.
L'argument est simple, et il a l'avantage, selon son concepteur, d'être imparable. Si l'exclusion absolue, cogite Samir El-wafi, est le cachet caractéristique de la dictature, il est impératif que la permissivité absolue soit l'emblème de la révolution. De là, sa volonté de donner la parole à tous ceux que la tyrannie a condamné au silence. Font partie intégrante de ces damnés de la terre les militants, taxés de terrorisme, que l'ancien régime a abusivement embastillés. Le promoteur de la tribune, où ne se produisent que les audacieux, dont Bachar Ibn Bord a chanté les mérites, entend par-là que la démocratie ne connait pas d'exclusive. Or, son émission a été frappée du sceau de la démocratie pure et dure, par l'artisan même de cette denrée rare en Terre d'Islam, à savoir l'islamiste notoire, et l'exception qui infirme la règle (laquelle stipule que l'islamisme est le fossoyeur de la démocratie), le président de la confrérie, convertie en parti politique, baptisée Ennahdha !
Il s'agirait là d'un hasard des plus heureux, pour le pays de Didon, qu'il serait malséant de vouloir interpréter autrement qu'il ne devrait l'être, en se disant, par exemple, qu'il est normal que l'émission qui a donné la parole, en priorité, au père, fasse parler, à sa suite, ses enfants ! Samir El-wafi, ce soldat qui s'est voué corps et âme pour la gloire de la démocratie, estime, quant à lui, qu'il faut être vraiment malhonnête pour cautionner cette vision, aussi infamante que réductrice, de l'îlot de liberté qu'il s'est aménagé, avec l'argent du contribuable, pour le confort et le bien-être de tous, y compris de ces mal-aimés que sont les terroristes d'hier et d'aujourd'hui.
Son mot d'ordre, que ses confrères et la majorité de ses auditeurs réprouvent, stipulent que l'amour, tout comme la démocratie, ne souffre pas d'exclusive. Samir El-wafi, qui aime son prochain comme seuls peuvent le faire les révolutionnaires authentiques et les démocrates-nés, fait bénéficier de son amour tout ceux qui en ont besoin, y compris ceux dont la devise est de n'aimer qu'eux-mêmes, autrement dit les ennemis irréductibles de l'amour. En fait, de la démocratie. Khémaïs El-mejri et consorts ne se gênent pas de crier sur les toits, y compris sur celui que leur a offert Samir El-wafi, que la démocratie est une abomination et qu'il est impératif de l'abattre sans plus tarder. Pour ce faire, il faudrait suivre l'exemple de sa « sainteté » Oussama Ben Laden, et cibler en priorité les instruments du « taghout » que sont les agents de l'ordre et les militaires.
Khémaïs El-mejri, qui ne reconnaît pas la légitimité du pouvoir en place, s'est autoproclamé imam et, du haut du minbar, qu'il a arraché des griffes des impies, n'arrête pas d'insuffler, à longueur de prêches, ses préceptes à la communauté des « fidèles ». Khémaïs El-mejri, fort de son droit, ne tolérerait pas qu'un autre puisse se dresser sur son minbar pour haranguer ses ouailles. Son argument, et il est de taille, est que les impies n'ont pas voie au chapitre ! Chez lui, l'exclusion est de l'ordre du dogme. Elle fait partie intégrante de la foi dont ce charlatan s'est fait le chantre. C'est au nom de cette sublime vérité que les imams réglementaires, les agents du taghout, ont été démis de leurs fonctions. Khémais El-mejri, qui ne fait pas la différence entre un plateau de télévision et le minbar de son fief sacré, a profité de la prodigalité de Samir El-wafi, pour, au nom de la non-exclusion et de l'amour, chanter les mérites de l'exclusion et de la haine !
La révolution a délié toutes les langues, et c'est tant mieux. C'est ainsi qu'un un « journaliste » de la chaîne Méditerranée, dont les aprioris idéologiques ne sont que trop évidents, commentant l'argumentaire de Samir El-wafi, s'est permis une réflexion encore plus audacieuse que tous les actes d'audace (l'exact équivalent d'acte de parole) que se sont permis les bienheureux qui ont paradé dans l'éden wafien. Le génial présentateur au service de Méditerranée, prenant la défense de feu Kamel Ghadhgadhi, l'assassin du martyr Chokri Belaïd, s'est cru inspiré de rappeler une évidence qui aurait échappé à tout le monde : le terroriste Khamel Ghadhgadh n'a pas tué autant de gens que le « terroriste » Zine El-abidine Ben Ali ! L'incroyable présentateur de Méditerranée croyait avoir déniché, lui aussi, un autre mot magique, aussi sublime que celui de Samir El-wafi !
Cet as de la comparaison aurait seulement perdu de vue qu'il est impératif, pour être juste et pertinent, de ne comparer que le comparable. Zine El-abidine Ben Ali était certes un dictateur, mais il n'était pas un vulgaire terroriste de la trempe de Kamel Ghadhgadhi ! Si ce dernier avait eu la chance d'accéder à la magistrature suprême, il se serait fait un plaisir, en application de son dogme exclusif, de décimer des centaines de milliers de « mécréants ». Pour précipiter l'établissement de la Cité Vertueuse, dont il rêve, il n'aurait pas hésité à sacrifier tous ceux, parmi les Tunisiens, qui se seraient opposés à son projet ! Zine El-abidine Ben Ali, l'infect despote, n'a pas fait autant ! Les historiens les plus farfelus n'ont pas eu la maladresse de traiter Hitler et Staline de terroristes. Néron, qui s'est amusé à incendier Rome, n'avait été traité, lui aussi, de terroriste.
Il est bon que Samir El-wafi, et le génie de Méditerranée qui a marché sur ses traces, sache faire la part des choses et se rappeler seulement que la démocratie est une éthique dont ne devraient bénéficier que ceux qui en reconnaissent les préceptes. En termes plus clair, si un terroriste gifle la Tunisie sur sa joue droite, il serait criminel, de la part de Samir El-wafi, de lui offrir sa joue gauche, laquelle, tout comme la première, ne lui appartient pas en propre ! Samir El-wafi est libre de disposer de sa vie comme il l'entend, mais il n'est pas de son droit de disposer, avec ou sans son mot magique, de la vie de la Tunisie.


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