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Dialogue national :
La politique tunisienne en mode charnel
Publié dans WMC actualités le 29 - 11 - 2013

Cela s'appelle exercer la politique en mode charnel. Ce langage politique tout-à-fait tunisien qui reflète l'état d'esprit de nos politiciens est révélateur à plus d'un titre. Ces messieurs n'arrivent pas à séparer la pratique objective, rationnelle voire pragmatique du pouvoir politique de leurs propres fantasmes machistes. Lesquels, dans le cas de l'espèce, ont pour seul référentiel: la femme. Celle qu'on possède pour la première fois, celle avec laquelle on coule des jours tranquilles et celle qui procrée…
La relation des politiques tunisiens avec l'autorité revêt une dimension de possession et de possessivité prononcées. Pour Dr Hajer Karray, psychiatre et psychanaliste sise à Tunis, le pouvoir a, de tous les temps, fasciné les hommes. «Aristote ne dit-il pas que l'homme est un animal politique? Ce n'est pas gratuit. Exercer son pouvoir sur la femme, objet de tous les désirs, la posséder pour la première fois comme cité plus haut, est l'expression de la puissance et de la virilité de l'homme.
L'exercer au quotidien, c'est encore mieux, mais dès qu'il s'agit du pouvoir politique, le désir autant que la jouissance sont décuplés. Parce que cela part dans tous les sens. L'homme assoit son pouvoir chez lui, dans son entreprise, et dès qu'il se trouve aux plus hauts postes de l'Etat, ce sont des milliers, des millions d'autres personnes qui subissent son ascendant.
Le pouvoir s'exerce dans l'action et est une démonstration de puissance et de virilité. Les phrases qui ont été émises par les politiques sont explicites: le rapport au pouvoir est jouissif comme le serait un rapport sexuel. Il y a de la jouissance orgasmique qui se vit dans l'exercice du pouvoir politique....».
Pour s'affirmer, l'homme a besoin de pouvoir, il en est ainsi dans toutes les sociétés, explique Dr Karray, mais plus encore dans celles de culture arabo-musulmane où la femme est très présente aussi bien dans la sunna que dans le coran où une sourate «Sourate Annissa» lui a été consacrée.
Il coule donc de source que l'exercice du pouvoir dans l'absolu passe absolument par le fait de mettre sous contrôle la moitié de la société: les femmes.
En Tunisie, où les femmes sont très présentes dans toutes les sphères privées, publiques et encore plus dans la société civile, là ou elles ont occupent des postes importants, qu'il s'agisse d'institutions nationales, de syndicats ou d'associations, elles ont prouvé leurs combativités, leurs audaces et leurs efficiences. Ce n'est pas étonnant que l'en trouvent à la tête de l'UTICA, du syndicat des patrons des journaux, du syndicat des journalistes, du syndicat des magistrats, et d'autres, des femmes qui luttent à longueur de mois et d'années sans baisser les bras.
Devraient-elles, pour autant, devenir les ennemies à «abattre»?
«Il s'agit plus de les réduire au statut d'objet pour mieux les posséder. Elles représentent le socle sur lequel les hommes doivent asseoir leur pouvoir, prouver leur virilité et démontrer leur vigueur sexuelle». Le parallélisme est de ce fait évident, il n'est pas facile de se défaire d'un objet que l'on possède et qui nous donne du plaisir. Il y a dans le pouvoir qui s'exerce un fantasme de puissance que l'on pourrait qualifier “de sexuel" tant il est vrai que l'homme doit être puissant pour soumettre la femme, dans l'acte sexuel... Même s'il s'imagine souvent que cette soumission sexuelle est une soumission dans l'absolu....voire naturelle chez la femme! D'où le machisme.
Le pouvoir perçu comme un bien personnel hérité ou acquis
Nous ne cesserons jamais de rappeler la célèbre citation de Kissinger: «Le pouvoir est l'aphrodisiaque extrême». C'est ce qui explique cette consommation à outrance du pouvoir politique et cette dépendance qui relèverait presque d'une toxicomanie politique.
C'est ce qui explique également cette possessivité aiguë chez nos politiques. Ils parlent de pouvoir comme s'ils parlaient d'un bien personnel hérité ou acquis. Ils négocient le destin d'un pays tout en l'hypothéquant et en en détruisant les fondements.
Rached Ghannouchi aurait même déclaré qu'il rêvait d'une petite échoppe dans un souk et qu'on lui avait offert tout le souk: «Dois-je le céder aussi facilement?». Citant la Tunisie, il parle d'une dot qu'il aurait offerte. Combien veut-il pour s'en défaire ou à combien évalue-t-il le tribut que doit payer le pays pour lui rendre sa dot?
Quant à M. Jaziri, pourquoi ne nous dit-il pas si la nuit de noces passée, l'euphorie envolée, l'exercice du pouvoir reste aussi envoûtant ou non ?
Et pourquoi monsieur Lazhar El Akremi n'ose-t-il pas avouer que le seul point de comparaison entre une femme enceinte et le dialogue national aujourd'hui, c'est l'avortement?
Quelle tristesse que la Tunisie soit aujourd'hui considérée par la plupart des acteurs politiques comme un butin de guerre dont on se dispute le «cadavre».
On attendait plus…
Le niveau politique du débat ne s'est pas élevé à ce jour à la hauteur des ambitions ou des rêves du peuple tunisien qui attendait plus et mieux de la part de son leadership. Un leadership qui veut posséder mais ne veut pas servir les hauts intérêts d'un pays, d'un Etat, d'une nation plus que 3 fois millénaire. La Tunisie est tellement grande par sa civilisation, par son histoire et par son peuple que ses leaderships politiques et son intelligentsia se trouvent aujourd'hui impuissants à la maîtriser, la contrôler ou la posséder. La Tunisie leur échappe et ils sont les seuls à ne peut s'en rendre compte.
Il n'est de pire aveugle que celui qui ne veut rien voir, il n'est de pire sourd que celui qui ne veut rien entendre!


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